‹ Manuel d'épigraphie chrétienne d'après les marbres de la Gaule, accompagné d'une bibliographie spécialeChapitre 21 sur 27 · X VI · texte numérisé non relu

X VI

J’ai dit quelles étaient en Gaule les formes diverses de la sépulture chrétienne; comment les cimetières souterrains, le sol des églises, les sarcophages placés sur la terre nue avaient reçu le corps de nos aïeux, Il me reste à faire connaître dans quelles conditions nos épitaphes se sont présentées. Encastrées dans de riches monuments semblables aux mausolées de la voie Appienne, quelques-unes attiraient le regard. Ainsi furent celles d’Apollinaire et d’Adelphius!. Aux Aliscamps d'Arles, j'ai signalé une légende funéraire gravée sur l’un de ces sarcophages en plein air dont le nombre avait frappé le Dante et l’Arioste?, D’autres se

17, C. G., n°s 28 et 591. — 2? Voir ci-dessus, p. 145.

MANUEL D'ÉPIGRAPIHIE CHRÉTIENNE. 201 voyaient aux parois des églises, tandis qu’au-dessous une courte légende marquait, sous le dallage, la place du tombeau, La double épitaphe de Calétric représente cet autre type!. Plus nombreuses sans doute étaient celles que recouvrait le sol, et parmi ces dernières il en était souvent que la tombe elle-même dérobait au regard. Ces légendes se gravaient detrois manières : sur une plaque déposée dans le sépulcre; sur la face intérieure du couvercle qui fermait le sarcophage, ou sur la dalle qui en formait le fond. Des inscriptions de cette nature ont été retrouvées dans les nécropoles de Trèves, de Metz et de Briord?.

On l’a vu plus haut, à l’âge de décadence auquel nous reportent nos monuments, les matériaux, et plus encore, sans doute, l’art de les mettre en œuvre, ont fait défaut aux lapicides$, Des fragments de toute nature ont souvent reçu les légendes funéraires de nos aïeux. J'ai cité des moulures, des frises, des bas-reliefs, des fragments de sarcophages, des revers d'inscriptions antiques*; je noterai encore des ardoises brutes, des éclats de pierre, des débris de statues, des tuiles, des plaques informes, des blocs de marbre non plané *.

Telle est loin d’être, toutefois, la règle générale, et,

1 I. C. G., nos 214, 212. — 2? Nos 277, 301, 321, 374, 374 À, 381, etc. Voir mon tome Ier, p. 191, note 2.— 3 Ci-dessus, p. 11 et 46. —*+ Cidessus, p. 46. — 5 J. C. G., n°s 90 et 570; 461; 700 et 705; 11 ; 475,

476, 510, 612, 685. Cf. De Rossi, Annali dell Istit. archeol., 1849, p. 339; n° 44, etc.

malgré la barbarie d’alors, nous retrouvons, aux temps mérovingiens, plus d’une légende gravée sur de bons matériaux, et d’une exécution aussi parfaite que le permettait la décadence de l’art d'écrire. Je puis citer ici des épitaphes retrouvées à Lyon, à Valentine, à Chartres! ; je rappellerai surtout les inscriptions monumentales dues à l’évèque Rustique de Narbonne ?, et les bons types épigraphiques seraient sans doute moins rares si nous possédions en plus grand nombre les Ié-

gendes autrefois inscrites aux parois de nos églises.

1, CO, G., nos 58, 595 À, 674. — 2 Nos 607 et 617.

Les édifices sacrés entraînèrent dans leurs ruines ces pièces souvent dues aux premiers poëtes du temps, et bien peu d’entre elles nous seraient connues si leurs auteurs n'avaient pris soin de les faire transcrire dans leurs œuvres. Ces légendes, sauvées par les copistes, nous donnent de précieux renseignements sur les personnes et les choses d'alors. Elles appartiennent à l’épigraphie, et, abandonnant la route tracée, j’ai enregistré dans mon recueil, comme des inscriptions véritables, une importante série de poésies de Fortunat relatives à nos vieux sanctuaires.

Je dois justifier, en quelques mots, l’admission d’un si large supplément.

Une lettre de Sidoine Apollinaire nous apprend que

les légendes épigraphiques, composées par les poëtes en faveur, se transcrivaient dans les recueils de leurs œuvres !. C’est ainsi que les pièces dont je parle figurent dans le livre de Fortunat. Elles sont de deux sortes : inscriptions de sanctuaires, épitaphes.

Les premières ont été tenues jusqu’à cette heure pour de simples descriptions. Tel n’est pas, selon moi, leur caractère. La lettre d’envoi qui accompagne l’une d’elles ?, constate qu’elle devait être peinte sur les parois d’une basilique ÿ.

Il en était ainsi des autres.

Des légendes métriques ont été demandées à saint Paulin de Nole, à saint Paulin de Périgueux, pour être inscrites dans différents sanctuairesf. Fortunat reçut de semblables requêtes, comme le montre cet intitulé de l'une des inscriptions de la cellule de saint Marin : «In cellulam sancti Martini, ubi pauperum vestivit, rogante Gregorio episcopo ©. »

Le texte même de cette pièce, comme celui de plusieurs autres, en montre d’ailleurs la nature. Le pre-

mier vers s'adresse au passant et l'invite à s'arrêter.

1 Sidon. Apoll., Epist. IT, 8 : « Quam (næniam funebrem) si non satis «improbas, ceteris epigrammatum meorum voluminibus applicandam « mercenarius bibliopola suscipiet. »

2 Fortunat, V, 7. —3 Fortunat, V, 6 : « Si placet, hoc opere parieti « conscripto, pro me ostiario pictura servet vestibulum. » — + Paul. Petroc., éd. de Daumius, p. 127; Paul. Nol., Ep. 32, ad Sever. — 5 Fortunat, I, 5.

C'est là, comme on le sait et le comprend, une formule exclusivement épigraphique 1. L’invocation au saint, que présentent les deux derniers distiques, est également familière aux compositeurs d’inscriptions ?.

Un début caractéristique se remarque souvent dans les légendes exécutées en mosaïque ou gravées sur le marbre dans les vieux temples chrétiens de l'Italie. HAEC DOMYS AMPLA MICAT, MICAT HAEC DOMYS, ISTA DOMYS RYTILAT, AVLA DEI RADIAT, RADIAT DOMYS, telles sont entre autres les formules que présentent les inscriptions d’églises $, Ces débuts, qu’affectionnaient les poëtes de l’épigraphie, se retrouvent de même chez For-

tunat,.

EMICAT ALTITHRONI CVLTV VENERABILE TEMPLVM, DIGNA SACGERDOTIS BIBIANI TEMPLA CORVSCANT,

ainsi commencent deux de ses pièces relatives à des basiliques de Tours et de Saintes, et que d’autres traits encore me semblent permettre de tenir pour des légendes murales t.

Nous savons, par un double exemple, qu'aux temps anciens, ces sortes d'inscriptions étaient parfois copiées pour d’autres sanctuaires et reproduites sur leurs pa-

11.C.G.,t.I, p. 226, note 1.— 2 Jhid. — 3 Gruter, 1165, 1; Bull. monument.,t. VIIL, p. 85; Panvin., De Septem Urbis ecclesiis, p. 235 ; Gruter, 1164, 44; Marini, dans Mai, Collect. Vatic., t. V, p. 93, n° 3. — + I. C. G., n°5 185 et 581.

rois, C’est ainsi que, sur l’archivolte d’une porte de l’6glise de Mozat, près de Riom, se lisent ces deux vers empruntés aux légendes de la basilique de Tours :

INGREDIENS TEMPLVM REFER AD SVBLIMIA VVLTVM INTRATVRI AYLAM VENERANSQ LIMINA XPI!.

C’est encore ainsi que l’église de Primuliacum, celle de Nole portaient le même distique :

PAX TIBI SIT QYICVMQVE DEÏ PENETRALIA CHRISTI PECTORE PACIFICO CANDIDYS INGREDERIS 2.

Les pièces composées par Fortunat furent mises de même, et ce point me paraît encore concourir à en démontrer le caractère épigraphique, furent mises de même, dis-je, à contribution.

Une légende gravée, au vn° siècle, sur une église de Wessex, est formée, en effet, de morceaux empruntés à deux poésies écrites par le saint évêque, et que j’ai présentées comme des inscriptions $. J'ajoute que dans l’un de nos anciens manuscrits, la première est précédée de ce titre qui confirme mon sentiment : « ILem versus in Ecclesia nova Parisius. »

En ce qui touche les pièces qui figurent sous le nom d’épitaphes dans les œuvres de Fortunat, je n’ignore pas

1 Mon tome Ier, p.232. — 2 Mon tome IF, p. 395. —% Mon tome Ier, p. 263. — * Bibl. impér., ms. S. Germ. lat. 844, olim 665, fo 50, recto.

que cet intitulé n’a rien de décisif, car le mot Eypitaphium signifie parfois éloge funèbre !. Je ne pense pas que les pièces qui nous occupént doivent être regardées comme des œuvres de ce genre. Nous savons, à n’en pas douter, que les Epitaphia de Sidoine Apollinaire ont été gravés sur le marbre, puisque le poëte parle deux fois de leur exécution matérielle?. Qu'il en ait été de même de ceux qu'écrivit l’évêque de Poitiers, cela résulte d’abord de leur contexte. Presque tous contiennent en effet des vers tels que les suivants ;

HOG IGITVR TVMVYLO REQVIESCIT EVEMERVS ALMO HOC REGVBANT TVMVLO VENERANDI MEMBRA LEONTI É

et ces formules ne peuvent appartenir qu'à des inscriptions tumulaires. Dans l’un de nos anciens manuscrits de Fortunat, l’Epitaphium Ruriciorum porte le titre suivant : « Epitaphium super sepulcra Episcoporum Domnorum Ruriciorum Lemovecast, » mention qui contribue à démontrer la nature de cette pièce. J'ajoute,

t Hieron., t. IV, p. 669, 718 (éd. des Bénéd.); Bribliotheca Cluniacensis, p. 354; Du Cange et Forcellini, H. V.

? Epist. IL, 8 : « Post quæ precatu parentis orbati, næniam funebrem, « non per elegos, sel per hendecasyllabos , marmori incisam, planctu « prope calente dictavi; » ILE, 12 : « Sed vide ut vitium non faciat in « marmore lapicida. »

$ Fortunat, [V, 1 et 9; cf. 5, 7, 10 à 14, 16 à 20, 22 à 95, 98, et IX, 4.

* Bibl. impér., S. Germ. lat. 844, fo 50, vo. La pièce dont il s’agit porte ailleurs le titre plus vague : « Epitaphium Ruriciorum Episcopo- « rum civitatis Lemovicæ » (éd. Luchi, t. I, p. 124).

en terminant, que des textes anaiogues, dus à la plume de saint Damase et uniquement connus d’abord, comme les petites poésies dont je m'occupe, par leur insertion dans ses œuvres, se retrouvent peu à peu aux catacumbes romaines, gravés sur le marbre dans les hypogées

des saints.

1 Voir ci-dessous, p. 217, note,

Raphaël écrivait à Léon X : «Les œuvres des anciens, qui seraient aujourd’hui plus précieuses que jamais, ont été anéanties, brûlées par la rage farouche, la violence des ennemis. Mais pourquoi nous plaindre des Vandales, des Goths et des autres barbares? Ceux-là mêmes qui devaient défendre Rome dans ses tristes restes se sont acharnés à la détruire. On a fait de la chaux avec les statues, les débris des ornements antiques!»

C’est là aussi l’histoire de nos inscriptions chrétiennes,

Que sont devenues celles qu’écrivaient les poëtes

1 Francesconi, Congettura che una lettera, creduta da Baldessar Castiglione, sia di Raffaello d'Urbino, Firenze, 1799, p. 51 et 52. Cf: Gruyer, Raphaël et l'antiquité, t, T, p. 4ST,

Constantius et Secundinus pour une basilique de Lyon, les épitaphes de saint Césaire, de saint Just, de Syagrius et de tant d’autres?, la légende murale où se lisait l’histoire de saint Élie étreignant le païen venu pour violer sa tombe, celles de tous les saints lieux que visitait la piété de nos pères ? A peine on sait, on devine l’existence de ces textes disparus dès le moyen âge.

En vain Peiresc, Boissard, Gruter, Scaliger, ont fait connaître le prix des marbres antiques; leurs travaux, leurs leçons n’ont pu préserver tant de précieux monuments.

Qu’a-t-on fait des épitaphes chrétiennes du faubourg Saint-Victor*, de celles d’Alichamps6 dont on ne possède pas même des copies; des marbres épigraphiques. vus à la Gayole et à Aubagne par Peiresc; à Briord, par De Vesle; à Trèves, par Wiltheim; à Arles, par Bonnemant, Dumont et Fabre; à Bordeaux, par Venuti; à Lyon, par Spon, Menestrier, Colonia; à Vienne, par Duboys et Chorier? De longues années se sont écoulées depuis que ces hommes ne sont plus, je le sais. Mais les inscriptions copiées par les savants de nos jours,

1 Sidon. Apoll., Epist. IT, 10. — ? Le P. Dumont, Inser. d'Arles, n° 156; Sid. Apoll., Epést. LIL, 12; V, 17. — 3 Gregor. Turon., Gtor. confess., C. LXII.

* Gregor. Turon., Vitæ Patrum, VIIT, 8. Cf. mon tome Ier, p 69, etc. Ces lieux célèbres devaient sans doute posséder, en même temps que leurs inscriptions murales, les épitaphes des fidèles qui avaient obtenu d'être ensevelis auprès des tombes saintes. (Voir ci-dessus, p. 145 et suiv.)

5 Cf. mon tome [er, p. 278, 27. — 6 J. C. G., n° 555.

D'ÉPIGRAPHIE CHRÉTIENNE. 214 Millin, Artaud, Saint-Vincent, les a-t-on mieux gardées? Garde-t-on mieux celles qui se découvrent à cette heure? A Toulouse, un gisement d’épitaphes de fidèles vient d’être brutalement détruit par ceux qui l'avaient rencontré *. À Vienne, j'ai regret de le dire, quand les fouilles du chemin de fer ont exhumé toute une nécropole chrétienne, des inscriptions ont été brisées, rejetées dans le terrassement#, Deux hommes dévoués à la science, MM. Allmer et Girard, ont à grand’peine sauvé quelques débris de toutes ces richesses. On était là, du reste, il faut le dire, en pays de mauvaise tradition. En 1731, à Saint-Irénée de Lyon, des ouvriers, pratiquant une tranchée pour poser des conduits, découvrirent un cimetière qui fournit à la fois des marbres funéraires païens et chrétiens.

« On aperçoit, dit un témoin de la fouille, plusieurs

11, C, G., n05 57, 534 et 627. — 2 Bruno Dusan, Revue archéologique du midi de la France, t. I, p. 85. —3% On a fait de mème à Neuvicq-sous-Montguyon. (Voir mon tome IT, n° 584 A.)

* La perte des épitaphes détruites n'est point ici la seule que je déplore. La nécropole même était un important sujet d'étude. Soigneusement explorées, nos provinces du Nord ont rendu au jour un nombre considérable d'armes, de vases, de bijoux des temps mérovingiens. Par malheur, les inscriptions y sont rares, et ces monuments peuvent seuls fixer l’âge précis des objets retrouvés dans les tombes. On avait découvert à Vienne des marbres à marques chronologiques ; il eût fallu rechercher curieusement les fragments de poteries, de métaux ensevelis autrefois avec les morts. C’eussent été autant de types certains, et leur comparaison eût assigné des dates aux nombreux restes des premiers siècles épars sur notre sol. Une destruction brutale a rendu vains les enseigne-

ments de l'épigraphie.

autres tombeaux engagez à droite et à gauche du canal, mais on ne les suivoit pas pour ne pas faire de trop grands écarts; on se contentoit de tyrer ce qui se trouvoit dans le chemin tracé pour la conduitte des eaux!.» Tout fut done volontairement abandonné; et pourtant la plus grande partie des marbres découverts par hasard, dans cette fouille si féconde, portaient des mentions chronologiques, et parmi eux se trouvait la première de nos inscriptions chrétiennes datées*.

Ainsi, les anciens spoliateurs, les hérétiques, les barbares, les musulmans, n’ont pas seuls renversé Les tombeaux, dévasté les sanctuaires. Aux temps modernes, de nos jours même, l’incurie, l'ignorance, poursuivent l’œuvre de la destruction. Des entrepreneurs souvent autorisés ont exploité des cimetières antiques”, des hypogées à riches peintures 4.

De vieux monuments de la foi ont été délaissés ou voués à de vils usages. Des épitaphes, dont l’une couvrait la tombe d’un évêque, ont été mutilées, puis employées à broyer les couleurs. Un marbre daté, qui atteste l’ancienneté du culte de sainte Agnès, en Gaule, a

servi de table aux ouvriers d’une ferme ; on y retrouvé

1 Bibliothèque impériale, départ. des manuscrits, papiers de Falconnet, Discours prononcé à l'Académie de Lyon par M. L;, et Journal de Trévoux, 1131, art. XCLI, p. 1608 à 1622.

2 Voir mon tome [er, n° 62, — 3 De Caumont, Cours d'antig. monum, t. VE, p. 274. Cf. mon tome Ier, p. 9, note 4. — # L €. G, n° 336 B. — 5 Nos 527 et 707.

D'ÉPIGRAPHIE CHRÉTIENNE. 213 à peine quelques mots!. J’ai pu acquérir à Lyon deux épitaphes placées dans un dallage, dans les marches d’un escalier de jardin?; l’une d’elles est de nos plus connues, de nos plus antiques. À Aoste, deux inscriptions célèbres, encastrées dans la façade de l’église, ont disparu sous un recrépissage *, À la Terrasse, une autre, dont il importerait de contrôler les transcriptions, est perdue au milieu des matériaux d’un mur, A Briord, deux pierres inscrites servent de banc à une habitation, de seuil à une cave’. Le premier de ces monuments alteste pourtant, contre les réformés, l'antiquité de la

2 Nos 29 À et 44. La dernière inscription est celle de la religieuse Leucadia. Une note de Cochard nous apprend par quelles vicissitudes ce marbre, compromis par trop de célébrité, a pu tomber dans un pareil oubli : « Lorsqu'on fouilla, en 1736, l'emplacement de l’ancienne église «de Saint-Just pour fonder une chapelle de station, on y découvrit « d'abord cette épitaphe. Le chapitre de Saint-Just s’empressa de re- « cueillir les ossements contenus dans le tombeau et de les renfermer « dans une châsse scellée avec précaution. Il considérait ces restes « comme dignes d’être exposés à la vénération des fidèles. Aussi les fit-il « déposer authentiquement dans le trésor de son église, et un acte du « 45 mai 1736, passé devant Bouvier, notaire à Lyon, attesta et la dé- « couverte et les précautions prises pour conserver ces reliques. Le peu- « ple se porta en foule à Saint-Just pour vénérer le corps de Leucadia. « I lui attribua même des miracles. M. de Rochebonne, archevêque de « Lyon, redoutant que cette nouveauté ne devint nuisible à la pureté de « la foi, lança un mandement par lequel il arrêta la construction de la « chapelle, fit fermer l'ouverture, et défendit au clergé de continuer « toute cérémonie religieuse dans cet endroit, et ordonna d'enlever les « troncs qui avaient été placés pour recevoir les offrandes des fidèles. » (Notice historique sur le bourg de Saint-Just-lès-Lyon, p. XVII.)

3 J. C. G., nos 394 et 396. — * No 469. — 5 Nos 374 et 381.

croyance à l’expiation par le purgatoire!. Je pourrais dire encore d’autres disgrâces.

Lorsque manquent les originaux, des copies nous restent parfois; mais, quoi qu’en ait dit un homme illustre?, elles peuvent rarement les remplacer. On le voit aux différences extrêmes des transcriptions faites d’après les mêmes marbres, au peu de ressemblance des anciennes copies avec les monuments retrouvés #, aux leçons sans nombre qu'il faut souvent enregistrer,

sans grand espoir de reconstituer passablement le texte réel.

1 Mer l’évèque de Belley, qui a bien voulu, sur ma prière, s'occuper de cette épitaphe, n’a pu même obtenir qu’elle fût mise en lieu de sûreté. — ? Murat., Nov. Thes., 115, 2.

3 On trouvera la preuve de ce que j'avance dans cette copie donnée par Scaliger (Gruter, 493, 3), d'une inscription chrétienne d'Arles :

+, ANTII.NEP.AC.F.FL.MEMORIO

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