‹ Manuel d'enseignement pratique des sourds-muets. Tome II - ExplicationsChapitre 50 sur 104 · DEGRÉS DE COMPARAISON · texte numérisé non relu

DEGRÉS DE COMPARAISON

Offrez aux regards de votre elevé plusieurs objets, dont chacun, par ses dimensions, passe de beaucoup les objets de son espèce.

Il est impossible que cette circonstance ne frappe l’attention du sourd-muet et que ses signes ne vous l’expriment. ,

Rien donc de plus facile què d’obtenir de lui la manière de caractériser le superlatif absolu.

Faut-il exprimer très grand, la main s’élève d’abord j voilà le signe de grand; elle s’élève encore à plusieurs reprises, et très grand est exprimé.

Il s’agit maintenant de rendre par écrit la même idée. A mesure que le sourd-muet élève la main , j’écris successivement grand, grand, grand , grand; réunissant tous ces mots par une accolade ou mieux encore par de petites lignes convergentes , j’écris au point de rencontre de ces lignés, très grand.

Je montre ces deux mots à l’élève, et il répète le signe qu’il vient de faire.

Faut-il exprimer très petit, la main s’abaisse horizontalement pour le positif petit, puis elle s’a-

baisse et s’abaisse encore pour rendre le superlatif très petit.

On voit par ces exemples qu’il n’y a pas, à proprement parler, dans le langage d’action, de signe parfaitement correspondant au mot très.

Le signe du superlatif se tire ordinairement du signe même de l’adjectif auquel on donne un nouveau degré d’expression, soit par la réduplication du signe, soit par le jeu de la physionomie, ou même par quelques gestes qui varient suivant les adjectifs, et que l’instituteur connaîtra bientôt pour peu qu’il se donne la peine d’étudier le langage de son élève.

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