V.P.QVI.MILITI.INT.IOVIANO.S.ANNOS
XXVIIT.P.RO.DOM.ANVI. PRAELANCIA.RIS ST
...... AMICO.MES.P.L.PAEANICO.M.MAVRE.ET
INCANT .........VIX.ANN.LXXV.PRAESIDI COS... , + + DVVMVIR
inscription qui existe encore et dont voici la vraie leçon : BENE g PAVSANTI IN PACE $ FL g MEMORIO # V P QVI MILIT || INT g IOVIANOS ANNOS XXVIII PRO ff DOM ff AN VI PRAE ff LANCIARIS S SPE
at nee PIS AN III COMES RIPE AN I COM MAVRET S TING AN III || VIX AN LXXV PRAESIDIA CON........ ARITO DVLCISSIMO
Voir encore I. C. G., n°s 44, 707, etc.
D'EPIGRAPHIE CHRÉTIENNE. 215
Je n’en ressens pas moins une vive reconnaissance pour ceux qui nous ont légué de tels documents. On n’encourageait guère autrefois leurs recherches laborieuses. De Brosses plaignait Muratori, Du Cange, de s'occuper à des vieilleries, « car en vérité, je ne puis, disait-il, donner le nom d’antiquités, à tout ce qui concerne ces vilains siècles d’ignorance !. » Malgré leur zèle, les guides vénérables qui ont si utilement ouvert la voie n’ont pas toujours apporté dans leurs investigations tout le scrupule, toute la diligence que met en œuvre l’érudition moderne. Trop souvent ils ont rejeté, on le voit par ce que nous tenons d’eux, des débris qui
nous eussent faits plus riches.
1 Le Président de Brosses en Italie, éd. de 1858, t. 11, p. 463,
Pour montrer ce que valent des fragments trop souvent dédaignés, un exemple servira mieux ici que ne le feraient les adjurations et les conseils.
Les épigraphistes qui ont été nos prédécesseurs et nos maîtres ont souvent, malgré ie sens vague du titre d’epitaphium !, considéré et accepté comme des inscriptions véritables des pièces de vers réunies ou disséminées dans de vieux manuscrits. Des découvertes qui rendaient au jour les monuments sur lesquels ces pièces avaient été copiées, sont venues parfois témoigner de la rectitude d’une telle appréciation. C’est ainsi que l’abbé
Gazzera a pu rapprocher d’une épitaphe donnée par un
1 Voir ci-dessus, p. 207.
manuscrit du x1° siècle, le marbre original retrouvé à Verceil, et s'assurer de l’exactitude du copiste allemand qui en avait autrefois relevé la légende!, On constatait en même temps que l'intérêt historique n’était point, au moyen âge, comme de nos jours, le mobile principal de ceux qui recherchaient les textes lapidaires. Le transeripteur s'était borné à reproduireles vers de l’epitaphium, laissant de côté la légende en prose quitermine d'ordinaire les inscriptions métriques, et contient la date et les renseignements que la poésie s’est refusée à admettre.
Il en est presque toujours ainsi des épitaphes conservées par les copistes anciens. L'invention du marbre original nous apporte donc autre chose que la pre ve matérielle de son existence. Elle complète le plus souvent, par des mentions historiques et chronologiques,
1 C'est l'inscription donnée par Gruter, 1169, 8. Elle est consacrée à un prêtre nommé Dalmatius, et se termine par cette mention chronologique, négligée dans l’ancienne copie :
QVI VIXIT.IN.HOC SECVLO.ANS PL MS LXX.DPS.S D.V KAL.IVN PC MAVVRTITI . V C. CONSVL.:
(Voir Gazzera, Iscriziont cristiane del Piemonte, p. 112 et 113.)
Parmi les inscriptions latines connues seulement d'abord par des transcriptions, et dont les originaux ont été retrouvés, je dois rappeler les poésies épigraphiques de saint Damase, retrouvées par Marangoni (Acta S. Victorini, p. 137, 138) et M. De Rossi (Roma sotterranea, t. I, p. 120, 256 ;t. IL, p. 25), etc.
des textes que l’importance des monuments funéraires avait fait remarquer et recueillir {,
Ce fait vient de se présenter pour une épitaphe de la Gaule.
Il existe à Vienne, sous le vocable de Ssint-Pierre, une église élevée sur la place d’une basilique des premiers siècles, et occupée, il y a peu de temps encore, par un atelier de forge. Incessamment ébranlés par la percussion des machines, les murs de la nef se sont dépouillés de l’enduit qui les recouvrait, et des portions largement dégradées ont laissé voir, à l’intérieur de mauvais pilastres de plâtre, les fûts de belles colonnes romaines. Des réparations ont été entreprises; le pavé, remanié, a donné plusieurs fragments d'épitaphes de sarcophages, et, au niveau du sol antique, comme à la basilique de Saint-Alexandre, près de Rome, une sépulture recouverte de son inscription.
Parmi les débris retrouvés dont M. Allmer m’a adressé des copies, on remarque le reste d’une dalle de marbre
où se lisent les trois lignes suivantes :
+. PLACEAT GEMIRE QVOD CELEBRARE,,
ue... EPOSITIO EST VII IDVS MARSIAS use... NOVIES PC BASILI V CC IND XU
La première ligne contient le milieu d’un pentamètre
1 Voir ci-dessus, p. 6%.
qu'il m'était facile de reconnaître, car il figure sur l’un de nos monuments chrétiens!. Ce vers termine une épitaphe insérée, sans indication de provenance, dans un manuscrit du 1ix° siècle?, et consacrée à Sylvia, mère du patrice Celsus qui commanda les armées de Gontran ÿ,
Je transcris ici cette pièce telle que nous l’a gardée
le manuscrit :
Quisquis lucifero sortitur munere seclum.
Occasu potius proditur ille suo.
Cunctaq; mundano currentia tempore gesta.
Vel bona, vel probra omnia morte canunt #.
Phebus nempe nitens merito producitur ortu.
Si pronus claro clauserit orbe diem.
Consulibus atavis pollens hic Silvia corpus.
Terrenu liquit celica regna petens.
Insignis gemino vitæq; sidere fulsit.
Culminibus seclo religione do.
Natorum splendore potens subfulta vigore.
Gaudebat partu se reparasse patres.
Unde sacerdotii claro dotatus honore.
Et Celsum meruit cernere patritium.
Ter quinu rapida vergebant tepora lustru.
Et super adjectus tertius annus erat.
Martius aurati redimitus sideræ veris.
Nono sole micans. premia tanta tulit.
Hæc suprema dies cœlesti in limite prima. Quam rapuit seclo hanc dedit ipsa polo.
Pignora desistant lacrimis planctuq; gravari. Non placeat gemere quod celebrare decet,
Rien n’est plus fréquent, je le sais, que de rencontrer
1 J. C. G., n° 221. — ? Bibliothèque impér., ms. lat., n° 2832, fo 115. (Voir, pour ce manuscrit, ci-dessus, p. 65.) —3 Greg. Tur., Hist. Fr., IV, XXIV, xXXX, XLII;, Epilom., LV, LxII. — * Pour cadunt.
à la fois sur plusieurs tombes des vers empruntés à ces types communs qui rendaient la tâche facile aux compositeurs de légendes funéraires 1. Aussi ai-je hésité tout d’abord à reconnaître, dans le marbre de Vienne, un débris de l'inscription de Sylvia ; mais les conditions de temps et de lieu devaient dissiper mes premiers doutes.
La tombe a été retrouvée dans l’une des villes de Gontran, et la date du marbre se rapporte à l’époque où Sylvia a pu mourir,
Incomplète à son début, la ligne .....NOvIES Pc BASILI ne pouvait présenter, sur ce point, que le nombre dix ou l’un de ses multiples ; tricies répond exactement à la douzième indiction, et, d’après la méthode victorienne, suivie alors pour la supputation des postconsulats ?, ce chiffre nous reporte à l’an 579. Or ce fut en 562 que Celsus reçut le titre de patrice, et l’épitaphe nous dit que Sylvia, morte à soixante et dix-huit ans, vit son fils revêtu de cet honneur. A côté de ces simples concordances, 1l existe un élément de certitude.
Par un mode de supputation employé quelquefois aux premiers siècles de notre ère*, le texte métrique annonce que la chrétienne mourut « le 9 mars, » et les
1 Voir ci-dessus, p. 59 et suivantes. — 2 Cf. ci-dessus, p. 142. — 8 Greg. Tur., H. Fr., IV, XxIv.
k Voir Marini, Papiri diplomat., p. 316 A; L. Renier, /aser. de
l'Alg., n° 3431; Perret, Catac., t. V, pl. LxxXmm, n° 41, et t. VI, p. 185 ; De Rossi, Inscript. christ. rom.,t.1, p.537; I. C. G., n°s 324, 528, etc.
deux lignes de prose qui terminent le fragment reproduisent cette mention en énonçant, suivant la forme antique, que Sylvia est morte «le 7 des ides» du même mois. Toute raison de douter disparaît dès lors, et, d’après la comparaison de monuments dont l’un a été de même retrouvé dans les fouilles de Saint-Pierre !, je n'hésite point à lire ici :
NON PLACEAT GEMIRE OVOD CELEBRARE decet Cujus dEPOSITIO EST VIT IDYS MARSIAS tricies NOVIES PC BASILI Y CC IND XII
En même temps qu’elle détermine, pour la tombe de Sylvia, une question de lieu, la découverte du marbre de Vienne établit le caractère épigraphique et partant la valeur réelle de cette épitaphe et de trois autres contenues dans le même manuscrit, celles de la femme cet des fils de Gontran, pièces historiques dont la nature. reconnaissable pour les hommes du métier, pouvait paraître douteuse aux yeux du plus grand nombre.
Si petit que soit un fragment, nous devons donc lé respecter et le recueillir. Je vois, dans l’étude des inscriptions chrétiennes, un moyen beaucoup plus qu’un but. La diffusion de la foi doit y trouver un des plus sûrs éléments de son histoire. Qu'importe qu’un marbre
1 7, C, G., n° 458 R : CVIVS DIPOSITIO STE (est) VI IDVS IVNIAS; n°5 632, CVIVS DP © EST SVB ® DIE. VII. KAL,IVNIT; Cf, n° 458 D.
antique soit complet ou soit fragmenté, qu'importe l’exiguité d’un débris? Le seul fait de son existence a déjà son sens et sa valeur si, pour ces âges d’enfantement et de misères où l’idolâtrie romaine restait encore vivace et menaçante, où les sauvages croyances du Nord avaient souvent refoulé le christianisme, il atteste la présence d’un groupe de fidèles aux lieux où il a revu
le jour.
OUVRAGES RELATIFS A L'ÉTUDE DES INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES OU CONTENANT DES COPIES DE CES MONUMENTS.
À ALEANDER. Navis Ecclesiam re-
ferentis symbolum veteri
A Bosco. Antiquæ sanctæ ac] S8emMmma annulari insculpsenatoriæ Viennæ Allobro-| tum. Romæ, 1626, in-8,
gum Gallicorum sacræ et| ALreGRANzA. Spiegazione e ri-
prophanæ plurimæ antiqui-| flessioni sopra alcuni sacri tates, à la suite de la Flo-| monumenti antichi di Miriacensis velus bibliotheca. lano. Milano, 1757, in-4. Lugduni, 160$, in-8. — De monogrammate D. N.
Acta Academiæ Theodoro-Pa-| Jesu Christi. Mediolani, latinæ. Manhemii, in-4. 1773, in-4, Acta eruditorum Lipsiensia. | — De sepulcris chrislianis in Lipsiæ, in-4. ædibus sacris. Mediolani, AGNEw. Writings on the walls 1773, in-4.
of a family catacomb at | — Opuscoli eruditilatinieita- Alexandria. London, 1840,| liani. Cremona, 1781, in-#. in -#e ALLMEr. Sur quelques inscrip-
Album de sainte Theudosie, re-| tionsantiques. Vienne, 185%, cueil complet des documents| in-8.
EURE re: PART 4 pus — Découverte de colonnes et AT RS FE b de tombeaux antiques dans equE d â D UbL l'église de Saint-Pierre à sous la direction de M. Viol- Vienne. Lyon, 1861, in-$. let le Duc. Paris, gr.in-4. À ALMELOVEEN. Fastorum roma-
norum consularium libri duo. Amstælodamii, 1740, in-8.
AmADuzz1, Vetera monumenta quæ in hortis Cœlimontanis etin ædibus Matthæiorum adservantur, Romæ, 1779, in-folio. (T. IL.)
Auico. Catana illustrata. Catana, 1741, in-folio.
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