‹ Manuel d'enseignement pratique des sourds muets (vol. 2)Chapitre 6 sur 115 · TROISIÈME EXERCICE · texte numérisé non relu

TROISIÈME EXERCICE

Traduction du geste par le mot.

Ce troisième exercice*est destiné à apprendre au sourd-muet à donner le nom des objets qu'on lui montre ou dont on lui fait les signes.

C'est encore à l'instituteur de donner l'exemple.

Il faut : i°. découvrir les figures, mais tenir encore couverts les noms qui sont au-dessous; 2°. faire le signe de chaque figure, et écrire, à mesure, les noms correspondans ; 3°. découvrir les noms qui sont sous les figures, pour en faire connaître la conformité avec ceux que l'on a écrits. Enfin, faire entendre à l'élève de répéter ces trois exercices en l'absence de "son maître.

DISTINCTION DES ÊTRES ANIMÉS EN DEUX GRANDES CLASSES, LES MALES ET LES EEMELLES.

Les divers exercices qui viennent de nous occuper, deviendront en peu de jours familiers au soui'd-muet. Il pourra bientôt, seul, et autant par amusement que par étude, parcourir de cette manière et apprendre la nomenclature de tous les objets sensibles, dont vous pourrez mettre les figures sous ses y eux.

Vous aurez soin, dans le cours de vos leçons, de revenir souvent, par le choix des exemples, sur les noms qu'il aura étudiés , afin de les graver profondément dans sa mémoire. Bientôt, avec le goût de l'étude, il sentira le besoin de l'instruction. Il viendra vous demander lui-même les noms de tous les objets qui l'entourent.

Que votre complaisance à lui répondre l'encourage à vous interroger. Son esprit échauffé par le désir, par le besoin de connaître , sera comme un sol bien préparé où il ne faut que jeter la semence de l'instruction pour produire une moisson abondante. A la promenade, au jeu, à table, tout sera objet d'étude et source d'instruction. Chaque instant ajoutera à la somme de ses richesses intellectuelles. Qu'il porte toujours sur lui un crayon et un

petit livre blanc, où il transcrira tous les mots que vous lui apprendrez. Il y enregistrera précieusement toutes les petites acquisitions qu'il fera ainsi , à chaque instant, dans le domaine de l'instruction. Vous donnerez une attention particulière à l'étude des Planches IF'eX V y où sont représentés, en regard , des animaux mâles et femelles et leurs petits au milieu d'eux.

Votre élève voyant d'un côté le mot bœuf, de l'autre, vache, pour désigner des animaux entre lesquels il n'aperçoit d'abord aucune différence, vous manifestera peut-être quelque étonnemettt de cette bizarrerie. S'il u^ fait pas de lui-même cette observation , il faudra la lui suggérer adroitement.

Il ne vous sera pas difficile de lui faire comprendre que c'est la vache qui donne le lait,. dont elle nourrit le veau qui est auprès d'elle et qu'elle a porté dans son sein. (1)

(i) Dans l'institution des Sourds-Muets de Paris , le féminin est désigné par le signe de faible, le masculin par le signe de fort , sans autre explication. On y fait aussi usage des signes de l'abbé de l'Épée ; ce sont ceux d'e chapeau pour le masculin , et de coeffe pour le féminin. Ainsi , en dictant Un banc, une table, on ajoutait au signe de un celui du chapeau, et à une le signe de la coeffe. Je n'ai pas besoin de dire si de tels signes doivent donner de fausses idées ; c'est dans la nature des choses ou dans les besoins de la pensée que nous devons puiser nos moyens d'instruction.

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Vous ferez la même observation sur la chèvre et la brebis.

Le sourd -muet ne sera pas embarrassé pour déduire de cette observation le signe propre à caractériser la femelle. Il le tirera soit de l'état de gestation, soit de l'alaitement, probablement même de l'action de traire.

Ainsi, pour désigner la vache, il commencera par un signe qui est commun à la vache et au bœuf (c'est celui de la position de leurs cornes), et il ajoutera le signe de traire. Il pourra appliquer par extension le même signe , même aux femelles que l'on n'a pas l'habitude de traire.

Pour les oiseaux , le signe des femelles sera celui de l'œuf, ou de l'incubation. .C'est encore l'élève qui vous donnera ces signes, quand vous étudierez la planche des oiseaux domestiques.

Lorsqu'au moyen de ces explications, l'élève aura étudié les noms des animaux mâles et femelles, on range ces mêmes mots sur deux colonnes comme on le voit dans le tableau N° i. On répétera les deux exercices indiqués plus haut, indépendamment de ceux que nous allons voir.

Premier exercice.

Les noms seront également rangés ici sur deux colonnes, mais les mâles ne seront pas en regard de leurs femelles. L'élçve doit rétablir le rapport en tirant des lignes des uns aux autres.

Deuxième exercice.

On brouille tous les noms et l'élève doit les rétablir sur deux colonnes, les mâles toujours en regard des femelles.

On ne doit pas Iiorner cet exercice aux noms compris dans ce tableau. Il faut l'étendre à presque toute la nomenclature des animaux qu'il connaît.

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