‹ Manuel d'enseignement pratique des sourds muets (vol. 2)Chapitre 62 sur 115 · N° LXX · texte numérisé non relu

N° LXX

Il j a.

Encore une de ces locutions qui ont mis à la torture l'esprit des instituteurs et des pauvres sourds-muets.

On vent analyser chaque expression , et donner raison de chaque syllabe. On remonte péniblement jusqu'à l'origine de la langue. Où mène ce grand étalage d'une fausse érudition? Au chaos. Suivons la route modeste mais sûre du bon sens. Une leçon, au plus, suffit pour amener le sourd-muet à la connaissance de cette locution il j a , que nous considérons comme un seul verbe, équivalant au verbe être, qu'il remplace toujours, quand le sujet est précédé de l'article indéfiui des. ou du, et le plus souvent aussi quand le sujet est précédé de l'article un, une. Si vous dictez par signes à votre élève , ou si vous le mettez dans la nécessité d'exprimer cette proposition , il j a du papier sur le bureau, U y a des plumes dans le tiroir, il écrira :

Du papier est dans ce bureau ;

Des plumes sont dans ce tiroir.

C'est bien, lui direz -vous par signes; mais, vous pourriez ajouter, « ce sont les petits enfans qui s'expriment ainsi. » Cette manière d'exciter l'amour-propre des sourds-muets ne manque jamais son effet.

Vous lui apprendrez que de, du, ne doit pas être mis au commencement d'une phrase.

Ensuite vous renversez la phrase qu'il a écrite et que vous transformez en celle-ci : est dupapier dans ce tiroir. Vous changez ensuite est en ilj a, et vous avez la phrase correcte :

Il y a du papier dans ce tiroir.

N° s LXXI et LXXII.

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