‹ Manuel d'enseignement pratique des sourds-muets. Tome II - ExplicationsChapitre 86 sur 104 · N° CXXI · texte numérisé non relu

N° CXXI

VERBES APRÈS LESQUELS l'iNFINITIF SE MET SANS PRÉPOSITION.

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Ce Tableau et les trois qui suivent, sontpres 1 que eutièrement du domaine de l’usage ; et exigent par conséquent de fréquens exercices.

Il serait en effet bien difficile de déterminer, par des règles générales, dans quelles circonstances l’infinitif doit ou ne doit pas être précédé d’une préposition. Il ne serait pas même facile de dire pourquoi après tel verbe on met la préposition à devant l’infinitif, et après tel autre, la préposition de; quand l’une et l’autre de ces prépositions ne conservent plus dans cet emploi aucune trace de leur véritable signification.

Nous ne ferons qu’une seule observation, c’est que les verbes qui expriment une tendance, une direction vers un but hors du sujet, se construisent mieux avec à.

Après les verbes espérer , désirer, préférer, on met l’infinitif sans préposition ou ayec la préposition, mais plus régulièrement cependant sans préposition.

Quelques grammairiens ont voulu établir une différence essentielle entre désirer, préférer, et désirer de, préférer de. Mais cette distinction est

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trop subtile, et ne nous paraît pas suffisamment motivée. L’Académie n’en a établi aucune entre désirer faire quelque chose, et désirer de faire quelque chose.

On veut aussi qri espérer ne puisse être suivi de la préposition de avec un infinitif, qu’autant que ce verbe même est à l’infinitif- Mais cette règle ne paraît appuyée ni sur l’usage, ni sur le raisonnement.

L’instituteur fera remarquer à son élève que les mots à, de, ne jouent plus ici le rôle de préposition, et ne peuvent par conséquent avoir de signes correspondans dans le langage des gestes. On doit les considérer comme de simples particules. Quelquefois cependant ils servent à modifier ou à changer l’acception du verbe auquel ils sont joints. Ils méritent alors toute l’attention de l’instituteur.

N° ÇXXIL

VERBES APRÈS LESQUELS L ? INFINITIF SE MET AVEC LA PRÉPOSITION à.

Les verbes qui forment leur complément indirect avec à 3 demandent aussi cette préposition avant l’infinitif qui les suit.

Mais tous les verbes qui veulent après eux la préposition à, devant l’infinitif, ne forment pas leur complément avec cette même préposition.

Exemples : Ce jeune homme cherche une place;

Il cherche à se placer.

Il persiste dans sa dénégation.

Je persiste à soutenir que le bonheur consiste dans V accord de nos désirs avec nos facultés.

La science du bonheur consiste & mettre nos désirs en rapport avec nos facultés.

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N° CXXIIL •

VERBES APRÈS LESQUELS i/INFINITIF EST PRÉCÉDÉ DE LA PRÉPOSITION à.

Les verbes engager , exhorter, inviter, s’efforcer, et quelques autres qui veulent ordinairement la préposition à devant l’infinitif qui les suit, se construisent aussi quelquefois avec de, par euphonie.

Ainsi, au lieu de dire : Il m’engagea à apprendre les mathématiques, il est mieux de dire : Il m’engagea à’apprendre les mathématiques.

Les verbes oublier, prier, tâcher, etc., veulent avant l’infinitif A ou de, suivant le sens.

Oublier à signifie perdre l’habitude ou l’usage ;

Oublier de, perdre le souvenir :

Tâcher à, viser à, il tâche au but; il tâche à m’embarrasser;

Tâcher de, faire effort pour, etc.

Oh met indifféremment à ou de après le verbe continuer. Cependant il vaut mieux employer à , quand la phrase indique une intention dirigée vers un but, et de, dans le cas contraire.

Obliger de, obliger à. On pourrait dire <pi obliger à annonce plutôt une puissance extérieure, et obliger de unecause intérieure.

Exemples : Dieu nous a caché le moment de notre mort pour nous obliger d 'avoir attention à tous les momens de notre vie.

La religion nous oblige à révérer les princes ; la loi nous oblige a....

Mais cette distinction n’est pas généralement observée par les auteurs, ni même par l’Académie.

Obliger signifiant rendre service, veut toujours de avant l’infinitif qui suit.

V^ous m’obligerez de me donner votre avis a ce sujet.

Remarquez que la préposition de n’est point une particule attachée au verbe obliger, c’est une véritable préposition gouvernant l’infinitif. De me donner, c’est-à-dire en me donnant.

Prier à, signifie inviter à, mais suppose plus de cérémonie que ce dernier verbe.

Prier de, est demander avec prière.

On prie d’avance quelqu’un à un dîner d’apparat.

Nous prions un ami de nous faire le plaisir de dîner avec nous.

Se résoudre à, se résoudre de. — Se résoudre à est beaucoup plus usité. On dit généralement se résoudre à, et résoudre de.

Voltaire critique ce vers de Rodogune:

La reine au désespoir de ne rien obtenir,

Se résout de se perdre et de le prévenir.

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« Se résout de se perdre, dit-il, est un solécisme.

« Je me résous à. Je résous de. Il s’est résolu à « mourir. Il est résolu de mourir. »

Cependant Voltaire a dit lui-même, dans Y Enfant prodigue :

C’est un breuvage affreux, plein d’amertume ,

Que dans le mal qui me consume ,

• Je me résous de prendre malgré moi.

Manquer de, manquer à. — Manquera, signifie faire une faute, une omission : Il a manqué à remplir ses devoirs.

Manquer de (négliger de) : Je ne manquerai pas de Ven prévenir.

Manquer de, signifie aussi ne pas atteindre son but : Manquer de toucher.

Manquer de (êtreprès de) : Il a manqué de tomber.

S’occuper de, s’occuper à. — S’occuper de, penser à; occuper son esprit de quelque chose.

S’occuper à, signifie travailler à.

■ 1/Académie dit indifféremment :

Commencer à , commencer de.

Commencer par, suppose une suite d’actions, et annonce la première ; de même que finir par, en indique la*dernière.

Le signe de commencer par doit être analogue à celui de d’abord, premièrement. Le signe de finir par aura beaucoup de rappoft à ceux de enfin, en dernier lieu.

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