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II. Émigration, Colonisation

Les nations puissantes ont, de tout temps, déversé le trop- plein de leur population, dans des contrées parfois désertes. L'émigration et la colonisation sont donc des moyens d'éviter, dans un pays déterminé, l'excès de la population sur la subsistance. C'est à ce titre, que nous devons en dire quelques mots, dans ce chapitre.

a. Emigration.

Emigrer est le fait d^ individus qui s'expatrient en vue de chercher ailleurs nn champ d'action. L'émigration n'a pas la même intensité dans tous les pays. L'esprit d'aventure, la pénurie, les crises économiques accélèrent ce mouvement, dans certains pays, d'une manière effrayante et désastreuse pour la mère-patrie. L'Allemagne a perdu, par la seule émigration, plus de 3.000.000 d'h. depuis 3/4 de siècle. Les Iles Britanniques, pendant ce même temps, en ont perdu 10 millions. L'Irlande, surtout, exporte, par l'émigration, une grande partie de ses forces vives. La même fièvre d'émie^ration travaille les Polonais et les Italiens, Ces derniers émigrent, chaque année, au nombre de 700.000 à 800.000. En France, par contre, la moyenne des émigrants est seulement de 10.000 annuellement.

L'émigration peut être, pour un pays, un signe de force et de fécondité, mais souvent, elle est un indice de pauvreté, de décrépitude : la mère-patrie ne suffit plus à nourrir ses enfants. Si l'émigration est excessive, elle peut compromettre l'avenir économique et parfois politique d'un pays.

De nos jours, l'émigration n'est plus prohibée.

Les Gouvernements se contentent de protéger la vie des émigrants et d'empêcher la traite des blancs. Quelques Gouvernements, aidés en cela par des dévoûments privés, vont plus loin : ils fournissent à leurs émigrants les renseignements, ils les organisent, ils examinent si leur outillage et leurs ressources sont suffisants pour aller à la recherche d'une nouvelle fortune.

b. Colonisation.

Elle est la fondation d\îtn groupe social en dehors de la mere-patj'ie , mais sons ses auspices.

Elle se distingue donc nettement de l'émigration, par son caractère social. Emigrer, en effet, n'est que le fait d'un groupe, d'invidualités isolées. Les colonies sont, en même temps, un moyen d'accroître la puissance de la métropole et une source de nouvelles richesses.

Elles sont, ou des colonies de peuplement, ou des colonies de plantation. Les premières sont les plus utiles et les plus stables.

Pour avoir des chances de succès, la colonisation doit réunir certaines conditions.

1° Elle doit être préparée par une connaissance exacte du pays : climat, salubrité, fertilité, habitants ; par certains travaux généraux . premières voies de communication, certains édifices : par l'élaboration d'un régime d'appropriation des terres.

Cette première partie du programme demande l'intervention, soit de l'Etat, soit de puissantes compagnies, telles qu'étaient les grandes compagnies privilégiées hollandaises, françaises et anglaises du XVI? et du XVIIP s.

2° Il faut aussi que l'élément agricole soit large-

ment représenté parmi les émigrants, et que, dans la nouvelle colonie, il se groupe autour des artisans et des commerçants.

3° La concession des terres doit être, ou gratuite, ou très peu onéreuse, et, en outre, perpétuelle.

Il peut se faire, qu'outre le but politique et économique, la colonisation poursuivre un but civilisateur, humanitaire. C'est le cas pour l'Etat indépendant du Congo, créé par notre souverain, Leopold II (Ctr. Vermeersch. Question congol.).

Il serait à souhaiter, enfin, que les nations qui fondent des colonies n'oubliassent jamais l'obligation supérieure, qui leur incombe, de ramener à Dieu les peuples au milieu desquels elles s'établissent.

Récapitulation .

Lois GÉNÉRALES DE LA DISTRIBUTION DES RICHESSES.

1. Ceux qui ont concouru, soit directement, soit indirectement à la production des richesses, ont dr(jit à participer, dans la même proportion, à leur répartition,

II. Les facteurs, auxquels revient directement une part des richesses produites, sont : le capitaliste, le propriétaire, l'entrepreneur,

a. I. Le travail de l'ouvrier n'étant pas une pure marchandise, mais l'effet d'une force musculaire, morale et intellii;ente de l'homme, mérite, comme strict équivalent, un salaire suffisant à une subsistance personnelle et familiale.

2. Il importe de recourir à l'associaticMi, à l'intervention modérée des pouvoirs publics et à l'influence salutaire de l'Eglise, pour faire prévaloir les droits de la justice, en matière de salaire, et pour améliorer, par des institutions de prévoyance, d'assistance et de protection, la condition matérielle delà classe ouvrière.

b. I. Le capitaliste peut justement exiger un loyer ou un

intérêt correspondant au capital qu'il a mis dans une entreprise.

2. Dans l'état actuel du monde économique, il peut même exiger un intérêt modéré, pour le simple prêt d'argent.

c. Il existe une rente foncière absolue et relative, et le propriétaire peut justement en exiger le paiement.

d. Le profit est la juste rémunération de l'entrepreneur. Il varie, régulièrement parlant, d'après les risques assumés, le travail exigé, et l'habileté de l'entrepreneur.

e. La divine Providence a merveilleusement adapté la productivité de la terre au nombre d'hommes qu'elle a, ou aura à nourrir, pourvu que l'homme observe les préceptes divins ; qu'il soit modéré dans ses désirs ; qu'il consente à gagner son pain à la sueur de son front, en arrachant par un travail constant, à la terre, même étrangère, (émigration, colonisation) sa subsistance journalière.

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