‹ Manuel d'enseignement pratique des sourds-muets. Tome II - ExplicationsChapitre 83 sur 104 · INFINITIF · texte numérisé non relu

INFINITIF

L’infinitif exprime l’action du verbe sans désignation de nombre ni de personne.

On ne doit donc en faire usage que lorsqu’il est facile par le sens de la phrase de sous-entendre le sujet qui fait l’action, ou bien encore lorsque c’est seulement de l’action que l’on veut parler, indépendamment de toute personne. Dans ce dernier cas, l’infinitif fait la fonction d’un nom substantif.

Exemple :

Mieux vaut mourir, que vivre sans honneur.

Mais si l’on dit :

J’aimerais mieux mourir , que de vivre sans honneur ; on sous-entend les sujets des deux infinitifs; et cette phrase-* dans la pensée, est traduite de la manière suivante :

J’aimerais mieux moi mourir , que moi vivre sans honneur .

Emploi de l’infinitif .

Nous suivons, dans l’étude de l’infinitif, une marche analogue à celle que nous avons adoptée dans l’étude du subjonctif.

On ne fait usage de l’infinitif après un verbe, que lorsque le sujet sous-entendu de cet infinitif

est le sujet même ou le complément du premier verbe.

Exemple : Je crois que fai votre livre.

Je se trouve le sujet des deux propositions ; on peut donc retrancher le second en mettant le verbe à l’infinitif:

Je crois avoir votre livre.

Je vous regarde (pendant que) vous dessinez.

Vous est complément du premier verbe , et sujet du second; on dira donc:

Jetons regarde dessiner.

Il ne serait pas impossible de caractériser les verbes après lesquels l’infinitif ne peut avoir pour sujet que le sujet de la phrase, et ceux après lesquels l’infinitif doit avoir pour sujet le complément du premier verbe.

Mais cette distinction délicate échapperait à la pénétration de notre élève. Il n’est pas encore en état d’en comprendre le principe abstrait; mais il le sentira dans le rapprochement des exemples, et saura s’en servir. C’est tout ce que nous pouvons désirer. ,

Le premier paragraphe de ce Tableau donne des exemples analysés de l’infinitif dont le sujet sous-entendu est aussi sujet de la proposition entière.

Dans les exemples du second paragraphe, Je sujet sous-entendu de l’infinitif est le complément du premier verbe.

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Multipliez et entremêlez ces exercices, en ayant constamment soin de ramener l’élève à cette espèce d’explication , toutes les fois qu’il se trompera sur l’emploi de l’infinitif. Vous le verrez presque toujours se corriger lui-même.

Si le sujet du second verbe n’est ni sujet ni complément du premier verbe, on ne doit pas mettre le second verbe à l’infinitif. Il en est de même toutes les fois que l’emploi de l’infinitif peut donner lieu à quelque amphibologie. Il faut alors former, avec le second-verbe, une proposition que l’on met sous l’influence de la première par le mot que.

Exemple : Je veux que vous alliez chercher cet élève pour que je lui dise que .

Si je me servais de l’infinitif dans le second membre de phrase, je laisserais du louche dans l’expression de ma pensée.

Je veux que vous alliez chercher cet enfant pour lui dire que....

Gës derniers mots pourraient également se traduire par : pour que vous lui disiez , ou par : pour que je lui dise.

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