I. Notions
a. Le travail est Veffort de l'homme appliqué à la production, ou bien : Vacte humain productif des valeurs.
Pour connaître les divers éléments, contenus dans le travail, il suffit de considérer la nature de celui dont il procède.
Or, il procède de l'homme tout entier. Il exige par conséquent le concours simultané, quoique à des degrés divers, de la force musculaire, de l'intelligence et de la volonté.
1. La force musculaire. Vulgairement, on entend par là, l'effort déployé dans un travail manuel ; mais, il est aussi vrai de dire que même toute occupation intellectuelle exige, comme condition préalable, le concours d'organes corporels, par conséquent un effort musculaire.
Puisque aucun travail économique ne peut être réalisé sans force musculaire, il est important d'entretenir la vigueur physique des populations ; de favoriser l'hygiène publique ; de prendre des mesures en vue de la salubrité des logements, des ateliers de travail ; de poursuivre les falsificateurs des denrées alimentaires ; de faire la guerre à l'alcoolisme ; enfin, de réprimer les abus du travail.
2. La force intellectuelle. Quelque modeste qu'il soit, tout travail humain suppose une intervention de l'intelligence.
Le développement plus ou moins grand de cet élément fait V habileté de l'ouvrier.
Cette habileté se développe ou naturellement, ou par l'enseignement professionnel et technique.
L'ouvrier natiiyellement intelligent et entreprenant, trouvera aisément quelque perfectionnement à son procédé ; plusieurs découvertes importantes ont été faites par de simples ouvriers, (i)
Mais l'enseignement professionnel surtout, perfectionnera le travail de l'ouvrier. Il ne faut pas cependant qu'il soit spécialisé outre mesure. Ce qu'il importe de répandre, c'est la connaissance technique générale. Elle relève l'ouvrier à ses propres yeux, le stimule au travail, lui fait aimer son métier, combat la routine, et facilite les progrès industriels. L'enseignement professionel commence à se répandre dans les différents pays. En Belgique notamment, nous comptons, outre les écoles spéciales supérieures^ les cours commerciaux et scientifiques, bon nombre d'écoles professionnelles, de cours professionnels, d'ateliers d'apprentissage, d'écoles et de classes ménagères.
Les résultats sont notables (2), quoique l'enseignement technique ne soit encore qu'à ses débuts (Voir : Vermeersch. m ami el soc, 2"" éd.. Seconde Partie, titre L)
(i) C'est ainsi que M. Jourdan rapporte dans son Cours analytique, p. gç, qu'un enfant, Humphry Potter employé à ouvrir et à iermer les robinets de la machine à vapeur primitive construite par Newcomen, irappé du rapport de situation entre les bras du balancier et les robinets, imagma que deux bouts de corde reliant le balancier aux robinets, rempliraient très bien son office, et il s'en alla jouer. (HERVÉ-Ba^in l.c. p. g6 note).
(2) D"après les enseignements fournis par le Ministère de l'Industrie et du Travail, le nombre d'écoles et de classes ménagères était en 1905 de 287.
Le même ministère tournit les statistiques suivantes, au sujet de l'enseignement industriel, professionnel et commercial en Belgique, pendant l'année scolaire 1904- 1905. (V. Annuaire statistique de la Belgique 1906. Publication du minisière de l'Intérieur el de l'Instruction Publique).
3- La force morale est une condition essentielle du travail. Le travail est pénible à la nature déchue :
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