‹ Manuel d'épigraphie chrétienne d'après les marbres de la Gaule, accompagné d'une bibliographie spécialeChapitre 18 sur 27 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

Je me suis efforcé de montrer, par l'étude des faits. comment s’expliquait le défaut d’unité dans les dates épigraphiques relevées sur les diverses parties de notre sol, En pénétrant dans le détail, on rencontre des difficultés dont je n’ai pu trouver encore la-solution, et qu’il importe de signaler.

Dans ses belles recherches sur la chronologie épigraphique de Rome, M. le commandeur De Rossi a su tirer du jeu des postconsulais des lumières précieuses pour l'histoire du v°et du vi°siècle. Éclairé par les textes, singulièrement habile à faire revivre le passé, autorisé par

les mentions des anciens mêmes, il a montré dans

1 Voir Schwartz, Dissert. selectæ, p. 271.

l'emploi de ces supputations, dans leur substitution aux dates consulaires, la marque de troubles politiques t. Une guerre, un simple dissentiment entre deux peuples, et la promulgation des consuls était suspendue dans l’État ennemi. Pour l'Italie, les documents ont permis de suivre, d'expliquer, quelquefois presque jour par jour, certains revirements politiques dont les dates lapidaires nous conservent la marque ?.

Nous sommes moins heureux pour la Gaule, où les marbres ne font que trop bien sentir les regrettables lacunes de l’histoire.

De 486 à 495, cinq localités de la Lyonnaise, de la Viennoise *, qui ne forment pas groupe et que séparent d’ailleurs des centres où s’emploient d’autres méthodes*, présentent une supputation par les postconsulats de Symmaque.

En 491, deux villes voisines, Vienne et Véséronce, offrent deux dates de forme différente, et une autre cité de la même province, Valence, fournit peut-être, pour la même année, une mention conçue dans un troisième système 6.

1 Inscr. christ. urb. Rome, t. I, proleg., p. xXvV et suivantes. — 2 Jbid.,t.1, p.67, 68, etc. — 3% Anse, Grésy, Saint-Thomé, Valence et Arles, n°5 662, 388 A, 481 À, 474 B et 538. —# Briord, Véséronce, Vienne et Lyon, nos 374 A, 388, 436, 32, 17 et 69. —5 I, C. G., nos 388 et 436. — 6 No 474 B. Voir encore, pour l’année 547, deux inscriptions d'Aoste (nos 394 et 396) datées, l’une de Jean, l’autre de Basile.

Où chercher l’explication de ces faits, qui ont sans doute leur raison d’être !?

Une autre anomalie, plus remarquable encore, se produit dans les dates sur le même point du sol, et pour un temps où son histoire est complétement muette.

Lorsque le consulat a disparu, la Bourgogne, je viens de le dire, est le dernier pays où survive la mémoire de cette grande institution; les longues supputations par les postconsulats, poussées chez elle plus loin que dans toute autre contrée, s’expriment de deux façons diverses : à Lyon, on compte, jusqu’en 601 ?, par le postconsulat de Justin, qui reçut les faisceaux en 540 ; à Vienne et dans ses alentours, on suppute, jusqu’en 628*, par les années écoulées depuis le dernier citoyen fait consul, Basile, qui fut nommé en 541.

Le fait existe nettement délimité au point de vue géographique, se produisant durant soixante années, sans que le parallélisme se trouble un seul instant, sans que le nom de Basile paraisse à Lyon, sans que celui de Justin se montre à Vienne.

Voilà, au vi° siècle, deux grandes lignes principales, et qui pourraient peut-être mettre sur la voie du partage inconnu que Childebert et Clotaire firent entre eux alors de la Bourgogne f,

1 Cf. De Rossi, t. [, p. XLIII, XLIV, 67, 68, 484. — 2 J, C. G., n° 17. — 3 No397 A.

* Greg. Tur., Hist. Fr., II, x1. Un village situé à quatre lieues sud-

Il est, de plus, des systèmes éphémères.

Dans la Viennoise, le nom du consul de l’an 534, Paulin, sert de point de départ à une autre supputation poursuivie durant trois années !, tandis que, dans la partie de l'Italie qui nous confine, elle s'emploie encore en 546 ?, et n’est remplacée que plus tard, d’après les marbres qui me sont connus, par les postconsulats de Basile, consul dès 541 5.

Sur le même point de notre sol et lorsque disparaît le nom de Paulin, celui d’un consul de 538 est pris comme base pour un nouveau calcul, et jusqu’en 550, au moins, l’on compte par les postconsulats de Jean

est de Lyon, mais appartenant, d’après les cartes, à la Viennoiïse, Saint Laurent-de-Müres, fournit une date du système lyonnais, c’est-à-dire pars un postconsulat de Justin (Z. C. G., n° 387 B). La raison d’être de la différence signalée entre les deux sortes de mentions chronologiques* semble donc devoir être cherchée ailleurs que dans les anciennes divi« sions de la Notitia. La ligne séparative que trace, dans l’état actuel des découvertes, la diversité des modes de date que je signale, passe sous Lyon et Saint-Laurent-de-Müûres, en laissant au-dessous d'elle Lusinai, Vienne, Saint-Jean-de-Bournay, Aoste, Revel et le reste de la Viennoise. (Voir ma carte, I. C. G., pl. xcur.) Je noterai ici en passant que les” postconsulats, si fréquents sur nos marbres, ont été notés de deux façons. différentes. D’après le mode dit Marcellinien, la première année du post consulat est celle qui suit le consulat même; dans le système Victorien,« cette même année est désignée comme seconde du postconsulat (cf. Pagi,« Dissertatio hypatica, p. 318, etc.). Gazzera, Iscriz. érist. del Piem. | p: 31, et surtout De Rossi, Znscr. christ. rom., t. 1, prolegom., p. XLVILN ont fait remarquer qu'à dater de Justin (ao 565) la seconde méthode am prévalu. Voir, pour les applications, I. C. G., n°s 65 et 438. 4

1 I. C. G., nos 536, 393, 477 B; cf. 458 DD. —2 Zaccaria, Excurs M . ütler., p. 207; Gazzera, Iscr. crist. del Piem., p. 51. — 8 Gazzeras p. 16, a° 533; musée Giovt: à Côme, inscription de Marcellianus, 0 566

DR han =

La raison d’être de tout cela m’échappe, et j'ai hâte de sortir de ces ténèbres, dont je devais dire toute la profondeur, après avoir montré ce que l’histoire nous permet de tirer parfois de la forme, de la diversité des

dates !.

1 J'avais espéré, je dois le dire encore, trouver dans les dates consulaires, par un relevé des jours du mois, l’époque de l’année où avait lieu, en Gaule, la promulgation des consuls; je comptais voir si, par exemple, elle se faisait au 1er mars, en même temps que la notification de lindiction. (Greg. Tur., H. Fr., V, 1v et xxix. Cf. Decretio Childeberti regis, Proæmium, dans Canciani, Leg. Barb., 11, 145.) Mon attente a été déque. Au lieu de ne rencontrer, comme il l’aurait fallu pour réussir, aucune mention des consuls dans les deux premiers mois de l’année, de ne trouver, pour cet espace de temps, que des postconsulats, je vois sur un marbre de Lyon du 12 janvier, c’est-à-dire à un moment de l’année où, Là moins. d’une notification anticipée, le nom du consul nouveau ne pou-

À. vait guère être parvenu en Gaule, la trace d’une date consulaire (J. C. G., we n° 82). Les inscriptions de cette nature n'étaient donc point Étouts,

selon toute apparence, faites et.placées au moment de l’inhumation.

Les inscriptions chrétiennes qu’a fournies notre so ont été, pour une grande partie, trouvées aux derniers siècles, et trop souvent nous ne possédons aucune notion précise sur le lieu de leur provenance. Nos propres observations et les renseignements anciens nous permettent toutefois d'établir qu’il y avait, en Gaule, trois modes d’inhumation pour les fidèles : des tombes isolées comme celles d’Adelphius et de l’aïeul de Sidoine Apollinaire !, des cimetières où, ainsi qu’à Lyon, à Trèves, à Vienne, la terre recouvrait les sépultures ?,

11. C.G., n° 591; Sid. Apollinaire, Epist., III, 12. — 2 Ci-dessous, p. 211, 212; mon tome Ier, p. 363, 380, etc.; mon tome II, p. 52. Les textes et les monuments nous apprennent de quelle manière se disposaient ces sépultures souterraines; quelques planches (Greg. Tur., H. Fr., IV,

d’autres où, comme aux Aliscamps d'Arles, à Civaux, les sarcophages reposaient sur le sol ‘;troisièmement enfin, des agglomérations de tombeaux dans les sanctuaires. Ces dernières, dont les tombes de Saint-lrénée de Lyon, et mieux encore celles de Saint-Pierre de Vienne, offrent d'excellents types ?, sont importantes à étudier, car elles montrent au plus haut degré ce qu'était la foi de nos pères. Une épitaphe de Trèves nous apprend comment et dans quel but les tombeaux se groupaient ainsi dans les lieux saints :

31), des tuiles ou des débris grossièrement reliés (Z. C. G., nos 374, 381, 403 A), plus rarement une caisse de pierre (n° 403 A), voilà ce qu'était le tombeau, et, parfois même, la dernière demeure du fidèle fut l'intervalle resté libre entre deux tombes enfouies l’une près de l’autre (no 403 A).

1 J. C. G., nos 535 et 576 A. Le Dante et l’Arioste avaient tous deux été frappés de l’aspect que donnait aux Aliscamps la masse de tombes placées sur le sol et que reproduisent des dessins de Beauméni, appartenant à M. Albert Lenoir. (Cf. mon tome Ier, p. 25.)

Nous lisons dans la Divtne Comédie (Inferno, IX, 112, 415) :

Si come ad Arli ove’l Rodano stagna

Fanno i sepolcri tutto ’l loco varo.

Et dans le poëme de Roland Furieux (xxx1x, st. 72) :

Della gran multitudine ch’ uccisa

Fu d’ogni parte in questa ultima guerra, . . . . « « . e . . . .

Se ne veda ancor segno in quella terr Che presso ad Arli, ove il Rodano stagna Piena di sepolture è la campagna.

2 Ci-dessous, p. 217; mon tome II, p. 581.

146 MANUEL VRSINIANO SVBDIACONO SVB HOC TVMVLO OSSA QYIESCVNT S QVI MERVIT SANCTORVM SOCIARI SEPYLCRIS QVEM NEC TARTARVS FVRENS NEC POENA SAEVA NOCEBIÉ Li

Saint Maxime de Turin disait de même, dans un passage que le rédacteur de notre inscription avait dans la mémoire ? : |

«In corpore nos viventes custodiunt (martyres), et de corpore recedentes excipiunt, hic ne peccatorum nos labes assumat, ibi ne inferni horror invadat. Nam ideo hoc à majoribus provisum est ut Sancitorum ossibus | nostra Corpora sociemus, ut dum illos Tartarus metuit, nos pœna non tangat, dum 1llis Christus illuminat, nobis tenebrarum caligo diffugiat ?. » Nous lisons encore dans saint Ambroise : « Habeo plane pignus meum, quod nulla mihi peregrinatio jam possit avellere; habeo quas complectar reliquias ; habeo tumulum quem corpore tegam, habeo sepulcrum super quod jaceam: et commendabiliorem Deo futurum esse me credam, quod supra sancti Corporis ossa quiescam #, »

Ainsi donc, et dès les temps antiques, les fidèles pensaient que les restes des saints les protégeraient, dans la tombe, contre les redoutables atteintes du démon, les

4 I. C. G., n° 293. —? Voir, pour les passages des Pères reproduits ainsi dans les inscriptions, mon tome II, p. 600.—3 Homilia LXXXI In natali sanctorum Taurinorum Martyrum, Octavii, Adventicii et Solutoris (Opera, éd. de 1784, p. 262, 263). — + De excessu fratris sui Satyri, 8 18. (Opera, éd. des Bénédictins, t. II, col. 4118.)

recommanderaient à la miséricorde ‘divine. C’est pour obtenir cette faveur qu'Avitus fut inhumé à Brioude, aux pieds de saint Julien !, sainte Eustelle, près du sarcophage de saint Eutrope?; que le corps du jeune Celsus fut déposé auprès des saints #, celui de sainte Paule appliqué à la crèche du Sauveur *, que des sépultures nombreuses se groupèrent autour des restes de l’apôtre de Toulouse *,

Deux vers tirés d’une épitaphe nous apprennent que le frère de saint Ambroise, Satyrus, fut enseveli, de | même, près de la tombe de saint Laurent f, et Les légendes lapidaires montrent un grand nombre de sépultures placées ainsi sous la protection des bienheureux. A côté des textes importants que fournissent, sur ce point, le Codex Palatinus”, les Epigrammata de style épigraphique composés par Grégoire de Nazianze®, je lis, sur les monuments de Rome, des indications d’ensevelis-

sement, RETRO SANCTOS ?, ANTE DOMNA EMERITA 10, AT IPPO-

1 Greg. Turon., Hist. Fr., II, x1.—2 Bolland., t. IIT, april., p.735 E. Cf. du Saussay, Martyrol. gallic., XXI, maïi. — $ Paul. Nolan., éd. de 1685, Poem. xxxI1, v. 605. — # Hieron., Epitaphium Paulæ, éd. des Bénédictins, t. IV, p. 688.

5 Passio S. Saturn., $ 6 (Voir ci-dessous, p. 150, note 4); Bolland., t, V, maii, p. 12. — 6 Gruter, 1167, 2 :

VRANIO SATYRO SVPREMVM FRATER HONOREM MARTYRIS AD LAEVAM DETVLIT AMBROSIVS.

1 Gruter, 4055, 7; 1167, 4; 1169, 7, 8; 1170, 4, 23 4172, 11. — 8 Muratori, Anecdota græca, p. 44, 61, 91.—9 Boldetti, p. 53 et 57. — 10 Marchi, Monumenti delle arti cristiane, p. 150.

LITV!, AD SANCTVM CORNELIVM ?. Des inscriptions de Cologne*, de Tours 4, de Lyonÿ, de Clermontf, de Vienne, de Vaison $, d’Arles ?, de Ratisbonne ‘0, de Trèves !!, offrent autant de témoignages d’une communauté de confiance qu’encourageait la grande voix de saint Augustin !?. Taillés, aux catacombes, dans les fresques qui décorent les sépultures des saints, de nombreux loculi attestent encore chez les premiers fidèles le désir de reposer près de ces tombes vénérées !3, Sous l'empire d’un sentiment semblable, nos pères avaient rempli les églises de leurs sépulcres ou rassemblé, de leur vivant, les reliques qui devaient les protéger après la mort !#,

Une formule dont l'inscription du diacre Ursinianus !* nous donne déjà un premier exemple, s'employait fréquemment sur les marbres de la province pour indiquer que les restes du fidèle reposaient auprès d’un corps saint. « Sociari martyribus, » c'était, dans le lan-

1 Marchi, Monumenti delle arti cristiane, p. 150. — 2 De Rossi, Roma sotterranea crist., t, 1, p. 304. — 3 J. C. G., n° 354, socrATA Martyribus. —* N° 184 : ANTE PEDES MARTINI. — © NO 41 : POSITV EST AD SANCTOS. — 6 N0 557 : SANCTIS .… SOCIANDE PATRONIS. —

No 412 : SANCTIS QVUAE SOCIATA IACET. — 8 No 492 (ao 545), — 9 No 528 : AD SANCTVM MARTYRE.... —10 Hefner, Das Roemische Bayern, p. 246 : MART[Y]RIBVS SOCIATAE ; cf, mon tome Ier, p. 473.—11 J. C. G., n0S 242, 293.—1? De Cura pro martyribus gerenda, ec. VII; cf. Retractationes, I, 64, éd. des Bénéd., t. VI et t. I. — 13 Voir, pour ces entaillements des peintures, Bosio, Roma sotterranea, éd. in-folio, p.245, 255, 257; De Rossi, Roma sotterranea cristiana, t.\\, tav.XIX, etc. —1* Voir mon tome II, p. 219 et suivantes. — 15 Ci-dessus, p. 446.

D'ÉPIGRAPHIE CHRÉTIENNE. 119 gage épigraphique être enseveli à côté des bienheureux, Nous trouverons plus d’une fois cette facon de dire, qu’emploie saint Maxime de Turin !. SOGIANDE PATRONIS, SANCTIS SOCIATA, MART[Y]RIBVS SOCIATAE, SANC- TORVM SOCIARI SEPVLCRI[S|, SOCI|AT]A M[ARTYRIBY(S, telles sont les mentions que présentent des marbres de Clermont, de Vienne, de Ratisbonne, de Trèves et de Cologne ?. Pour l’histoire du christianisme, les formules de cette nature peuvent avoir souvent quelque intérêt. Nous le voyons par l’un de nos marbres, Les saints de la légion thébéenne ne souffrirent pas tous à Agaunum ; un détachement, demeuré à Cologne, sous les ordres de saint Géréon, y périt de même pour le nom du Seigneur. Telle est la tradition, comme nous l’apprend Grégoire de Tours, par cette mention qui n’a rien de précis : « Est apud Agrippinensem urbem basilica in qua dicuntur quinquaginta viri ex illa legione sacra Thebæorum pro Ghristi nomine martyrium consummasse 3, » Ces cinquante soldats étaient, à Cologne, les saints les plus illustres. C’étaient là les martyrs par excellence, puisque d’après un double témoignage, le mot martyres suffisait à les désigner 4. Une épitaphe de

1 Ci-dessus, p. 146. — 2 7, C. G., nos 557, 412, 293, 334; Hefner, loc. cit. — 3 Hist. Francor., 1, 62.

* Helinandus, Passio S. Gereonis et sociorum (Bolland., t. V, oct., p. 38 B) : « Monstratur autem usque in hodie in loco ubi S. Gereon « trucidatus est, sanguinis ipsius spectaculum, et ipse locus Ad martyres « ab incolis acceptum servat vocabulum. » Gesta Trevirorum (Pertz,

Cologne !, dont je viens de transcrire les derniers mots, présente la formule courante : « sociata martyribus. » D’après l’âge commun des marbres de la contrée*, et si l’on s’arrête d’ailleurs ici à la forme du monogramme, au défaut de mention du jour de la mort, il est difficile de faire descendre cette inscription à une époque plus basse que les dernières années du v° siècle. Antérieure au texte de Grégoire de Tours, elle devient ainsi, pour nous, le premier anneau d’une tradition qui ne remontait qu'à notre saint évêque, et apporte un nouvel élément de preuve à l’histoire de Cologne et de ses martyrs.

Un enseignement fourni par les fouilles de l’église de Saint-Pierre, à Vienne, doit être recueilli et signalé. Tout le sol de ce sanctuaire était également occupé par des sépultures; mais celles-ci, plus serrées à mesure qu’elles s’approchaient de l’autel et s’étageant même dans le chœur sur deux et sur trois rangs, étaient plus rares vers l’entrée. Ainsi devait-il en être d’abord de la petite basilique de Toulouse que les tombes à la fin envahirent tout entière #, Le fait constaté pour l’église

Monum. germ. hist. script., t. VIN, p. 150) : « Hoc idem capitolium « postea in honorem Dei genetricis semperque virginis Mariæ est dedi- « catum, et ipse locus, ob memoriam Martyrum, Zitus ad Martires no- « men accepit. » Cf. Gelenius, De magnit. Coloniæ, p. 258.

17. C. G., n° 354. — 2? Voir ci-dessus, p. 104 et suivantes. — 3 Voir ci-dessus, p. 42 et 42.

* Passio S. Saturn., $ VI (Acta sinc., p. 132) : « Procedente dehine

D'ÉPIGRAPHIE CHRÉTIENNE. 1541 de Vienne s'explique facilement. L’autel, déjà si vénérable par sa destination même, contenait des reliques dont le voisinage devenait la sauvegarde du chrétien endormi dans le tombeau. Les textes, les inscriptions que j'ai déjà cités, les loculi taïllés dans les peintures des eatacombes, tennent également à montrer que pour les premiers fidèles les places les plus voisines des saints restes devaient être les plus recherchées. La répartition des tombes de Saint-Pierre l’établit plus nettement encore. Lors donc qu’une disposition semblable sera mise au jour pardes fouilles, lorsque les sépulcres, pressés sur un point, deviendront plus rares alentour, on sera fondé à conclure que, comme ici, l’on aura rencontré le sol d’un sanctuaire des anciens âges, et que le centre d'agglomération indique l'emplacement d’un autel sanctifié par des reliques.

« tempore, cum multorum ad basiliculam illam fideliter a sæculo rece- « dentium pro solatio propter corpus martyris quiescentis deferrentur « reliquiæ, et locus omnis tumulatorum corporum multitudine fuisset im- « pletus..……. »

Ce n’était point seulement par la disposition matérielle des sépultures que se montrait la vénération des saints et des martyrs. Les monuments de l’épigraphie nous en apportent souvent la preuve. Nous le voyons par les inscriptions nombreuses qui décoraient les sanctuaires de Tours et répétaient les louanges de saint Martin{, par le marbre dédicatoire qui atteste l’antiquité du culte de sainte Ursule et des vierges ses compagnes ?. De plus humbles monuments nous attestent le respect de nos ancêtres pour la mémoire de saint Denys.

Parmi les auteurs anciens qui ont parlé du martyre de ce saint et de ses compagnons, Hilduin, qui écrivait au

1 J. C. G., n9s 165 et suivants, — 2 No 678 B.

MANUEL D'ÉPIGRAPHIÉ CHRÉTIENNE. 153 ix° siècle, a, le premier, désigné Montmartre comme le lieu de ce martyre. Bien qu’une charte du roi Robert vienne attester le même fait, bien que deux églises du titre de Saint-Denys, existant sur la colline dès le temps de Louis le Gros, montrent clairement l’accord de la tradition avec les textes, quelques écrivains modernes, contestant l’autorité d’Hilduin, ont cherché ailleurs qu'à Montmartre le lieu de la passion de saint Denys.

Pour moi, habitué par l'étude à compter sérieusement avec les traditions, je mettrai sous les yeux du lecteur un fait ancien et méconnu, qui me paraît fournir l’indication précise du lieu où l’apôtre des Gaules a souffert pour la foi du Christ, et la preuve de la vénération attachée à ce lieu dès les premiers âges de l'Église.

Élevée, comme le montre un tableau de 1410, sur le versant de Montmartre ?, la chapelle du Saint-Martyre est nommée, dès la fin du x1° siècle, dans la donation qu’en firent alors des laïques à l’abbaye de Saint-

1 Voir le résumé des opinions diverses émises sur ce point dans la Vie de sainte Geneviève, par M. l’abbé Saintyves, p. 257-263.

2 Ce tableau, qui fait partie du Musée du Louvre, a été plusieurs fois reproduit par la gravure. (Dom Bouillart, Hist. de l'abbage de Saint- Germain-des-Prés, pl. 1x ; de Clarac, Description historique du Louvre et des Tuileries, pl. vi, A; Albert Lenoir, Séatistique monumentale de Paris, 21e livraison, pl. vin de la Monographie de Saint-Germain des-Prés.) Il représente une Descente de croix; le corps de Notre-Seigneur est reçu dans les bras du donateur, abbé de Saint-Gérmain-des- Prés; l’abbaye, le Louvre et Montmartre servent de fond au sujet.

Martin-des-Champst. Les dispositions de cet acte montrent que le Sanctum Martyrium, dont tout vient attester d’ailleurs l'antiquité, était encore, à cette époque, visité par de nombreux fidèles, qui y apportaient leurs offrandes ?,

La chapelle de Montmartre fut, en 1611, le théâtre d'une découverte constatée par procès-verbal et sou- 4 vent mentionnée par les écrivains, mais demeurée sans explication jusqu’à ce jour. C’est sur cette découverte que j’appellerai l’attention du lecteur, en m’efforçant de montrer par les faits qu’elle me semble “révéler, qu'Hilduin à réellement constaté, dans son écrit, l’exis=" tence d’une tradition antique et non interrompue.

« L'an mil six cent onze, dit le procès-verbal rapporté. par Du Breul*, le 13° jour de juillet. ...., Mesdames les religieuses de Montmartre ... .. voulans faire agrandir et accroistre leur chapelle du martyre de Monsieur Sainct Denys et ses compagnons, vulgairement dicte la chapelle des Saincts-Martyrs ..... les massons travaillant aux fondemens des murs nécessaires pour le dict accroissement, auroient trouvé au delà du bout et chef

1 « Quoniam parva ecclesia, quæ in colle Montis Martyrum est, et a « vulgo appellatur Sanctum Martyrium, erat olim laïcorum homi- «num, etc. » D. Marrier, S. Martini de Campis historia, p. 319, a° 4096. Voir, sur les églises appartenant à des particuliers, l'abbé Clouet, Hist. eccl. de la prov. de Trèves, t. II, p. 523, etc.

2 Q«Domnus autem Ursus assensu seniorum et rogatu laicorum con- « cessit oblationem totam quæ afferretur in eam, ete. » D. Marrier, 161.

$ Le théâtre des antiquitez de Paris, p. 865.

D'ÉPIGRAPHIE CHRÊTIENNE. 155 de la dicte chapelle, qui regarde du côté du levant, une voulte sous laquelle il y a des degrez pour descendre soubs terre en une cave...... En laquelle voulte..... nous serions descendu. .... et aurions trouvé que c’étoit une descente droitte, laquelle à cinq pieds un quart de largeur. Par laquelle serions descendu trente sept degrez ! faicts de vieille massonnerie de plastre, gastés et escornés : le dessus de laquelle descente est voulté. Et au bas de laquelle descente aurions trouvé une cave ou caverne prise dans un roc de plastre tant par le haut que par les costés et circuit d’icelle. Laquelle.....a de. longueur depuis l’entrée jusques au bout qui est en tirant vers la closture des dictes religieuses, trente-deux pieds. L'entrée de laquelle a huict pieds de largeur; et en un endroit, distant dela dicte descente de neuf pieds, elle a de largeur seize pieds, et le surplus d’icelle va en estressissant, en sorte qu’au bout, vers la closture des dictes religieuses, elle n’a que sept pieds de largeur. Dans laquelle cave, du costé de l’orient, il y a une pierre de plastre bicornue, qui a quatre pieds de long et deux pieds et demy de large, prise par son milieu, ayant Six poulses d’espoisseur, au dessus de laquelle au milieu il

y à une croix gravée avec un sizeau, qui a six poulses

1 « Quod vero hic xXxxvII tantum gradus commemoratur, Cum re- « vera L sint, ex ruderum illos tum operientium massa et acervo post- « modum ablato, scriptum sic fuisse credendum est. » D. Marrier, S. Marini de Campis historia, p. 324.

en quarré de longueur et demy pouse de largeur. Icelle pierre est élevée sur deux pierres de chacun costé, de moillon de pierre dure, de trois pieds de hault, appuyée contre la roche de plastre, en forme de table ou autel! :. et est distant de la dicte montée de cinq pieds. Vers le bout de laquelle cave, à la main droicte de l'entrée, il y a dans la dicte roche de pierre une croix, imprimée avec un poinsson ou cousteau, ou autre ferrement; et y sont ensuite ces lettres MAR. Il y a apparence d’autres. qui suivoient : mais on ne les peut discerner, Au même costé un peu distant de la susdicte croix, au bout de la dicte cave, en entrant, à la distance de vingt-quatre pieds, dès l’entrée s’est trouvé ce mot escrit de pierre noire sur le roc, CLEMIN, et au costé du dict mot y auroit eu quelque forme de lettres imprimées dans la pierre avec la pointe d’un cousteau ou autre ferrement Où il y à D10o, avec autres lettres suivantes qui ne se peuvent distinguer. La hauteur de la cave en son entrée est de six pieds jusques à neuf pieds en tirant de la dicte entrée vers le bout de la dicte cave. Et le surplus jusques au bout est rempli de terre et de gravois, etc. »

La nouvelle de la découverte attira en ce lieu un nombre considérable de visiteurs, parmi lesquels figurent Marie de Médicis et plusieurs dames de qualité 2.

1 Voir, sur ces autels de forme primitive, Thiers, Diss. sur Les autels, Ch, TITI, s | ? Sauval, Hist. et rech. sur les antiq. de Paris, t, L, p. 352, Si l’af-

Nous avons encore une preuve de l’émotion produite

par cet événement, dans une jolie gravure au burin donnant une vue de Montmartre et de la crypte, gravure que Nicolas de la Matthonière fit immédiatement exé-

cuter par Jean de Halbeeck, et qui, imprimée sur une feuille volante, avec une courte notice, fut répandue dans le public !, |

Au premier coup d'œil jeté sur l’estampe, la pensée se reporte involontairement aux chapelles souterraines des catacombes, À Montmartre, de même qu’à Rome, la crypte est une simple excavation du sol; au-dessus d'elle, comme sur les cimetières romains, s'élève un martyrium?; auprès de la pierre qui sert d’autel, figure, dit

fluence des fidèles produisit de nombreuses offrandes pour la reconstruction du saint édifice, elle amena en même temps, au dire de D. Marrier, la destruction des. inscriptions murales dont le procès-verbal avait constaté l'existence. (Monasterii Sancti Martini de Campis historia, p. 321.)

1 Représentation d’une chapelle souterraine qui s’est trouvée à Montmartre, près Paris, le mardy, 122 jour de juillet 1611, comme on farïsoit les fondemens pour agrandir la chapelle des Martyrs. Paris, 1611, in-folio, Cette pièce se trouve à la Bibliothèque impériale, dép. des estampes, Histoire de France par estampes, t. XV, année 1611. Elle est citée par le P. Lelong, Bibl. hist. de la France, n° 14,900, et dans le catalogue de l'œuvre de Halbeeck, par Nagler, Neues allgemeines Künstier-Lexicon, t. V, p.514. D. Marrier l’a reproduite avec quelques légères différences, (Sancti Martini de Campis historia, p. 325.)

2 « Eodem tempore Constantinus Augustus fecit basilicam beato Lau- « rentio martyri, via Tiburtina in agrum Veranum supra arenariam

« cryptæ, et usque ad corpus B. Laurentii mart, in qua fecit gradum

« ascensionis et descensionis. » Anast. Bibl., 1n S. Sylvestro. Les exemples de ce fait sont nombreux; cf. Greg. Tur., Hist. Franc., X, XXX!; De glor. Mart., 1. 1, ce. LI; Colonia, Hist. litt. de Lyon, 1re partie, p. 168; Selvagi, Ant. christ, LT, x1r; l'abbé Cochet, Norm. souterr., p. 57; Perret, Cat., t. IL, pl. LvI.

la notice de la Matthonière, « une forme de fenestre pour mettre les burettes, » c’est-à-dire une de ces petites niches que l’on remarque dans les oratoires des catacombes, et qui servaient à déposer les vases sacrés {,

Un dernier trait de ressemblance résulte, pour moi, de la présence d’inscriptions tracées sur les parois. En cherchant au cimetière de Saint-Calixte les sanctuaires importants dont il soupçonnait l’existence, M. le C. de Rossi a retrouvé, dans une vigne récemment acquise par le Saint-Père, et sous deux anciennes basiliques chrétiennes, une chapelle souterraine, d’une dimension inusitée et d’une riche ornementation, qui avait servi de lieu de sépulture à plusieurs papes de martyrs du ir siècle.

« Outre les épitaphes des chrétiens enterrés sous ces voûtes, écrit à ce sujet le regrettable M. Noël des Vergers”®, plus de trois cents inscriptions, tracées à la pointe du style ou au charbon sur l’enduit qui recouvre les murailles, témoignent de la piété des dévots visiteurs à l’époque où la crypte était encore accessible, et de leur vénération pour cette sainte chapelle. » Il est difficile de ne pas rapprocher de ces anciens actes de visite « les mots escrits de pierre noire sur le roc, ou imprimés dans la pierre avec la pointe d’un poinsson ou

1 Cf. Thiers, Dissertations sur les autels, ch. Xxxv. — ? Athenæœum français, 1864, p. 663. Cf. De Rossi, Roma sotterranea, t. 1, p. 253; t. 11, p. 23, .etc.

D'ÉPIGRAPHIE CHRÉTIENNE. 159 cousteau ou autre ferrement, » relatés par le procèsverbal de 16111. La ressemblance frappante des lieux, lPidentité des procédés graphiques me paraissent indiquer qu'à Montmartre, comme à Rome, des pèlerins ont laissé les marques de leur passage ?.

Dans le nombre des proscynèmes de Saint-Calixte qui . ont été lus jusqu’à ce jour, je remarque cinq formules . acclamatoires s’adressant aux saints martyrs : EAA®IN "OIC MNEIAN EXETAI (sis uvelav #yere) — AIONYCIN EIC MNEIAN EXETAI — IM MENTE ABETE COR... — OTIA PE- TITE..... ET PRO PARETE € PO FRATRIBVS EjVS..... UL VI- BANÉ CVN BONO — pelile SpirilA SANCTA VT VERECVNDVS CVM SVIS BENE NAVIGET, et enfin cette invocation nominative à saint Sixte enseveli dans le même cimetière, SANTE SYSTE IN MENTE HABEAS IN HORATIONES AVRELIV :REPEN- TINV $.

Si nous examinons à cette heure les fragments d’ins-

1 Les proscynèmes paiens de l'Égypte, dont parle M. Letronne, sont également gravés à la pointe ou simplement écrits à l'encre rouge. (La statue vocale de Memnon, p. 242.) Voir, sur ces monuments, le tome II des Inscriptions de l'Égypte, et, sur les inscriptions tracées au charbon, Plaut., Merc., IL, 402; Bold., p. 437. Cf. mes Inscript. chrét., t. I, no 207.

2 Voir, sur les proscynèmes chrétiens, Z. C. G., nos 91 et.609.

3 De Rossi, Roma sotterranea cristiana, t. II, p. 17, 18. Ainsi que l'a remarqué le savant romain, la formule in mente habete, employée dans ces proscynèmes, était familière aux anciens. Nous la voyons figurer dans les actes de saint Fructueux, alors qu’un chrétien se recommande aux prières de lévèque mené au supplice. ($ II, Acta sinc., p. 221. Cf. Euseb. Mart. Palæst. vil.)

criptions que nous à transmis le procès-verbal, nous y reconnaîtrons sans peine de semblables acclamations. Dans les conditions constatées, les syllabes À mar... — D10.,... — semblent indiquer les mots marfy- Tes, .... — DIONYSie....., débuts de prières adressées aux saints de la crypte; quant au nom presque entier de cLEMINS !, j'y vois, en le comparant aux actes de visite de saint Sixte, soit le nom d’un pèlerin, soit celui d’un des martyrs inconnus qui ont souffert au même * lieu ?, La croix tracée isolément, dont parle encore le procès-verbal, me paraît figurer, suivant l’usage antique, comme signe de la présence d'un visiteurillettré *.

J'ai dit, au commencement de ce paragraphe, que la découverte de 1641 avait mis au jour un monument des premiers temps chrétiens. S'il est difficile d'apprécier aujourd’hui, à l’aide des documents qui nous sont parvenus, ce que la vue des lieux mêmes et la paléographie des inscriptions auraient permis de décider, au moins sommes-nous autorisés à nous appuyer ici sur les ressources de la comparaison et de la philologie. D'a-

près le savant M. De Rossi, les proscynèmes du cime-

1 Je retrouve cette orthographe, commune d’ailleurs à l’époque mérovingienne, dans une inscription de Lyon, datée de l’an 552. (L. C. G., n° 47.) — 2? Lebeuf, Vol. cité, p. 104-106.

3. « Propria manu pro ignorantia litterarum signum venerabilem sc « crucis feci. » (Marini, Pap. dipl., p. 145; vie siècle. Cf. p. 271.) TER LUS et propter ignorantiam litterarum signum sanctæ crucis feci. » à (Mabillon, De re dipl., p. 564, ao 874, cf. p. 170; Murat, Seript, reri Ital., t. AV, p. 288, 289; I. C. GA IRD; 131.)

D'ÉPIGRAPHIE CHRÉTIENNE. 161 tière de Saint-Calixte, qui me paraissent présenter avec les nôtres des points si frappants de ressemblance, ont été tracés au rr° et au 1y° siècle !., Sans même assigner aux inscriptions de Montmartre une origine aussi recu. lée, on trouve dans l’histoire des monuments religieux la preuve certaine de l’antériorité de la crypte sur la chapelle, élevée, suivant l’usage des premiers chrétiens, par suite de l’affluence toujours croissante des visiteurs?. Or l'antiquité de cette chapelle, mentionnée, dès la fin du x1° siècle, comme un lieu ancien et vénéré, recevant de nombreuses offrandes, est mise hors de doute par son nom même de Sancium Martyrium, nom qui, dans les écrits des saints Pères, désigne les basiliques primitives , qui n'existe plus dans la langue de Fortunat et de Grégoire de Tours, appliqué aux constructions nouvelles, et qu’un texte du 1x° siècle relate comme une appellation hors d’usage #.

Si mon opinion est partagée, on verra, dans la crypte de Montmartre, un sanctuaire creusé aux premiers siè-

cles, sur la place, alors sans doute bien connue, où

1 Roma sotterranea, t. 1, p. 19 et 389, — 2 Cf. De Rossi, Roma sotterranea, t. I, p. 167.

8 Tertull., De præscript., c. xLvI; Hieron., Opp., t. IV, part. II, col. 85, Vita S. Hilarion., n° 31; Euseb., Vita Const., HT, xxxv; IV, XXXII, XLVI; Cod. Theod., IX, xvur, 7, etc.s Augusti, Handbuch der christl. Arch., I, p. 336 et 315. I. C. G., n° 31.

* «Martyria vocabantur ecclesiæ quæ in honore aliquorum martyrum « fiebant. » (W. Strabon, De rebus ecclesiast., NI, Bibl. Max. PP., t. XV, p. 184, c., ed. Lugd.)

saint Denys et ses compagnons avaient souffert pour la foi; dans les inscriptions murales, les actes de visite des pèlerins qui y sont venus prier; dans le Sanctum Martyrium, un antique édifice s’élevant, selon la coutume, sur le lieu sanctifié par le martyre?. Les proscynèmes attesteront une fois de plus l’usage de l’invocation des saints dans l’Église primitive, et l’ensemble de ces faits, évidemment antérieurs aux écrits des hagiographes, montrera par quelle tradition non interrompue le souvenir de l’apôtre des Gaules est arrivé jusqu’à nous,

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