‹ Manuel d'enseignement pratique des sourds-muets. Tome II - ExplicationsChapitre 94 sur 104 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

sans pouvoir s’aider de la prononciation, ne comprennent les mots qu’autant qu’ils sont écrits conformément à l’orthographe.

Le sourd-muet n’est donc totalement rendu à la société que lorsqu’on lui a appris à s’exprimer de vive voix et à lire la parole dans les mouvemens des lèvres. Ce n’est qualors seulement qu’on peut dire que son éducation est entièrement achevée, (i)

(i) P. de Ponce, religieux bénédictin du monastère d’Ona, au royaume de Valence, mort en r 584,. est le premier, à ce qu’il paraît, qui ait entrepris de faire parler les sourdsmuets. Il axait* laissé les principes de sa méthode dans un manuscrit qu’on voyait encore dans son couvent, avant l’invasion de l’Espagne. Dom J. P, Bonnet publia, en 1620 , un ouvragé où il rend compte des moyens qu’il a ibis en usage dans i’édücation du frère du connétable de Castille , devenu sourd à l’âge de quatre ans, et qui apprit assez bien l’espagnol pour converser facilement dans cette langue. Wallis, Degby, Gregory en Angleterre ; E. Ramirez, de Cortonë'; P. de Castro , de Mantoue ; Conrad Amman, médecin suisse qui exerçait en Hollande; Vanhelmont, en Allemagne, entrèrent avec succès dans la même carrière.

Dom A. Péreires vint s’établir à Paris vers, l’an 17 35; et profitant de l’ignorance où l’on était à ce sujet, il se donna pour l’inventeur de cet art. L’Académie des Sciences lui confirma ce titre. Peu de temps après, M. Esnaud , égale-

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