‹ Manuel d'enseignement pratique des sourds muets (vol. 2)Chapitre 92 sur 115 · INFINITIF · texte numérisé non relu

INFINITIF

L'infinitif exprime l'action du verbe sans désignation de nombre ni de personne.

On ne doit donc en faire usage que lorsqu'il est facile par le sens de la phrase de sous-entendre le sujet qui fait l'action , ou bien encore lorsque c'est seulement de l'action que l'on veut parler, indépendamment de toute personne. Dans ce dernier cas, l'infinitif fait la fonction d'un nom substantif.

Exemple :

Mieux vaut mourir, que vivre sans honneur.

Mais si l'on dit :

J'aimerais mieux mourir, que de vivre sans honneur; on sous-entend les sujets des deux infinitifs ; et cette phrase , dans la pensée , est traduite de la manière suivante :

J'aimerais mieux moi mourir, que moi vivre sans honneur.

Emploi de l'infinitif.

Nous suivons, dans l'étude de l'infinitif, une marche analogue à celle que nous avons adoptée dans l'étude du subjonctif.

On ne fait usage de l'infinitif après un verbe , que lorsque le sujet sous-entendu de cet infinitif

est le sujet même ou le complément du premier verbe.

Exemple : Je crois que j'ai ^votre livre.

Je se trouve le sujet des deux propositions ; on peut donc retrancher le second en mettant le verb« à l'infinitif :

Je crois avoir votre livre.

Je vous regarde (pendant que) vous dessinez.

Vous est complément du premier verbe, el sujet du second; on dira donc:

Je vous regarde dessiner.

Il ne serait pas impossible de caractériser las verbes après lesquels l'infinitif ne peut avoir pur sujet que le sujet de la phrase, et ceux aprèsdesquels l'infinitif doit avoir pour sujet le complément du premier verbe.

Mais cette distinction délicate échappent à la pénétration de notre élève. Il n'est pas enpore en état d'en comprendre le principe abstrait; nais il le sentira dans le rapprochement des exemples, et saura s'en servir. C'est tout ce que nous pouvons désirer.

Le premier paragraphe de ce Tableau donne des exemples analysés de l'infinitif dont le sujet sous-entendu est aussi sujet de la proposition entière.

Dans les exemples du second paragraphe, le sujet sous-entendu de l'infinitif est le complément du premier verbe.

a68 MANUEL D'ENSEIGNEMENT PRATIQUE

Multipliez et entremêlez ces exercices , en ayant constamment soin de ramener l'élève à cette espèce d'explication, toutes les fois qu'il se trompera sur l'emploi de l'infinitif. Vous le verrez presque toujours se corriger lui-même.

Si le sujet du second verbe n'est ni sujet ni :omplément du premier verbe, on ne doit pas mettre le second verbe à l'infinitif. Il en est de même toutes les fois que l'emploi de l'infinitif peut donner lieu à quelque amphibologie. Il faut alors former, avec le second verbe, une proposition que l'on met sous l'influence de la première parle mot que.

Exemple : Je veux que vous alliez chercher cet élèvi pour que je lui dise que

S je me servais de l'infinitif dans le second menbre de phrase, je laisserais du louche dans l'exjression de ma pensée.

Ji veux que vous alliez chercher cet enfant pour lui are que....

Ces derniers mots pourraient également se, traduire par : pour que vous lui disiez, ou par : pour que ie lui dise.

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