‹ Manuel d'épigraphie chrétienne d'après les marbres de la Gaule, accompagné d'une bibliographie spécialeChapitre 8 sur 27 · C. G., nos 336 Cet 576; cf. ci-dessous, p · texte numérisé non relu

C. G., nos 336 Cet 576; cf. ci-dessous, p

2 Voir à Arles, à Marseille, à Aubagne, les inscriptions donnant les noms : Hydria Tertulla, Axia Æliana, Terentius Musæus, Julia Supera, Aurelius Clemens, Julia Valeria Serenilla, L. Septimius Primitivus, Optatina Reticia, Ennius Reticius sive Pompeius, Turannia Pithanes, Vibia Fromene..… Sentrius Volusianus, Sentrius Fortunatus, Q. Vetina Eunoetus, Vetinii Hermes et Acte. (Nos 517, 519, 520, 525, 531, 548 AÀ, 551 B.) Cette observation, en ce qui touche le nom double, et celle qui précède, me sont suggérées par les savants relevés du CG. De Rossi (Inscr. christ. rom., t. T, p. CX, CXIT, CXIII).

8 I. C, G., nos 548 À et 551 B. — + Ibid. — 5 Nos 16, 48, 49, 73, 202, 230 À, 231, 234, 236, 239, 244, 245, 246, 247, 249, 250, 259, 255, 263, 264, 265, 267, 269, 270, 273, 275, 271, 281, 281, 289, 292, 295, 299, 300, 302, 306, 407, 321, 326, 328, 329, 336 C, 337 À, 338, 345, 346, 347, 354, 355, 359, 403 À, 459, 465, 490, 491, 495, 497, 408, 499, 501, 526, 546, 576.

6 Nos 230, 248, 261, 291, 294 et 310. — 7 Nos 490, 491, 495, 497, 498, 499, 501. — 8 Nos 515, 517, 519, 520, 522, 525, 526, 531, 533. — 9 No 548 À. — 10 No 551 B. — 11 No 591, — 12 Nos 336 et 516. (Cf, De Rossi, Inscr. christ. rom., t. TI, p. Cx.)

1 ur nos inscriptions datées, le défaut d'indication du jour de la

attestent l'importance me contraint en même temps à lui donner sa place parmi les marques utiles à consulter pour la classification chronologique des épitaphes chrétiennes.

On sait combien les acclamations sont fréquentes et variées sur les marbres païens !, En les admettant dans leurs épitaphes, les premiers fidèles ont suivi l'usage du temps où ils vécurent.

Si j'excepte des dictions de basse époque, feliciter, pour en citer une seule?, les souhaits, les saluts adressés aux morts, indiquent donc un âge reculé et parfois antérieur à la paix de l'Égtise 3, Tels sont les mots HAVE VALE, réunis sur un vieux marbre chrétien de Vaison#, et que je n’ai trouvés encore que dans les épitaphes des gentils *; REFRIGERET ©; VIVAS IN DEO?, AIYTIT SPIRITYS *,

mort cesse en 431; mais je retrouve, en 578? et 695 (nos 690 et 477), deux exemples isolés de cette prétérition. Elle se rencontre encore avec, la formule initiale IN HOC TOMOLO REQVIESCIT BONE MEMORIE (n°5 45, 59 et 71) sur deux épitaphes précédées de la croix, signes qui, comme je l'ai déjà dit, ne se montrent en Gaule qu'à dater de 491, 493 et 503. En tout, sept raisons de doute contre la multitude de preuves que je viens de soumettre au lecteur.

1 Voir, entre autres, Gruter, [ndex XVI, p. LXXII, LXXIN; Orelli, t. II, p. 331.

2 Ce mot, si fréquent dans les formules initiales et finales des manuscrits, termine, en Italie, des épitaphes du vie siècle (Gazzera, Iscr. crist. del Piem., p. 45 et 53), et, en Gaule, deux légendes funéraires d'époque assez basse (7, C. G., n°s 339 et 340).

8 Voir n° 548 A. —# N0495.—5 Gruter, Orelli, oc. cf.—6 I. C. G., n° 548 A. — 7 Nos 336 B, 516. — 8 No 583 À.

PAX TECVM!, gravés dans des inscriptions non datées, mais évidemment de type ancien ?.

Les formules, les symboles lapidaires ne fournissent pas seuls des données utiles sur l’âge des inscriptions sans date. Il est de plus, dans cet ordre de recherches, une circonstance qu’il faut noter.

Souvent nos légendes sont tracées sur des marbres antérieurement employés, ou sur des matériaux tirés des ruines. Moulures, frises, bas-reliefs, sarcophages ou fragments de sarcophages païens, débris de statues, revers d'inscriptions antiques, ont servi à marquer des sépultures chrétiennes #, | é

C’est [à encore, me semble-t-il, un signe d'époque.

1 1, C, G., n°8 410, 490, 491, 495, 497, 499, 519, 520, 522, 526, 531, 533, 541. Il parait y avoir, pour l’âge de cette acclamation, une exception dans l’épitaphe n° 329 A, au début de laquelle figurerait une croix. L'incertitude de la leçon ne permet toutefois de rien conclure de ce texte disparu. Le mot PAX, que je lis au début des marbres les plus antiques d'Arles, se rencontre dans les mêmes conditions sur les inscriptions païennes. (Orelli, 740; Dumont, Inscr. d'Arles, nos 86 et 88; cf. cidessous, p. 62, note 3.) À ces premiers temps où l'Église s’eitourait de mystère, les fidèles semblent donc s'être empressés d'adopter une formule courante, qui présentait pour eux un sens caché, Je pourrais citer d’autres exemples de ce fait,

2? Ces marbres portent l’Ancre, le vieux monogramme X le nom triple, ne mentionnent pas le jour de la mort (cf. ci-dessus, p: 12 et 42), et nomment souvent ceux qui ont fait faire la tombe. (Voir, pour le parallélisme des inscriptions de Rome, De Rossi, /nser. christ. rom., t. L p: Cx. Bullet. di arch. crist., 1863; p. 6.) Une pierre sans date, trouvée à Mandourel (J. C: G., n° 621 B), me sémble constituer ici une exception dont on doit tenir compte.

Le rv°, le y° siècle, furent témoins de la chutedes vieux temples. En même temps que les lois de l'empire autorisaient une réaction violente !, l’ardeur des fidèles, les croisades entreprises ou encouragées par saint Martin firent de cette période-un âge de destruction. Les sépultures mêmes furent dévastées 2, En vain les empereurs voulurent protéger les tombes des idolâtres, en vain des lois, renouvelées de 340 à 447, s’efforcèrent d’assurer aux païens la paix dans la dernière demeure * : tous les souvenirs matériels du vieux culte devaient être frappés à la fois. ,

Quelques-unes de nos inScriptions chrétiennes nous font assister, pour ainsi dire, au spectacle de tant de ruines. tée 3

Je viens d'indiquer les éabtères propres aux monu ments épigraphiques du second âge ; ils se trouvent tous à la fois dans les légendes gravées sur des débris païens : débuts de forme simple, mots DEGESSITŸ, RECESSIT 6,

1 Cod. Theod., ci 36, De operibus publicis (XV, 1), c. 16 et 19, De paganis (XVI, x).

2 Voir entre autres la curieuse épigramme de saint Grégoire de Nazianze contre ceux qui croient honorer les martyrs en leur élevant des églises avec des matériaux provenant des tombes violées. (Murat.; Anecdota græca, pi 139, et Anth. gr., éd. Tauchnitz, t Il, p. 43, Epigr. 173.)

3 Cod. Theod., c. 1,2, 3, 4, De sepulcris violatis (IX, 17); Valentin: Novellæ, V, 1. En constatant la participation du clergé à l’œuvre de destruction, cette dernière constitution atteste suffisamment qu’il s’agit ici des sépultures païennes.

k 1. C. G.,n95 429 A, 264.—5 No 5. 6 Nos 29 À et 233.

monogrammes du Christ !, mention des parents qui ont fait faire la tombe®, prétérition du jour de la mort, acclamations #, noms empruntés à ceux des princes du y° siècle ÿ,

Les légendes que distinguent ces traits divers ont donc été gravées lorsque le sol, chargé de ruines, mettait aux mains de tous d'innombrables matériaux. Une contreépreuve l’atteste. Le ferrement des routes, la construction des ponts, des aqueducs, des édifices nouveaux, des enceintes fortifiées, devaient épuiser ces amas, si grands qu'ils fussent. Aussi, quand le temps a marché, lorsque les épitaphes de notre Gaule présentent des-signes d’une basse époque, les mots BONAE MEMORTAE, les croix, les indictions, la date de la mort, quand le nom des parents en est banni, je trouve rarement sur le marbre qui les porte la marque d’un usage antérieur. La disparition des débris répond donc au changement . du style épigraphique, et leur emploi semble permettre de classer dans une période ancienne les inscriptions qui y sont gravées 6,

11. C. G., nos 264, 282, 299, 355, 490, 572, 575. — 2? Nos 282, 299, b11. — 5 Nos 264, 282, 299, 355, 511. — + Nos 490 et 572. —5 No 355.

6 Treize marbres, de dix lieux différents (Autun, Lyon, Trèves, Cologne, Vaison, Orange, Arles, Le Puy, Pern, Antibes), affirment cette règle, à laquelle des monuments trouvés à Saint-Pierre de Vienne apportent seuls &es exceptions (n°5 458 R, 690, 694, 700, et mon tome I, p. 581) qui, dans cette ville, ont probablement leur raison d’être, Ce fait, qui semble accuser une tardive destruction des tombeaux et des édifices païens, n'est peut-être point, en effet, sans quelque rapport avec la singu-

Lorsque les inscriptions abondent dans une même contrée, l’application des règles que je recherche peut parfois indiquer encore l’âge comparatif des formules locales. 1

Répéter que certaines façons de s'exprimer prennent faveur, puis disparaissent, c’est à coup sûr insister sur un point qui n’a pas besoin de démonstration ; mais, devant l’extrème brièveté des textes épigraphiques, toute particularité a son prix; Car une observation patiente peut nous apprendre quelle fut, dans un temps donné, la progression du christianisme, en montrant comment un grand nombre d'inscriptions sans date doivent se classer dans l'échelle des âges.

Deux formules dot j'ai recherché la raison d’être !, RESVRRECT'YRVS OU RESVRGET IN CHRISTO, REQVIESCIT IN SPE RESVRRECTIONIS MISERICORDIAE CHRISTI, sOnt spéciales aux monuments de Vienne et de quelques localités voisines. On rencontre la première en 441, 491 et 495, la seconde en 547 ?. Quatre épitaphes seulement fournissent ces dates; il serait donc teméraire d'affirmer, sur cette simple donnée, que les deux mentions n’ont pas été contemporaines, Mais, si l’on admet que les monuments à marques chronologiques puissent fournir, pour le clas-

sement des autres, un élément de quelque importance,

lière persistance de l'idolâtrie dans le sénat de Vienne au vre siècle. (Vo: ci-dessous, p. 122.) 1 Ci-dessous, p. 94. — 2 Nos 415, 436, 458 EE, 467.

on reconnaîitra que, selon la coutume, la plus développée des deux formules est réellement postérieure à la plus brève !, Les marbres où se lit cette dernière présentent en même temps tous les signes particuliers aux siècles antiques, le Poisson ?, les monogrammes “€ et les débuts simples HIC PAVSAT, HIC REQVIESCIT, HIC RE- QYIESCIT IN PACE *, les noms de ceux qui ont fait faire la tombe ÿ, le mot rECEssiT 6, le défaut d'indication du jour de la mort. Les épitaphes qui portent la seconde formule offrent, au contraire, les caractères qui, d’après les marbres chronologiques, nous reportent au vi° ou au vri° siècle : défaut de monogrammes, croix en tête de la première ligne $, indiction *, débuts compliqués : IN HOC LOCO REQVIESCIT, HIC REQVIESCIT IN PACE BONAE MEMORIAE !0, Ce sont là autant de confirmations de l'écart indiqué par les trois dates connues, et l’ensemble des éléments qui m'ont permis d’assigner une époque différente aux deux formules funéraires dont je m'occupe, tire de cette application même une nouvelle valeur démonstrative.

Au nombre des mentions usitées dans la Gaule, il en est deux assez fréquentes pour qu’il importe d’en rechercher l’âge : je veux parler des mots vixir IN PACE et

1 Cf, ci-dessus, p.22, 23. —? J. C. G., n° 398. — 3 Nos 414, 427, 439. —+ Nos 498, 414, 418, 427, 439, — 5 No 414,—6 No 427, —7 Nos 398, 414, 418, 439, — 8 No 468. — 9 Nos 464 et 465. — 10 Nos 464, 467, 468, 470 A.

des jours indiqués, non par les calendes, les nones, les ides, mais par la date du mois, suivant le système qui est devenu le nôtre. |

Comme je l’expliquerai plus loin, la première for-

mule se rencontre, sur nos marbres datés, de 486 à 695, et ceux qui la portent, sans offrir d’ailleurs de signe chronologique, présentent toutes les marques d’une époque secondaire !.

. Sur plusieurs épitaphes, le jour du mois est indiqué par les mots : quo, quod où ubi fecit (januarius) dies (XV). C’est une locution de bas temps, comme l’attestent et la date des diplômes*, et le style des inscriptions qui la présentent s. ,

Des exemples dégageront utilement les résultats généraux de cette trop longue étude.

Nos inscriptions funéraires représentent quatre âges principaux.

A la première époque, qui précède l’avénement de Constantin, le formulaire épigraphique chrétien n'existe point encore; les épitaphes, rédigées suivant la mode antique, n’offrent à l’appréciation que des caractères fugitifs; un mot, un antique symbole, et, semble-t-il,

2 Cette formule ne se montre dans nos chartes qu'à compter de 531. (Pardessus, Diplom., t. T, p. 80.) — 3 J. C. G.,n0s 322, 324, 395, 395 À, 360, 586 A et 659 À. L'inscription n° 586 À, seule de l'espèce qui soit datée, appartient à l’an 643 ou 690.

l’absence du Diis manibus!, les distinguent; elles sont païennes encore, pour ainsi dire, par le moule où elles furent jetées; la date de l’année y fait défaut, le jour de la mort n’y est point exprimé; on y trouve les tria nomina du vieux système romain, l'indication de ceux qui ont fait faire la tombe, le mot Ziberti et la mention des posteri, si fréquente sur les marbres païens, et que n’a point gardée le formulaire de l’épigraphie chrétienne ?,

Nous en possédons le type exact dans ces deux inscriptions de Marseille et d’Aubagne :

« + + + + + SEN?TRIO YOLYSIANO TT vo a tors EVTYCHETIS FIBIO el, . .Sen?trio FORTVNATO QYI VIM

igni?s PASSI SYNT

… + + + . EUlO?GIA PIENTISSIMIS Fi

lis fecit REFRIGERET Nos Qui

omnia po ?TEST # °

1 Voir les épitaphes que je vais citer et celle que rapporte M. De Rossi, Inscer. christ, rom., t, 1, p. 9.

2 Je n'ai encore rencontré sur les marbres que trois exemples chrétiens de cette mention (Bosio, Roma sotterranea, p. 433; Doni, xx, 62; Margarini, Inscr. Basilicæ S. Pauli, p.15, n° 213). Sur le peu de souci que le chrétien doit avoir d’une postérité, voir Tertullien, Ad uxorem, I, 5, et Eusèbe, Demonstr. evang., 1, 9; cf. ci-dessous, p. 168.)

8 I. C. G., n° 548 A.Le supplément proposé vIM igais a besoin qu’on e justifie. Je le ferai en quelques mots. Les exemples de cette façon de dire sont en grand nombre. J’en ai déjà indiqué trois, d’après Orelli (nos 1002 et 1909) et les Recognitiones de saint Clément (vi, 9). J'en rencontre d’autres encore dans l'Octavius de Minutius Felix (XXXIv) et dans ce texte relatif aux persécutions de l’Église : « Quod postremo ac- « cidebat, cum per multum diem, decocta omni cute, vis ignis ad intima

ur

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