‹ Manuel d'enseignement pratique des sourds-muets. Tome II - ExplicationsChapitre 93 sur 104 · AVANT-PROPOS. W · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. W

Il n’est plus nécessaire de démontrer que le seul moyen d’obtenir des succès solides et réels dans l’instruction des sourds-muets de naissance, c’est de se servir, pour éclairer et développer leur intelligence, des mêmes signes que la nature leur inspire, sans le secours d’aucun maître, pour exprimer leurs idées et leurs besoins. C’est là l’unique voie pour arriver à leur esprit et entrer en communication avec eux; car pour ces infortunés, dont l’oreille n’a jamais été frappée pâr la voix maternelle, toute langue, même celle du pays où ils sont nés, est une langue étrangère ou même une langue savante.

C’est par le secours d’une première langue,

(i) Extrait de l’avant-propos de l’abbé Sicard, qui est en tête de l’édition que nous avons donnée en 1819 de l’Art d’Enseigner à parler aux Sourds-Muets ; précédé de Y Éloge historique de l’abbé de l’Épée.

3io AVANT-PROPOS,

de notre langue maternelle, que nous apprenons toutes les autres. De même, on ne peut parvenir à enseigner aux sourds-muets une langue quelconque, que par le secours de leur première langue, du langage des gestes, qui est leur langage naturel. Par ce moyen, soumis à une méthode régulière, il n’est point de connaissances, la musique exceptée, qu’on ne puisse transmettre ati sourd-muet. Du moment que le sourd-muet a achevé son instruction* il n’est plus étranger à aucune des connaissances qu’on peut acquérir par la lecture; il n’est plus ni sourd ni muet pour quiconque sait lire ou écrire. Mais malheureusement l’écriture n’ôffre qu’un moyen de communication trop lent et trop incommode pour la conversation, et qùi meme ne peut guère être d’usage dans les classes inférieures de la société, où naissent le plus grand nombre de sourds-muets, et ou souvent on ne sait pas lire et presque jamais écrire assez correctement pour se faire entendre de ces malheureux, qui, ne lisant que des yeux

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