N° CXXI
VERBES APRÈS LESQUELS L'iNFINITIF SE MET SANS PRÉPOSITION.
Ce Tableau et les trois qui suivent, sont presque entièrement du domaine de l'usage; et exigent par conséquent de fréquens exercices.
11 serait en effet bien difficile de déterminer, par des règles générales, dans quelles circonstances l'infinitif doit ou ne doit pas être précédé d'une préposition. Il ne serait pas même facile de dire pourquoi après tel verbe on met la préposition à devant l'infinitif, et après tel autre, la préposition de; quand l'une et l'autre de ces prépositions ne conservent plus dans cet emploi aucune trace de leur véritable signification.
Nous ne ferons qu'une seule observation /c'est que les verbes qui expriment une tendance, une direction vers un but hors du sujet, se construisent mieux avec à.
Après les verbes espérer, désirer, préférer, on met l'infinitif sans préposition ou avec la préposition, mais plus régulièrement cependant sans préposition.
Quelques grammairiens ont voulu établir une différence essentielle entre désirer, préférer, et désirer de, préférer de. Mais cette distinction est
a 7 « MANUEL D'ENSEIGNEMENT PRATIQUE trop subtile , et ne nous parait pas suffisamment motivée. L'Académie n'en a établi aucune entre désirer faire quelque chose, et désirer de faire quelque chose.
On veut aussi qu'espérer ne puisse être suivi de la préposition de avec un infinitif, qu'autant que ce verbe même est à l'infinitif. Mais cette règle ne paraît appuyée ni sur l'usage , ni sur le raisonnement.
L'instituteur fera remarquer à son élève que les mots à, de, ne jouent plus ici le rôle de préposition, et ne peuvent par conséquent avoir de signes correspondans dans le langage des gestes. On doit les considérer comme de simples particules. Quelquefois cependant ils servent à modifier ou à changer l'acception du verbe auquel ils sont joints. Ils méritent alors toute l'attention de l'instituteur.