‹ Manuel d'enseignement pratique des sourds-muets. Tome II - ExplicationsChapitre 27 sur 104 · VERBE AVEC INTERROGATION · texte numérisé non relu

VERBE AVEC INTERROGATION

Je n’ai pas besoin d’expliquer le signe propre à l’interrogation.

Je ne ferai sur ce chapitre que deux légères remarques.

i°. Toute interrogation suppose deux propositions, l’une affirmative, l’autre négative, comme on le voit dans le premier exemple.

2 0 . Dans le langage des signes, la phrase interrogative n’est pas inverse comme elle l’est en français. On fera observer une seule fois cette différence au sourd-muet. Vous l’exercerez ensuite à écrire en forme d’interrogation un grand nombre de verbes qu’il connaît déjà. Ici s’ouvre devant lui une vaste carrière; il peut interroger et répondre. Quelle source de jouissances pour lui 1

Tout le monde connaît les signes naturels de oui et de non. Il se présente cependant ici une observation importante.

Quand l’interrogation est simple, la réponse ne peut laisser aucune incertitude.

D. Dessines-tu? #

R. Oui , c’est-à-dire je dessine.

R. Vow, c’est-à-dire je ne dessiné pas.

il. 6

Mais si l’interrogation se complique d’une négation, la réponse du sourd-muet pourra vous induire en erreur sur sa pensée ; il écrira quelquefois oui pour non, et non pour oui.

Exemple : Ne dessines-tu pas ?

R. Oui (je ne dessine pas); c’est-à-dire je fais comme vous dites, je ne dessiné pas.

R .Non, je dessine ; c’est-à-dire je ne fais pas comme vous dites, je dessine.

Il suffît de faire remarquer à l’élève que quelle que soit l’interrogation, si la réponse est sans négation, on met oui ■/ si elle est avec négation, on répond par non. Oui est l’ellipse d’une phrase affirmative, et nojz l’ellipse d’une phrase négative.

Impératif:

Le signe de l’impératif est aussi connu que celui de l’interrogation. Il serait donc superflu de chercher à l’expliquer.

Je remarquerai seulement que le sourd-muet, dans son langage, ne supprime pas le pronom à l’impératif; ainsi, il dirait : tu dessines, vous venez, en ajoutant le signe du commandement, de l’invitation ou de la prj£re, selon le sens. Il est facile de lui apprendre à faire cette suppression qu’exige la langue française.

L’impératif ne sert pas seulement au commandement; il exprimé encore l’exhortation, l’invitation, la prière. On sent que le signe doit varier dans cés différens cas.

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