‹ Manuel d'électricité dynamique, ou Traité sur l'action mutuelle des conducteurs électriques et des aimans, et sur la nouvelle théorie du magnétisme; pour faire suite à tous les traités de physique élémentaire;Chapitre 2 sur 21 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

§ 2. L’ensemble des phénomènes électriques a conduit les physiciens à admettre que tous les corps pondérables contiennent dans leur état naturel , les principes des deux électricités dans un état de combinaison qui les neutralise. Le frottement, la pression, l’élévation de température, le contact des métaux hétérogènes, dégagent les . deux électricités de leur combinaison , et rendent cliacuue d’elles sensible en la séparant de l’autre. Vol ta a donné le nom d cjorce èlectro -motrice , au pouvoir dont jouissent certains agens de séparer les deux espèces d’électricités, le caractère général de cette force est de rdettre toujours en évidence les deux électricités simultanément ; ainsi, le frottoir et le corps frotté manifestent des électricités contraires, les deux extrémités d’une tourmaline sont dans des états électriques opposés, deux disques de métaux différons isolés et mis en contact , se chargent l’un d’électricité

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positive , l’autre d’électricité négative ; dans tous les cas, les deux électricités se répandent chacune sur la surface des corps conducteurs , qui sont en communication avec les corps électrisés. Quand deux métaux, par exemple du zinc et du cuivre, exercent par leur contact une force électro-motrice, les électricités séparées se Répandent sur les deux plaques, et sur les conduWeurs en communication avec ces plaques, qui n’exercent euxmêmes aucune force électro-motrice. Mais si une lame de zinc était en contact sur ces deux surfaces avec deux lames de cuivre, il n’y aurait point d’électricités décomposées dans le zinc ; car elles resteraient en équilibre entre les deux forces égales et contraires, exercées sur les deux faces opposées de la lame de zinc. Il n’est pas nécessaire pour que cet équilibre ait lieu, que les deux lames de . cuivre soient égales; une lame de zinc soudée d’une part à une plaque de cuivre de même grandeur, et de l’autre à un simple fil du même métal, ne donne avec les plus forts condensateurs, aucun signe d’électricité ; ainsi , la grandeur de la surface sur laquelle le contact a lieu, ne paraît avoir aucune influence sensible sur l’intensité de la force électro-motrice. Mais si la plaque de zinc soudée avec une plaque de cuivre, est en communication sur son autre face avec une seconde plaque de cuivre, par l’intermédiaire de l’eau

acidulée ou d’une dissolution saline, l'expérience prouve que la seconde plaque de cuivre prend le môme état électrique que la plaque de zinc, ce qui montre que deux métaux séparés par un conducteur liquide, n’exercent l’un sur l’autre aucune action électro -motrice. Si maintenant on soude une plaque de zinc à la seconde plaque de cuivre, la force électro -motrice s’exercera de nouveau entre ces deux métaux, et la plaque de zinc se trouvera chargée d’une quantité d’électricité, double de celle que l’on a observée dans la première plaque; en faisant ainsi communiquer plusieurs paires de disques de cuivre et de zinc soudés ensemble, on accumule l’effet de la force électro-motrice, et l’on obtient l’appareil si connu des physiciens et des chimistes, sous le nom de pile de Kolta.

Lorsque la force électro-motrice est développée dans une pile voltaïque, l’électricité se manifeste par deux classes de phénomènes entièrement distinctes. La première s’observe lorsque les conducteurs, mis en communication avec les deux extrémités de la pile, sont séparés par quelque corps isolant. Alors chacun d’eux donne à l’électromètre des signes d’électricités , positive dans l’un et négative dans l’autre. Si l’on en approche le doigt ou un autre conducteur, on en tire une étincelle, on peut en faire jaillir de même un très

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grand nombre , et prolonger indéfiniment les mêmes effets tant que la pile est en action. L’électricité ainsi accumulée à chaque extrémité de la pile , jouit de toutes les propriétés de l’électricité que nous développons avec plus d’énergie par le frottement ; ainsi chaque conducteur de l’appareil attire les corps qui sont électrisés différemment, et repousse ceux qui sont électrisés de la même manière. Dans cet état électrique que tous les physiciens nomment tension , l’électricité est en équilibre entre les forces qui tendent à la répandre au dehors des conducteurs, et la résistance des corps qui s’opposent à son passage.

Si l’on établit la communication entre les deux extrémités de la pile par un système de conducteurs non interrompu , alors le même équilibre ne peut plus exister; chaque espèce d’électricité continue à se porter librement à travers les conducteurs dans le sens où elle manifestait sa tension; les attractions et répulsions des corps légers , les influences électriques, etc., disparaissent et sont remplacées par de nouveaux phénomènes, tels que les décompositions chimiques, l’élévation de température, l’action continue sur les organes des animaux qui font partie du circuit, etc.

Pour distinguer ces deux classes de phénomènes, M. Ampère a proposé de donner le nom à’ électrostatiques, à fous les effets produits par l’électricitc

tenue en équilibre entre sa force expansive et la résistance des corps idio-électriques , et le nom A' électro- dynamiques, aux effets produits par l’électricité en mouvement dans un système continu de conducteurs.

Dans ce dernier cas, il est difficile d’admettre que les deux électricités positive et négative semeuvent simultanément dans le meme conducteur , sans reformer du lluide neutre; il est beaucoup plus probable que le transport des deux électricités se fait par une série de décompositions et de recompositions successives ; quelque opinion que l’on adopte à ce sujet , on pourra toujours donner le nom de courant électrique à cette disposition particulière d’électricité. L’expression de courant électrique est, comme on le voit, tirée des idées généralement adoptées sur les piles voltaïques, néanmoins lors même que des faits nouveaux renverseraient les théories admises, il n’en resterait pas moins constant que le conducteur qui réunit les deux extrémités d’une pile voltaïque, acquiert des propriétés parlicidières que l’on doit regarder comme des effets de l’électricité. Pour désigner d’une manière simple les diverses parties du conducteur et leurs positions respectives, nous prendrons pour la direction du courant celle de l’électricité positive, c’est- à - dire indépendam- • mant de toute théorie sur la nature de 1 electri-

cité, la direction du transport de l’hydrogène et des bases, lorsque de l’eau ou une substance saline fait partie du circuit.

§ 3. La direction du courant varie dans une pile suivant la manière dont elle est construite ; en France on a coutume de la composer d’un certain nombre de paires de plaques de zinc et de cuivre, séparées par des auges ou des vases qui contiennent l’eau acidulée. Pour transporter l’influence électrique, on plonge dans les deux auges extrêmes, des rectangles de cuivre portant des fds de même métal, qui se trouvent ainsi en communication avec les deux plaques extrêmes, c’est-à-dire d’une part avec la première plaque de cuivre, de l’autre avec la dernière plaque de zinc. Mais alors il est évident que celte dernière plaque de zinc devient inutile, puisqu’elle se trouve en contact avec du cuivre sur ses deux laces opposées; on peut donc la supprimer et remplacer la dernière paire par une simple plaque ou demi-paire en cuivre , à laquelle on soudera le fil de cuivre qui sert de conducteur. On peut de même à l’autre extrémité, enlever la première plaque de cuivre et souder immédiatement le fil conducteur à la plaque de zinc, puisque l’étendue du contact est sans influence sur la quantité d’électricité développée; on pourra alors employer la plaque de cuivre et la plaque de zinc séparées de chaque •

paire extrême, à produire un efieb utile en les soudant ensemble pour former un élément de plus. Dans une pile de Voila, composée d’un nombre quelconque de paires de plaques de zinc et de cuivre soudées ensemble, et de deux demi-paires, l’une de zinc, l’autre de cuivre à chaque extrémité, la direction du courant est, dans les conducteurs de la demi-paire en cuivre à la demipaire en zinc, et le circuit voltaïque se ferme dans la pile de la demi-paire en zinc à la demi-paire en cuivre. Le contraire a lieu dans une pile où tous les élémens sont complets. Le nom de pôles que l’on a souvent donné aux deux fils soudés aux deux extrémités de la pile, est très impropre et ne présente à l’esprit que de fausses analogies. En Géométrie on entend par pôles d’un cercle, deux points pris sur une ligne perpendiculaire au plan de ce cercle, et passant par son centre; la meme signification se retrouve en- Astronomie, caries pôles d’une planète ne sont autre chose que les pôles de son équateur; on a donné ensuite le même nom aux deux extrémités d’un aimant qui se dirigent vers 1rs deux pôles de la terre; mais rien n’engage à l’appliquer aux extrémités d’une pile voltaïque, car alors il faudrait conserver la même dénomination pour tous les conducteurs; ainsi dans un conducteur circulaire, les deux pôles seraient les deux points d’entrée et de sortie du

courant, c’est-à-dire deux points pris sur ce cercle même, et très différeht de ses pôles géométriques. Des significations aussi diverses données au même mot, ne pourraient que jeter de la confusion et de l’obscurité dans l’exposition des phénomènes. C’est pour obvier à cet inconvénient, que M. Ampère a proposé de donner le nom de rhéophore (porte-courant) aux deux portions de conducteurs soudées aux plaques extrêmes de la pile, et qui transportent où l’on veut l’électricité dynamique, par analogie avec le nom d ' électrophore donné à l’instrument dont on se sert pour transporter l’électricité statique. J’adopterai cette dénomination dans tout ce qui va suivre, et j’appellerai rhéophore positif , celui qui donne des signes d’électricité positive ou vitrée, quand la communication n’est pas établie, et rhéophore négatif celui qui est à l’autre extrémité de la pile.

Je substitue les noms de rhéophore positif et de rhéophore négatifs, ceux de rhéophore cuivre et zinc, parce qu’en désignant les extrémités de la pile par le métal qui s’y trouve, on tombe dans une grande confusion de langage ; en effet , nous avons vu que le courant a lieu du cuivre au zinc dans les conducteurs d’une pile terminée par deux demi-poires, et en sens contraire, dans les piles terminées par des paires complètes j il en est ré-

suite que M. Faraday et plusieurs auteurs anglais , ont appliqué les dénominations de cuivre et de zinc aux extrémités de la pile, d’une manière toutà-fait opposée au sens qu’y attachent les auteurs français et allemands; il est donc important d’abandonner des dénominations qui pourraient donner lieu à de nombreuses méprises, et de désigner les extrémités de la pile par l’espèce d’électricité qui se manifeste dans chacune d’elles.

$ 4- Pour observer les mouvemens que les forces électro-dynamiques tendent à imprimer à un conducteur métallique, il faut qu’une partie de ce conducteur soit rendue très mobile sans que les communications soient interrompues.

L’expérience a prouvé que le simple contact des fils de cuivre, ne suffisait pas pour établir une communication complète; mais on y parvient en terminant la partie mobile par deux pointes d’acier qui plongent dans deux coupes pleines de mercure ; quand ces deux coupes sont placées dans une même verticale , il est nécessaire qu’une seule des pointes porte sur le fond de sa coupe, car si toutes deux appuyaient, la rotation autour de la verticale qui passe par le centre de l’appareil, ne serait plus libre aussitôt que les deux pointes ne seraient pas exactement dans cette même verticale, inconvénient qu’il serait impossible d’éviter dans la pratiquc.il est bon de mettre

un plan de verre au fond des coupes pour diminuer le frottement des pointes d’acier.

L’appareil le plus simple pour répéter la plus grande partie des expériences, est représenté planche 1 ; il se compose de plusieurs systèmes de conducteurs fixes, indépendans les uns des autres, et de conducteurs mobiles , que l’on suspend successivement dans des coupes pleines de mercure. On se sert de coupes semblables pour assurer les communications entre les difierens conducteurs, fixes ou mobiles, dont l’ensemble forme le circuit voltaïque. L’appareil est porté par une table en bois. Au milieu de la table s’élèvent les deux colonnes métalliques Txy- et T'x'y', qui portent plusieurs coupes, dont j’expliquerai l’usage et la disposition, en décrivantles expériences auxquelles elles se rapportent. La première colonne est entourée à son pied par une coupe circulaire Q,dans laquelle plonge une des extrémités d’un tourniquet métallique O , dont l’autre extrémité peut être placée à volonté dans une des huit coupes a,b,c,d,e,f } e,f'. La seconde colonne communique par une lame métallique avec la coupe r', munie d’une vis de pression , destinée à fixer l’un des rhéophores, par exemple, le rbéophore positif dans un grand nombre d’expériences. De la coupe r semblable à /•', part une tige métallique /-R, qui communique par la lame de cuivre RR'R" à

une autre tige métallique PI, terminée à sa partie supérieure par la coupe l. Une autre lame part de la coupe c , parcourt, à plusieurs reprises, le rectangle jj'd', perpendiculaire au plan de la table, et se termine parla coupe d. Cette lame est enveloppée de soie, pour prévenir toute communication latérale entre ses divers contours. Elle pourrait être remplacée par un simple fil de cuivre. La colonne centrale Tjy se prolonge sous la table jusqu’à une traverse en bois , dont la partie supérieure est armée d’une bande de cuivre R</, soudée au point R , à la colonne RT ; sur la partie latérale et antérieure de la traverse la lame de cuivre R'R", soudée à la tige rR se prolonge jusqu’au point p, qui la met en communication avec le ressort uult et la tige tS, terminée par la coupe S.

A droite de la table ou voit un cercle PP' soutenu par deux crampons P et P 7 , et portant deux coupes, dont l’une o s’appuie sur le bord de la table , l’autre q communique par la tige qq' , et la lame de cuivre q R avec la colonne centrale RT. Enfin, deux lames revêtues de soie parcourent , à plusieurs reprises, l’une le contour ABCDEFGH, l’autre le rectangle AB'C'D'E'G'H'; la première se termine aux deux coupes e,f, la seconde aux coupes e',f.

Après cet aperçu général de l’appareil électrodynamique, j’entre dans le développement des phénomènes.

$ 5. Tl y a répulsion entre les parties successives d’un même courant, dirigées suivant une même droite.

Cette expérience ne peut réussir qu’avec une forte pile et une grande surface de mercure ; cette dernière condition n’a pas permis de la disposer dans l’appareil (fig. i). Le plus sûr et le plus facile est d’employer un grand plat en faïence ou en porcelaine , que l’on sépare en deux parties , dans toute sa longueur, par une cloison de verre, fixée avec du mastic. Ou verse du mercure dans le# deux moitiés du plat , et on met sur le mercure le conducteur (fig. 2 ), de manière que les deux côtés aÇ et St soient parallèles à la cloison , et que l’arc vertical €yS passe par dessus cette môme cloison. Le fil de cuivre qui forme le conducteur mobile est revêtu de soie. Tout étant ainsi disposé, on plonge les deux rhéopliores dans le mercure, sur le prolongement des deux côtés uQ et St. Alors le courant ne peut que suivre a£, monter dans l’arc vertical CyS, et parcourir la branche St. Au moment de l’immersion , le conducteur*, s’éloigne parallèlement à luimême , jusqu’à ce qu’il soit arrêté sur les bords opposés du plat. Cette répulsion n’a pas lieu seulement à distance infiniment petile entre les parties qui se suivent immédiatement, elle a lieu entre toutes les parties d’un même cou-

rant à distances finies, comme le prouve le fait suivant.

$ 6. Deux courans qui font un angle quelconque se repoussent lorsque l’un d’eux va en s’approchant du sommet de l’angle , et l’autre en s’en éloignant.

On manifeste celte propriété des courans avec le conducteur mobile (fig. 3), dont les deux pointes d’acier l et s! plongent dans les coupes désignées par les mêmes lettres dans la ligure première (i). A près avoir fixé le rhéopliore positif dans la coupe r, on met le tourniquet O dans la coupe d, et le rhéopliore négatif dans la coupe cj alors le courant parcourt les conducteurs dans l’ordre rRl'laëzz'TOdjfd'c, les deux portions de courans dj et la. sont dans les circonstances prescrites, car le courant dans dj va en s’approchant du sommet de l’angle des deux directions, et il s’en éloigne dans la • le courant dj est redoublé plusieurs fois pour augmenter son intensité. Quelle que soit la position initiale du conducteur mobile, il est con-

( x ) Je désignerai toujours par les memes lettres, les. pointes des conducteurs mobiles et les coupes où ces pointes viennent aboutir. Ce procédé fera mieux comprendre la position de chaque conducteur par rapport à l’appareil iixe. C’est pour eu donner un exemple, que le conducteur (fig. 3 ) a été dessiné en place dans la première planche.

starament ramené dans une situation opposée à dl , et il s’y arrête après quelques oscillations.

Pour cette expérience, il faut tourner la tige recourbée z£s' qui soutient la coupe z du côté de la colonne TR , afin que la partie ez du conducteur mobile ne soit pas arrêtée par cette tige ; la même coupe sert, comme nous le verrons bientôt, à une expérience pour laquelle on doit tourner la tige en sens contraire; c’est pour cette raison qu’au lieu de souder zÇz' au support^*, on la termine par une autre coupe s', dans laquelle plonge une lame métallique soudée à la potence yT ; par ce moyen on peut, sans rompre les communications , tourner la courbure dans tous les sens.

Puisque la répulsion de deux courans angulaires a lieu quel que soit l’angle de ces courans, elle doit encore s’observer lorsqu’ils deviennent parallèles.

§ 7 . Il y a répulsion entre deux courans parallèles qui vont en sens contraire.

On l’obtient avec le conducteur (fig. 3), dont on amène la partie ^eT, en contact avec un fil de cuivre qui s’élève verticalement de la coupe h, et se recourbe deux fois à angle droit pour plonger dans * , comme le montre la (fig. 4) J on met le rbéophore positif dans la coupe r, le tourniquet dans a et le vhéophore négatif dans &; le courant suit la route iWlyfz'zOaVx'ïhb, il est ascendant dans yS et

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descendant dans i'h ; à l'instant où l'on établit les communications, le conducteur mobile s’éloigne indéfiniment du conducteur fixe hi'.

$ 8. Deux courans qui font un angle s'attirent quand ils vont tous deux en s’approchant ou tous deux en s'éloignant du sommet.

Pour le prouver, on met le tourniquet dans la coupée, le réophore négatif dans d, et on dispose le reste de l’expérience comme celle du n° 6, la marche du courant est rlXl'laCtTOcdj'jd ; il va en s’éloignant du sommet de l’angle dla dans les deux branches jd et /a; alors, quelle que soit la position initiale du courant mobile, il est constamment ramené au-dessus de dj , et il s’y fixe après quelques oscillations; pour ne pas gêner les mouveinens du conducteur, on tourne la tigexÇz'du côté opposé à la colonne T K.

En mettant le rhéophore positif dans la coupe d et le rhéophore négatif dans r, sans rien changer au reste de l’appareil, le courant va en s’approchant du sommet dans les deux branches Jd et la, et les phénomènes sont absolument les mêmes que dans la disposition précédente, où ils allaient tous deux en s’éloignant.

$ 9. La répulsion entre deux courans , dont l'un va en s’approchant et l’autre en s’éloignant du sommet de l angle formé par leurs directions , est égale à T attraction qui a lieu entre les mêmes

courant lorsqu'ils vont tous deux en s'approchant ou tous deux en s’éloignant du sommet.

Pour cette expérience , on plie un fil de cuivre revêtu de soie, comme le marque la fig. 5 ; il se trouve alors composé de deux parties égale$yuCy et yaey', qui seront toujours parcourues en sens contraire. On suspend cet instrument dans les deux coupes^' etj^, et on établit les communications dans l’ordre suivant: r'T'y' eSyGayTOdjj 1 d! c; l’appareil reste en repos dans toutes les positions.

Ce résultat prouve que l’on a pu , dans l’expérience du n° 7, négliger les deux parties horizontales Je et C'y, car puisqu’elles sont toujours parcourues en sens contraires, l’attraction exercée sur l’une est égale à la répulsion exercée sur l’autre; quant à la branche laÇê', elle agit de trop loin , et sous un angle trop défavorable, pour que son action puisse avoir une influence sensible sur le résultat de l’observation.

§ io. La répulsion entre deux courons parallèles , qui vont en sens contraire, se change en une attraction égale , lorsque les deux courant sont dans le même sens.

On prouve d’abord qu’il y a attraction en disposant l’expérience comme celle delà répulsion(n° 7), avec cette seule différence , que le rhéophore négatif doit être placé dans a et le tourniquet dans h : la marche du courant est rRl' lyJ'zQbhi' x'T'a ;

il est ascendant dans /u' et dans yef 1 , et le conducteur mobile revient constamment s’appliquer contre le fil vertical ht , de quelque côté qu’on l’en écarte.

Pour prouver que l’attraction, dans ce cas, est égale à la répulsion dans le cas contraire, on se sert encore du conducteur (fig. 5). On metlerhéophore positif dans r 1 , le tourniquet dansa, le rhéophore négatif dans b, le courant s’établit dans la direction r 1 aTyctÇy^y x' i' hb , et le conducteur reste en équilibre dans toutes les positions, ce qui ne peut avoir lieu qu’autant que la répulsion de hi' sur l’un des courans verticaux est contre-balancée par une attraction égale sur l’autre courant.

Le changement, d’attraction en répulsion , et réciproquement, ne se manifeste pas seulement dans les deux cas où nous venons de l’observer , il a lieu sur des appareils contournés d’une manière quelconque, etonpeutcnoncer comme une premièreloi des phénomènes électro-dynamiques, le théorème suivant : quelle que soit l’action d’un système de conducteurs fixes sur un conducteur mobile, elle se change en une action égale , et contraire, quand on renverse la direction du courant dans la partie mobile , ou dans le système fixe seulement. *

Il est évident que si ton renverse la direction du courant dans le système de conducteurs fixes, et dans le conducteur mobile , en même temps on

rétablit Faction telle quelle était primitivement.

Cette dernière observation est importante, parce qu’elle fournit un caractère pour distinguer les effets qui sont dus à l’action mutuelle des différentes parties de l’appareil électro- dynamique» d’avec ceux qui dépendent de l’action de la terre, ( car nous verrons plus tard que la terre agit sur les conducteurs voltaïques ). Les premiers restent les mêmes quand on renverse la direction du courant dans tout le système , les seconds changent de sens dans le même cas.

La même remarque nous dirigera dans la construction d’appareils qui n’éprouvent de la part de la terre aucune action, et que l’on nomme asiatiques; on devra les composer de parties semblables, parcourues en sens contraires, mais placées à des distances différentes des conducteurs fixes , car alors cette différence de distance suffira pour que l’action des conducteurs fixes sur les parties du conducteur mobile qui en sont voisines, l’emporte de beaucoup sur l’action contraire, et la compensation s’établira exactement pour la terre, parce que les différences de distances seront toujours inappréciables par rapport aux dimensions du globe.

Le conducteur (fig. 3) dont nous nous sommes servis, est construit d’après ce principe.

$ < t . L’action d’un conducteur rectiligne est

( ai )

la même que celle d'un conducteur plié en ligne sinueuse, qui s'écarte très peu de la ligne droite, lorsqu'on les fait agira la même distance sur un conducteur rectiligne.

On peut le prouver en substituant dans les expériences des n" 9 et io le conducteur (fig. 6) à l’appareil (fig. 5 ) ; on observe en effet que dans l’une et l’autre expérience les deux conducteurs se comportent de la même manière , tous deux doivent être construits avec des fds de cuivre, couverts d’un ruban de soie.

Ce fait, qui sert de base au calcul de la loi mathématique des phénomènes que nous considérons, a été constaté avec précision, en suspendant un conducteur astatique entre deux conducteurs , l’un rectiligne, l’autre sinueux, parallèles entre eux , et placés avec le conducteur mobile dans le cas de la répulsion ; alors ce dernier s’est constamment fixé après plusieurs oscillations au milieu de l’intervalle compris entre les deux conducteurs fixes ; l’appareil qui a servi à constater ce fait a été décrit par M. Ampère, dans la collection de ses Mémoires, pag. 216 et suivantes.

On peut imiter cette expérience dans l’appareil (lig. j) avec le conducteur de la fig. 3 ; pour cela, on met deux conducteurs, l’un rectiligne (fig. 4) dans les coupes h et i', l’autre sinueux (fig. 7) dans las coupes g et i ; on plonge le rhéopbore positif

dans r, le négatif dans Z>, la marche du courant est rR lyê'zxigaV x' i' hb) alors il est ascendant dans y J 1 , descendant dans le conducteur rectiligne hi ', et dans le conducteur sinueux ig , et la branche mobile y S se fixe, après quelques oscillations , au milieu de l’intervalle entre les deux conducteurs fixes.

$ 12 . Puisque la forme de la ligne sinueuse est tout-à-fait arbitraire, rien n’empêche delà remplacer par des élémens rectilignes, de substituer à chaque partie du conducteur a£, par exemple (fig. 8), deux droites ety et Æ)', qui font un angle quelconque. Ce procédé est analogue à la composition des forces en Statique , et permet de présenter le fait sous cette forme, qui se prête facilement au calcul ou à des considérations géométriques : on peut substituer à une petite ligne parcourue - par un courant électrique deux ou plusieurs autres lignes animées par un courant de même intensité , et dont les longueurs et les directions auront , avec la ligne proposée , les mêmes relations qui existent entre une force et ses composantes. Le résultat de cette substitution est d’autant plus exact, que les lignes que l’on considéré sont plus petites.

§ i3. Jusqu’ici nous n’avons examiné que des oourans parallèles, ou qui parcouraient chacun un des côtés d’un angle; mais on peut demander

ce qui arriverait si l’un des courans, ou tous les deux , se prolongeaient de l’autre côté du sommet, en suivant la même droite. Dans l’étude de ce nouveau genre d’action , nous appellerons, pour abréger, courant terminé , celui qui ne se prolonge pas au-delà du sommet de l’angle , et courant indéfini celui qui parcourt les deux parties d’une même droite, en avant et en arrière du sommet de l’angle que sa direction fait avec celle d’un autre courant terminé ou indéfini.

Soit O.Ç (fig. 9) un courant indéfini , dont la direction est marquée par la flèche couchée sur cette ligne ; A y un courant terminé, que nous considérerons d’abord dans le cas où il s’approche du sommet. Nous avons vu (n® 8) que l’action de A£ sur A y est une attraction dont je représenterai la direction par y€, l’action de «À sur A y sera une répulsion égale (n° 9), et symétriquement placée, que je représenterai par yx en grandeur et en direction; je prendrai yx sur le prolongement de cty , pour montrer que cette force est répulsive. En composant ces deux forces , on a une résultante yi parallèle au courant indéfini , et dirigée en sens contraire de ce courant, c’est ce que l’on exprime en disant : un courant terminé qui s'approche d'un courant indéfini , tend à rétrograder sur ce dernier, c’est-à-dire, à se transporter en sens inverse de la direction du courant indéfini.

Supposons maintenant que le courant terminé s’éloigne de aÇ\ alors il y aura attraction entre aÀ et h.y, et répulsion entre et ces deux forces combinées d’après le principe du parallélogramme des forces donneront une résultante ey, dirigée dans le sens du courant indéfini, et parallèle à ce courant, donc : un courant terminé qui s’éloigne d'un courant indéfini tend à marcher dans le sens de ce dernier.

$ 14. Pour vérifier les conséquences que nous venons de déduire de l’action exercée par les courans angulaires , on se sert du conducteur fixe horizontal e'A'iyE'G'Hy 7 , qui entoure la table , en formant plusieurs circuits isolés les uns des autres par une enveloppe de soie. On descend sur le cercle de cuivre PP% un vase de même métal composé de deux parois cylindriques LM]N,L / M , N' soudées au même fond. Dans le cylindre intérieur passe librement la tigeSf dont nous avons vu le mode de communication avec la coupe r ( n° 4); une petite languette de cuivre attachée sous le fond du vase, plonge dans la coupe q qui fait corps avec le cercle PP'. On verse de l’eau acidulée dans le vase, et on y suspend d’abord le conducteur (fig. 10), de manière que la couronne de cuivre aSy plonge seule dans l’eau, ce que l’on peut toujours faire en élevant ou en abaissant la tige S*. On met le rhéophore

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positif dans r, le tourniquet O dans e' et le rhéophore négatif dans f. Alors le courant suit d’abord les conducteurs rRR/JM/S, se rend par les deux branches horizontales dans la couronne de cuivre, traverse l’eau acidulée , arrive par le fond du vase dans la coupe q , et complète le circuit par les conducteurs yçr'KOe'A'B'E'G'Hy'.Dans les deux branches mobiles, il va du centre à la circonférence, et dans le courant indéfini sa direction est dans le sens E'G'. Puisque le conducteur mobile a deux branches, il faut, pour prévoir com- plètement les résultats, suivre la marche de l’une d’elles dans toutes ses positions, et en conclure ce qui doit arriver à leur ensemble. Soit E'G' (fig. 1 i), le courant indéfini; S<T la position initiale de l’une des branches mobiles; si ce que nous avons dit dans le n # précédent est vrai, le courant terminé S«f, qui s’approche de E'G', doit rétrograder sur ce courant, et cet effet aura encore lieu dans toutes les positions, telles queScf|' pour lesquelles le courant terminé s’approche du courant indéfini; arrivé dans la position ScT", parallèle à E'G', l’aiguille mobile et le courant E'G' se trouvent dans le cas de deux courans parallèles qui vont en sens contraire; ils se repoussent, et doit s’élever au-dessus de la parallèle; or, dans toutes les positions Scf'", SeT ,? ,SJ' T , au-dessus de cette parallèle, S J 1 va en s’éloignant du cou-

rant mobile ; il doit donc marcher dans le sens de ce courant, ce qui l’amènera en S/*', où il est attiré par le courant indéfini qui lui est parallèle et dirigé dans le même sens; enfin, aussitôt que le courant dans S a pris une position telle que SJ W, ‘, il va de nouveau en se rapprochant du conducteur indéfini , et doit , en rétrogradant sur ce conducteur, reprendre sa position initiale, et par conséquent, continuer de tourner indéfiniment autour de son extrémité fixe. Puisque le sens du mouvement de révolution est le même dans toutes les positions de l’aiguille Scf , les deux aiguilles opposées Sa et ( fig. 10), tendront toujours à marcher dans le même sens; et par conséquent, le système entier tournera toujours dans le même sens, son mouvement sera rétrograde pour l'aiguille la plus voisine du courant indéfini.

Ce résultat est en effet confirmé par l’expérience, les communications étant toujours établies comme je l’ai expliqué, l’appareil mobile tourne dans le sens LMN ; si l’on met le rhéophore négatif dans e' et le tourniquet dans y 7 , on renverse la direction du courant dans E'G' , sans rien changer au conducteur mobile. Celui-ci tourne dans le sens NML; les choses étant dans cet état, mettez le rhéophore négatif dans /•, et le positif dans la coupe e', vous renversez la direction du courant, en même temps, dans le conducteur fixe et

dans le conducteur mobile, le mouvement reste dans le sens N ML; enfin remettez le tourniquet dans d et le rliéophore positif dans f, la direction du courant devient dans le conducteur fixe G'Ë', et dans le conducteur mobile aS, et l’appareil recommence à tourner dans le sens LMN»

Le conducteur mobile qui nous a servi pour cette expérience n’est pas astalique, aussi rcmarque-fc-on que les mouvemens de révolution sont plus rapides dans un sens que dans l’autre : nous examinerons Ces différences d’intensité lorsque nous étudierons l’action de la terres

§ i5. Nous venons devoir qu’un courant terminé mobile rétrograde sur un courant indéfini , dont il s’approche, et marche dans le sens de ce Courant lorsqu’il s’en éloigne; réciproquement, un conducteur mobile indéfini , soumis à l’action d'un conducteur terminé fixe , marche dans le sens de l'électricité , lorsque le courant terminé va en s'approchant du conducteur indéfini , et en sens contraire , lorsque le cçurant terminé va en s'en éloignant.

Pour le prouver, on suspend dans la coupe S le conducteur ( fig. 13), composé d’un fil de cuivre plié en spirale dont les spires sont maintenues dans un même plan , par trois petites règles en bois, ou en baleine ; l’extrémité intérieure de la dernière spire se recourbe en une crosse cTS, qui

aèrt à la suspendre, ün établit les communications comme il suit: rWput&S'y&ao ; le courant, après •avoir suivi les contours de la spirale, s’échappe à travers l’eau acidulée dans les parois du vase, et arrive ainsi dans la coupe o ; de cette manière , tous les courans dans l’eau acidulée s’éloignent du courant indéfini de la spirale, et cette dernière se meut (Tti rétrogradant, c’est-à-dire dans le sens d'où LMÎN. Si l’on change les deux rhéopliores, en mettant le positif dans o et le négatif dans r, alors le courant passe des parois du vase à la spirale à travers l’eau acidulée, en se rapprochant du courant indéfini , et la spirale se meut dans la direction de cecourant, et par conséquent le mouvement de rotation a encore lieu dans le sens a.SyJ' ou LMjN. Pour changer la direction de ce mouvement, il faut substituer à la spirale ( fig. 12 ) une autre spirale semblable (fig. 1 3 ), mais pliée en sens con- Iraire.Dans chacun de ces appareils le mouvement n’a pas la même intensité pour les deux positions contraires des rhéophores ; nous en verrons la cause en étudiant l’action de la terre.

L’expérience que je viens de décrire prouve aussi que les courans qui traversent Veau acidulée jouissent des mêmes propriétés que ceux qui parcourent des conducteurs métalliques.

$ 16. Deux courans indéfinis tournent , par leur action mutuelle autour de leur pcrpendicu-

laire. commune , jusqu'à ce qu'ils soient parallèles el dirigés dans le même sens.

Ce théorème est une conséquence de l’action des courans angulaires; en effet, soit et y S (tig. 1 4 ) » deux courans indéfinis, qui se coupent sous un angle quelconque , et dont les directions sont indiquées par les flèches; il y a attraction dans l’angle ou J', où les deux courans s’approchent du sommet, et dans l’angle yt£, où les deux courans vont en s’éloignant; au contraire, il y a répulsion dans les angles et aey, parce que dans ces deux angles, l’un des courans s’approche du sommet, tandis que l’autre s’en éloigne. Or, la résultante de l’attraction dans au£, et de la répulsion dans cTêÆ, produit sur S'e une force dirigée dans le sens X«P, qui tend à coucher £cf sur ta ; par la même raison , ty tend à se confondre avec tS ; donc, si <Py est libre de tourner autour du point e, «T viendra se placer sur a et y sur £, c’est-à-dire que les deux courans deviendront parallèles, et dirigés dans le même sens.

Pour manifester cette tendance , on se sert du conducteur mobile (fig. 1 5 ), composé de deux rectangles olGiO et yS'tn égaux et parcourus en sens contraires, ce qui rend l’appareil asiatique; on le suspend dans les coupes yy ' , qui correspondent à peu près au-dessus du point C' , milieu de B'D' ; on établit les communications dans Tordre sui-

vanjt : r'Ty'ab y o ûwfl/TOe B'D/', et on observe que quelque position que l’on donne au conducteur mobile, il revient toujours , après quelques oscillations, se placer parallèlement à B'D', l’extrémiLé cf du côté de B’ et e du côté de D' : si Pou met alors le rhéophore négatif dans e' et le tourniquet dans/ 7 , on renverse la direction du courant dans le conducteur fixe B'D', sans rien changer au conducteur mobile, qui se retourne et se fixe, après quelques oscillations, dans une position directement opposée à la précédente, le point «T du côté de l’extrémité D' du courant indéfini, etedu côté B'.

§ 17. Les deux branches verticales $ y et en contribuent à l’effet précédent, car la première «fy, dans laquelle le courant est descendant, tend à rétrograder sur le courant indéfini B'D' , et la branche ascendante en tend à avancer sur ce même courant (n° i 5 ). Cette action tend , comme celle du courant horizontal, à porter le point <f vers l’oingine du courant indéfini, et le point e dans la direction contraire. On peut manifester l’action des branches verticales avec le conducteur mobile (fig. 16), qui diffère du précédent, en ce que toutes les parties horizontales sont remplacées par des combinaisons de cercles sur lesquels, comme nous le verrons bientôt (§ 24), le conducteur fermé A'B'C'D'E'H' 11’exerce aucune action. Ainsi le courant descendant dey' en a et £,

passe de ce dernier point en y par un demi-cercle, de là descend au point ef, se partage pour suivre les deux branches du cercle inférieure ePs, remonte par £0, arrive eu >?, par un nouveau demicercle de 0 en » suit »c, se partage entre les deux demi-cercles qui vont de i en A , et revient par la courbure Xy , neutraliser la portion y et En établissant les communications comme dans l’expérience précédente, on voit l’appareil se diriger, la branche descendante vers l’origine du courant indéfini, et la branche ascendante du côté opposé ; mais les mouvemens qui ramènent le conducteur à cette position d’équilibre, sont beaucoup plus lents que pour le conducteur ( fig. i 5 ), ce qui fait voir que dans celui-ci l’eflèt principal était réellement dû à la partie horizontale <Tg.

§ 18. En comparant les phénomènes observés dans les paragraphes i\ et 16, nous pourrons suivre, dans tous les cas, l’action mutuelle de deux courans dont l’un est fixe, et l’autre mobile autour d’une droite parallèle à leur perpendiculaire commune.

En effet , soit S«T ( fig. 17), un courant horizon tal mobile autour du point S ; supposons qu’on lui présente un second conducteur horizontal , i\ en dehors du cercle décrit par l’extrémité «T; 2°. directement au dessus du centre ef; 3°. de manière à couper le cercle aëyeP. Dans le premier cas, nous

avons vu (§ 1 4 ) que le courant mobile doit tourner continuellement dans le même sens. Dans le second cas, quand le conducteur fixe passe par le centre S, soit ce conducteur EG , dans toutes les positions possibles, le courant mobile sera attiré par SE et repoussé par SG; il ne pourra donc s’arrêter que dans la position SE, parallèle au conducteur fixe. Soit maintenant le conducteur E'G' cpii coupe S «T au point S'; il y aura attraction dans l’angle SS'E' et répulsion dans l’angle SS'G', la résultante de ces deux forces tendra à faire tourner Scf dans le sens Sa ; mais d’un autre côté, l’attraction dans l’angle <fS , G / , et la répulsion dans l’angle E'S S, auront pour résultante une force qui tendra à faire tourner SJ' dans le sens Sy , et qui aura sur la résultante des deux autres forces, l’avantage d’agir par un plus grand bras de levier ; lorsque les momens de ces deux forces seront égaux, S«Psc trouvera en équilibre. On doit donc, en rapprochant lentement du centre un conducteur horizontal placéjjjrun peu au-dessus de SJ’ , trouver un point où lè mouvement de rotation continu cesse pour faire place «à une position fixe d’équilibre, qui sera d’autant plus rapprochée du diamètre SE, parallèle au conducteur fixe, que celui-ci sera plus près du centre.

Cette conséquence ne peut pas se vérifier avec l’appareil (fig: i ) , parce qu’on ne peut pas y

Adapter de conducteur horizontal astatique , mais l’expérience a été faite par M. Ampère avec deux vases semblables à LM N , placés l’un au-dessus de l’autre , et dont les centres étaient situés dans une même verticale; le conducteur mobile était composé de deux branches horizontales , et d’une branche verticale placée dans l’axe de l’appareil , le courant arrivant par l’une des branches horizontales dans le vase supérieur, descendait dans l’axe, et s’éloignait en suivant l’autre branche horizontale dans le second vase ; par ce moyen le conducteur mobile devenait astatique.

§ ïq. On rend le mouvement circulaire continu d’un conducteur horizontal plus rapide et plus régulier, en substituant au conducteur rectiligne fixe F'G', un conducteur circulaire, dont le centre est au point de suspension du conducteur mobile , parce qu’alors ce dernier est toujours perpendiculaire sur la partie du conducteur fixe , voisine de son extrémité tT, et que la distance des deux conducteurs reste constante; on se sert à cet effet de l’appareil (fig. 1 8 ), qui consiste en une lame de cuivre revêtue d’un ruban de soie et pliée en spirale, d’un diamètre intérieur un peu plus grand que celui du vase LMN ; les spires étant très rapprochées les unes des autres, chacune d’elles diffère très peu d’un cercle, et leur ensemble équivaut. à un cercle unique d’une plus

grande énergie, comme l'ensemble des cinq conducteurs pliés sur E'G' , équivaut à un seul conducteur dont le courant serait cinq fois plus fort que celui de la pile. Pour faire circuler le courant dans cette spirale, on la termine à ces deux extrémités par deux appendices nus - 7 T et <p. On place la spirale autour du vaseLMTÏ, de manière que son appendice extérieur 7 r plonge dans la coupe o soudée an vase, et son appendice intérieur <p dans la coupe n qui communique par une lame de cuivre nm avec la coupe m. On emploie le conducteur mobile (fig. 10), et on établit les communications en plongeant le rhéophore positif dans r, et le négatif dans m; la marche du courant est rRplSetoTCXpÇnm : dans Sa il va en s’approchant du conducteur fixe , Sa doit par conséquent rétrograder sur la spirale, c’est-a-dire tourner d’un mouvement continu dans le sens <P/* 5 C' 7f > opposé à la direction de l’électricité; ce mouvement est bien dû à l’action mutuelle des divers conducteurs, car si l’on met le rhcopbore positif • dans m cl le négatif dans r, sans rien changer au - reste de l’appareil , le mouvement est encore le même; mais alors, Sa, dans lequel l’électricité va de la circonférence au centre, tourne d’un mouvement continu dans le sens du courant de la spirale.

B*>ur changer le sens du mouvement de rola-

tiôn, il faut placer l’appendice extérieur * dans la coupe / i' y et l’intérieur <f> dans o ■ alors, si le rliéophore positif est dans r, le courant dans la spirale a la direction <p/z* 7 r; dans Sx, il va du centre à la circonférence, c’est-à-dire en s’approchant de la spirale, Sa doit donc rétrograder, c est-à dire se mouvoir dans le sens wy up opposé a celui de la disposition précédente ; le sens du mouvement reste le même quand on change les rhéopbores, parce qu’alors Sa parcouru de la circonférence au centre , doit suivre le sens du • ‘ courant dans la spirale qui devicnl 7ryfj.p.

f 20. Les phénomènes ne seraient plus le»

mêmes si le centre du cercle ne coïncidait pas avec le centre de rotation ; pour s’en assurer, il suffît de retourner la spirale de manière que scs deux extrémités plongeant toujours dans les cotipes n et o , sa circonférence s’appuie sur la parliû L mE de la table ; alors si l’on suppose les communications établies dans l’ordre mn^XfjLtppStW r, le courant allant de la circonférence au centre dans la branche horizontale Sa, celle-ci doit tendre a avancer sur le courant de la partie de la * spirale la plus voisine, c’est-à-dire à tourner dans le sens LMN, et l’expérience montre que cette tendance a lieu dans toutes les positions du courant mobile, car on obtient un mouvement de «olation continu et dont la direction est opposée

-Tt

à celle du courant circulaire ; en faisant changer l’ordre des communicalions dans le système, oii trouve constamment que le mouvement de rotation continu imprimé par une spirale à un conducteur horizontal,' change de sens lorsque le centre de la spirale est porté du centre de rotation à une distance de ce point, plus grande que la somme des deux rayons de la spirale et dit cercle décrit par l’extrémité libre du conducteur mobile. Il résulte de cette expérience que si l’on pouvait, sans interrompre les communications, éloigner lentement le centre de la spirale du centre de rotation , on parviendrait à une position intermédiaire où la, spirale donnerait au conducteur une position fixe d’équilibre.

§ 2 i. Un courant circulaire fait tourner toujours dans le même sens , un conducteur parallèle à l’axe du cercle et mobile .autour de cet axe.

. On prouve ce théorème en soumettant à l’action de la spirale (lig. i8), le conducteur (lig.iq) composé d’une couronne métallique ctGy , destinée à plonger dans l’eau acidulée du vase LMN, de deux branches verticales Ce et yJ, et d’une partie horizontale «Té qui porte à son milieu une pointeS,' par laquelle tout l’appareil repose sur la coupe S ( fig. i ). On établit les communications comme dans l’expérience précédente , et on voit le con-

ducteur tourner constamment dans le même sens, que l’appareil ( lîg. i o ).

$ 22. On pourrait croire que le mouvement de rotation est dû à la partie horizontale , et dans ce ca? on le détruirait et on le remplacerait par un mouvement en sens contraire, en substituant à la couronne ay un lil horizontal, communiquant par son milieu avec l’axe de rotation. C’est ce que représente la fig. 20, pl. 111 . Quand 011 suspend ce conducteur sur la coupeS, de manière que le cylindre et plus large que L'M'JV, plonge dans l’eau acidulée, alors si le courant après avoir parcouru la spirale dans un sens quelconque, arrive au vase par la coupe o, il passe à travers l’eau acidulée, se partage entre les deux branches uë et ay, monte dans les deux verticales ëi et yJ ' , et revient à l’axe de rotation parles deux parties opposées sS et efS ; l’expérience laite avec ce conducteur et avec d’autres de formes variées, a conduit à ce résultat : Un courant circulaire est sans action pour faire tourner autour d’un axe perpendiculaire à son plan , eb passant par son centre , un conducteur quelconque , qui, partant d’un point de l'axe de rotation, ■oient se terminer à un autre point de la même ligne.

En se servant du conducteur (tig. 20), comme jp viens de l’expliquer, il peut arriver que le cou-! rant dans l’eau acidulée soit assez intense pour-

donner à l’appareil une position fixe parallèle à ce courant, mais jamais on n’observe de mouvement continu.

§ 23 . Ou fait l’expérience d’une manière plus concluante, et qui prouve en même temps que la propriété que l’on a découverte dans un courant circulaire appartient à un arc quelconque de ce coui'ant.

On suspend dans les deux coupes yy' le conducteur astatique (fig. ai ), composé de deux rectangles iflxe et J'yGx parcourus en sens contraire par le courant , et mobiles autour d’un axe vertical qui passe par le centre du demi-cercle CD formé par une partie du bord de la table. Pour s’assurer que l’axe de rotation du conducteur mobile passe exactement par le centre du demi - cercle, cet axe se termine à sa partie inférieure par une pointe que l’on fait répondre au point a marqué sur une petite plaque de cuivre, en calant constamment d’une manière convenable. Sur le demi-cercle s’applique, en formant plusieurs contours, la lame de cuivre eABCDEFGH", terminée à ses deux extrémités par les deux coupes ef. Les contours de ce conducteur sont isolés les uns des autres par une enveloppe de soie qui recouvre la lame métallique. On fixe le rhéophore positif dans r, on met le tourniquet dans l’une des coupes e ou f, et le rhéophore négatif dans l’autre. Et si, par exem-

Digitizqd by G

pie, le tourniquet plonge dans la coupe e , la marche du courant est /Ty^ôxÉeT^SAyTOeABCDEHy ; dans cet état , l’action des deux horizontales BC et DE est nulle , et il ne reste que l’action du. demi-cercle sur le rectangle <ân£, moins l’action contraire, mais Beaucoup moindre à cause de la distance, sur le second rectangle. Pour prouver que l'action des branches horizontales est nulle, soit BC et DE (lîg. 32 ), ces deux lignes 6 êvy la partie inférieure du conducteur mobile dans laquelle les flèches représentent la direction du courant; il y aura répulsion entre BC et H0, et attraction entre DE et C'y, ces deux forces sont égales, puisque l’angle des courans, leur distaucc, et leur intensité sont les mêmes de part et d’autre; elles tendent à faire tourner le conducteur mobile en sens contraire ; elles se font donc équilibre : il en sera de même de l’attraction entre BC et Çy, avec la répulsion entre «0 et DE. Le même raisonnement s'appliquerait aux parties horizontales supérieures , et aux deux branches verticales (8 et ; donc l’action de ces deux parties rectilignes BC et DE est nulle, dans toutes les positions de l’appareil. L’action des parties verticales EF et GH est aussi nulle , comme il est aisé de le démontrer de la meme manière. Il en est de même de la partie horizontale inférieure FG , en sorte qu’il ne reste d’autre action que celle de CD sur celui des deux

rectangles du conducteur mobile , dont la projection tombe sur le demi-cercle , et qui n’est pas . détruite par l’action opposée qui s’exerce sur l’autre rectangle , parce que cette dernière est affaiblie par la distance. Or, l’expérience fait voir que le conducteur reste partout en équilibre; donc l’action du demi- cercle est aussi nulle. Or, ce résultat ne peut pas être attribué à ce que le conducteur mobile coupe le demi-cercle en parties dont les actions opposées se détruisent , car, excepté dans la situation perpendiculaire au diamètre CD, le demi-cercle est coupé inégalement; il faut donc que cette nullité d’action appartienne à tous ces arcs; ce que l’on peut énoncer ainsi: Un courant qui se meut dans un arc de cercle quelconque , est sans açlionpour faire tourner autour de l’axe de ce cercle u,n conducteur dont les deux extrémités sont dans l’axe de rotation.

$ 24. On peut varier à volonté la forme du conducteur mobile; par exemple, employer celui qui est représenté (fig. 23 ), composé de deux cercles, pour le rendre astatique; on pourrait encore employer le conducteur asiatique (fig. 24).

Ce dernier donne lieu à une remarque importante; le fil qui le forme se plie des deux côtés dans ses parties rectilignes sur une petite règle en bois, en suivant l’ordre indiqué parles lettres yaQyS'évAiy'j il est symétrique des deux côtés de l’axe de sus-

pension, cetle circonstance le rend asiatique,' et l’expérience prouve que le demi-cercle est sans action sur la moitié aGyiP, placée de son côté ; mais il estévident que les parties rectilignes et

J'p se font mutuellement équilibre , parce qu’elles sont toujours parcourues en sens contraires , et qu’elles sont assez rapprochées l’une de l’autre pour qu’on puisse les considérer comme ne faisant qu’une seule droite : on en conclut que l’équilibre observé a lieu séparément pour le cercle ëyJ*, et qu’en général, un courant qui se meut dans un arc de cercle quelconque , est sans action pour faire tourner autour de l’axe de ce cercle un conducteur fermé , situé d’une manière quelconque dans l’espace. Ce résultat ne peut pas être démontré par des expériences directes, parce que pour conserveries communications d’un conducteur mobile, il faut nécessairement que les points d’arrivée et de sortie du courant soient en même temps les points de suspension.

En vertu de l’égalité entre l’action et la réaction, on peut déduire de ce théorème le suivant : Un conducteur fermé situé d’une manière quelconque dans l’espace , est sans action pour faire tourner un arc de cercle autour d’un axe perpendiculaire à son plan , et passant par son centre. Tel est le principe qui a guidé dans la construction de l’appareil (üg. 16), et qui con-

firme les résultats obtenus dans le $ 17, en prouvant, comme je l’ai énoncé dans ce numéro, que le conducteur fermé AT/C'D'H' est sans action pour faire tourner autour de l’axe de suspension, tous les arcs de cercle qui font partie du conducteur mobile.

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