I. Fausseté du principe fondamental de Rousseau
La double loi économique du libéralisme est déduite de la proposition de J.-J. Rousseau : « L'Homme est essentiellement bon ; do7W toutes ses tendances le sont aussi. >
Que cette proposition soit fausse, il semble superflu de le prouver. En effet :
a. Qui admettra de bonne foi que l'homme, s'aban-
(i) Nous disons illimitée.Kn effet. le libre échangisme modéré est légitime. Voir plus loin 3e P. Chap. III, Art. I, Libre-échange et Protectionnisme.
donnant aux tendances ou passions qui l'agitent, agisse bien ?
b. Qui croira que le genre humain tout entier est dans l'erreur quand il poursuit de son mépris ceux qui satisfont leurs instincts pervers, (c.-à-d. ce que Rousseau appelle, tendances naturelles) alors qu'il réserve son admiration et son respect pour ceux qui savent les dominer, pour ceux donc qui, d'après Rousseau, agissent mal puisqu'ils résistent à des tendances bonnes ?
c. Enfin notre foi chrétienne, qui doit se trouver à la base de toute science économique, nous enseigne clairement que notre nature humaine n'est pas essentiellement bonne, mais qu'elle a été entachée de la faute d'origine dont elle ressent toujours les lamentables suites.