CONJUGAISON DES VERBES PRONOMINAUX
L'élève vient d'apprendre à rendre compte de quelques actions dans l'expression desquelles le pfonom personnel entre comme complément. Il sait déjà écrire : Tu me regardes, je te frappe , il nous regarde , etc.; il n'a qu'un pas à faire pour arriver au verbe réfléchi. 11 pourra écrire ou du moins il comprendra facilement les phrases : Je me frappe, tu te frappes , etc.; car les pronoms me, te, etc. , remplissent exactement le même rôle de part et d'autre, et indiquent la personne qui reçoit l'action du verbe.
Si dans plusieurs institutions on donne encore un signe différent aux pronoms complémens du verbe refléchi, c'est pour se conformer au système de quelques grammairiens, qui font de ces pronoms une classe particulière sous le nom de pronoms conjonctifs. D'après cette théorie on ajoute au signe du pronom celui de la conjonction, signe purement grammatical , que les sourdsmuets n'ont jamais adopté dans leur langage familier. Ils expriment l'action réfléchie en ajoutant au verbe un signe que l'on pourrait traduire par ces mots : de ma main, de ta main, de sa main, etc.; et ils s'en servent au sens propre comme au figuré.
Vous ferez remarquer à l'élève que le pronom réfléchi de la troisième personne est se, et non pas le, qu'il connaît déjà.
Quand en conjuguant il arrivera aux temps composés, il ne manquera pas d'employer le verbe auxiliaire avoir : je niai frappé, tu € as frappé, etc. Vous y substituerez le verbe être, et vous écrirez :
je me suis frappé, tu t'es frappé, etc. , en lui apprenant que cette forme du passé est pour le sens l'exact équivalent de l'autre, mais qu'elle est seule usitée quand les deux pronoms qui précèdent sont de la même personne. Enfin, vous lui ferez observer que le participe prend le genre et le nombre du sujet toutes les fois que le pronom n'est pas complément indirect; exemple : il s'est
frappé, elle s'est repentie.
DES SOURDS-MUETS. ia5
N° s XLIV et XLV.