IN PACE BONE ME
MORIE DOMETIVS " QVI BIXIT PL MINVS
ANNVS XXXVII OBI
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D’après la comparaison des marbres qui nous son conous, cette inscription est postérieure à la fin du iv° siècle, par la forme, irrégulière au singulier, de l’abréviation conss, moins ancienne que cons et surtout que cos; elleest postérieure à 422, à cause d’obiit ; à 437 peut-être, à 503 plus certainement, par la croix gravée en tête de la première ligne. Elle ne semble point devoir remonter plus haut que 447, à cause de la mention d’un seul consul et de {a qualification vir clarissimus ajoutée au nom de ce dernier ; plus haut que 488, à raison de la longue formule initiale, fic requiescit in pace bonæ memoriæ ; plus haut que 491, par la présence de l’indiction ; plus haut que 514, à cause de l'emploi des mots plus minus; et le détail de la paléographie n’infirme en rien ces nombreuses données. J’ajoute que l’absence du nom de ceux qui ont fait faire la tombe, mention
dont je rencontre des exemples jusqu’en 470?, rend
1 J.C.G., n°613 À, —? Voir ci-dessous, p. 11, 21, 22.
probable l'attribution du monument à une basse époque,
| Restituons maintenant, dans notre légende, le nom du consul Mavortius, que j'avais omis à dessein; il reporte le marbre de Narbonne à l’an 327, et montre ainsi l'utilité pratique des règles dont je viens de faire usage, puisque leur application m’amène à seize années seulement en decà de la date réelle. Ces règles pourront souvent encore rendre d’utiles services, lorsqu'un monument présentera, avec des signes dont l’âge initial est connu, d’autres signes qui, comme les formules RECESSIT ?, DECESSIT, comme les chrismes Xe Ë l'À et
l'Ù, ne se montrent pas au delà d’une époque déterminée ,
Je viens de m’appuyer plus d’une fois sur des traits où je vois une marque d’antiquité : mention de ceux
1 I] ne sera sans doute pas superflu d’établir par une troisième épreuve l'exactitude d’un système où chaque pas est nouveau. Les épitaphes datées de la seule indiction m'en fournissent le moyen. J’ai dit plus haut (p. 26) que l'usage de cette note chronologique accuse, pour les marbres, une époque basse. Les inscriptions qui la présentent devront donc offrir en même temps les marques propres au dernier âge : absence du monogramme X, du nom de ceux qui ont fait faire la tombe, croix au début de la première ligne, mention du jour de la mort, début de forme banale et compliquée, mots bonæ memoriæ, obiit, plus minus, religiosa. Toutes ces particularités caractérisent, en effet, les épitaphes dont je parle. (I. C. G., nos 37, 83, 386,458 L, 465, 418 À, 483, 513, 523, 524, 532, 545, 551, 616 À, 624, 629.)
2 On n'oubliera pas exception toute locale que j'ai signalée pour le mot RECESSIT (ci-dessu:, p. 26, note 8).
8 J. Où G:; n°5 575 D et 5176 F.
qui ont fait faire la tombe, prétérition du jour de la mort, Il me faut en expliquer la valeur.
Nés en plein paganisme, les premiers chrétiens ont fréquemment, je le répète, suivi, pour rédiger leurs épitaphes, le type en usage au temps où ils vivaient, et les formules antiques ne s’effacèrent que par degrés {. Chaque phase de leur disparition marqué un progrès des âges. Pour qui veut reconnaître les caractères particuliers des marbres aux diverses époques, il est donc nécessaire de suivre et d’étudier l’épigraphie dans cha cune de ses transformations.
Nos légendes présentent quatre classes distinctes, dont le type se détermine ainsi :
Les premières inscriptions de la Gaule chrétienne sont, de toute évidence, les épitaphes du type païen qu'ont fournies Marseille et Aubagne 2,
Des acclamations dont je parlerai plus loin, l'antique monogramme T la brièveté, caractérisent les secondes ÿ,
La forme des noms, l'absence des mots BONAE MEMORTAE, Celle de la croix en tête des épitaphes, quel-
1 J'aurais cru devoir trouver dans le D. M. sigle de Dis Manibus tracé en tête de quelques marbres chrétiens, une marque d’antiquité. Mais si cette abréviation parait figurer à Marseille sur ane épitaphe de style ancien (n° 550), elle est jointe ailleurs (nos 361 et 470 B) à des formules qui accusent une basse époque.
2 I. C. G., us 548 A, 551 B, et ci-dessous, p. B2, 53. — 3 Voir p. 45, 21 et 18.
ques raisons historiques et artistiques !, nous mènent à une troisième classe, en permettant d'attribuer au iv° siècle ou au v° un grand nombre d’épitaphes sans date sorties des fouilles de Trèves et d’Arles ?, A Sainte- Croix-du-Mont, à Vaison, l'indication précise des années 405 et 470 Ÿ, à Lyon, à Vienne, à Sainte-Colombe, le défaut de formules banales 4, le mot RecESsIT 5, la forme des caractères 6 fournissent encore ou des marques certaines ou de graves présomptions d’antiquité. La dernière série de nos inscriptions est déterminée par des dates explicites du vi° ou du vire siècle, par des signes, des symboles qui, d’après mes relevés, suffisent à placer les monuments dans la même période chronologique. À ces textes appartiennent, pour ne point tout citer, les formules secondaires : H1G REQVIESCIT IN PACE, HIC REQVIESCIT BONAE MEMORIAE, HIC REQVIESCIT IN
1 Le style des riches sarcophages de marbre où se lisent deux épitaphes d'Arles montre l’ancienneté de ces légendes (1. C. G., nos 5417 et 525). Jamais, en Gaule, les belles tombes à figures ne portent les inscriptions que j’attribue à une basse époque, L'épitaphe du vre siècle, qui se lisait à la Gayole sur un monument de cette nature (no 629), y avait été ajoutée après coup, puisqu'elle n’était point portée sur un cartouche (cf, nos 517 et 525), mais écrite sur le bord, en une seule ligne, comme l'inscription de Fl. Memorius (n° 514). Dans un livre sur les œuvres d'art des premiers chrétiens de la Gaule, je rassemblerai d’autres preuves de l'antiquité de nos sarcophages.
2 Voir ci-dessus, p. 18, et ci-dessous, p. 119.
3 I. C. G., n° 591 et 496.—* Nos 50, 64, 438, 460 B, —5 No 460 B:
— 6 F pour F se trouve dans l’épitäphe d'une femme baptisée par saint Martin (Z. C, G., n° 412) et dans d’autres inscriptions dont les symboles ou les formules attestent l'ancienneté, (Voir ci-dessous, p. 41:)
PACE BONAE MEMORIAE, IN HOC TVMVLO REQVIESCIT IN PACE BONAE MEMORIAE, débuts qui se montrent vers la fin du v° siècle, et marquent comme une ère nouvelle dans les âges de l’épigraphie !.
Cette distinction faite, si j'examine les traits parti- : culiers à chacune des classes indiquées, je remarque sur les premières épitaphes les noms de ceux qui ont fait faire la tombe ; dans la quatrième série, cette mention fait défaut.
Parmi les signes d’antiquité que signale le savant de Rossi, dans les inscriptions chrétiennes de Rome, j'ai été heureux de trouver également la mention de ceux qui ont enseveli le mort?. Jusqu'en 408, elle se montre sur les marbres de la ville éternelle ? ; à compter de cette dale, et soixante ans avant que le même fait se produise dans notre patrie #, le style change et cette mention disparait”, Alors se présentent, comme plus tard pour la Gaule, les débuts de forme secondaire; l’épigraphie provinciale et celle de la métropole obéissent aux mêmes lois et marchent, pour ainsi dire, d’un pas égal.
1 Voir ci-dessus, p. 23. — 2 Jnscr. christ. rom.,t. I, Proleg., p. Cx. — $ Inscr. christ. rom., t. T, n° 585. — # A0 470 (I. C. G., n° 591). C’est le fait d’une règle dont je viens de parler, p. 30.
5 Sur les rares inscriptions romaines où se lit, après cette époque, le nom des survivants, il ne figure plus que dans la mention du contrat d'acquisition de la tombe (De Rossi, vol. cit., n°5 765, 9 Ce dernier point n’est pas rappelé dans nos inscriptions chrétiennes.
La mention du nom des survivants introduit dans les épitaphes, constitue donc une marque sérieuse d’antiquité.
Le fait s'explique de lui-même. Une classification, singulière surtout par son adoption générale, rapproche et groupe, dans les anciens recueils, les inscriptions païennes où figure le nom de ceux qui dédièrent les tombes. De là ces larges catégories des Affectus conjugum, parentum, fratrum, filiorum, que formèrent Smetius, Gruter, Muratori et ceux de leur école.
Pour les monuments de l’épigraphie, qui gagnent tant à être comparés entre eux, tout mode de classement, si naïf qu'il puisse être, a pourtant sa valeur. On le voit à l'index alphabétique de Séguier, simple table rangée sans méthode scientifique, et précieuse cependant pour la recherche de l’âge des marbres chrétiens par l’étude des formules initiales,
Le groupe sans fin des Affectus met en relief l’usage, général chez les païens, de mentionner sur les tombeaux les noms de ceux qui les firent élever. Les fidèles, pendant de longues années, ont donc conservé, sur cet autre point, la méthode antique. Mais l'épigraphie chrétienne proscrivait toute indication de la parenté terrestre; elle avait supprimé dès l’abord la mention patronymique directe !. Les noms des parents se montraient
1 Voir mon tome Ier, p. 126.
dans la formule familière aux gentils; le type définitif devait la repousser. Nous ne la trouvons point sur notre sol après l’an 470.
Je me résume.
Si des inscriptions sans date portent l'indication nominative de ceux qui ont fait préparer le tombeau, une probabilité fondée sur les résultats de la statistique ne permet pas de les faire descendre, pour Rome, de même
que pour la Gaule, au delà du v° siècle !; aux âges sui-
vants appartient le plus grand nombre des légendes où cette mention fait défaut. Nous acquérons ainsi, pour la classification des marbres chrétiens, un instrument dont l’exactitude est attestée par le parallélisme des épilaphes romaines et de nos propres monuments ?,
1 L’estime pourra devenir plus précise si l'inscription présente, en même temps que cette particularité, comme l’épitaphe de Gaillardon (Z. C. G., n° 575 D), des formules, des symboles, dont l’âge initial sera connu. (Voir ci-dessus, p. 22 et suiv.)
2 Pour la ville éternelle, les résultats de la loi que je viens de signaler seront plus précis que pour la France. Une ingénieuse distinction, due au savant M. De Rossi, détermine à Rome deux grandes séries d'inscriptions : celles qui appartiennent aux Catacombes, celles des sépultures qui plus tard s’agglomérèrent autour des basiliques ou dans leur enceinte. L'antiquaire romain, classant ses marbres suivant l’ordre des temps, montre qu'en 340 se présente pour la première fois avec toute certitude un monument de la deuxième série. (/nscript. christianæ urbis Rome, t. I, p. c1.) Je viens de rappeler qu'à Rome la mention des noms de ceux qui ont fait faire la tombe s'arrête à l’année 408. Ces deux bases fournissent, me semble-t-il, un moyen de classer dans un intervalle de soixante-huit années environ un grand nombre d’épitaphes romaines. En effet, lorsque, par des signes matériels qu’indique le savant antiquaire, une inscription tumulaire de Rome doit être attribuée aux ba-
D'ÉPIGRAPHIE CARÉTIENNE. 39
J’ai exposé ailleurs comment la forme des noms propres pouvait servir à classer dans l’ordre des temps les inscriptions sans date ; comment le vieux nom triple accusait, à mes yeux, une époque primitive!; comment les vocables empruntés à ceux des empereurs pouvaient parfois permettre de rattacher les monuments au règne de ces princes ?, A l’aide des nombreuses inscriptions chronologiques du sol romain, le savant commandeur De Rossi a pu étendre davantage l’application de cette sorte de règles. On consultera avec fruit les ingénieux aperçus qu’il apporte, pour l’histoire des noms aux premiers siècles chrétiens #, J'ai utilement appliqué à nos marbres plus d’une de ces observations. Les résultats acquis par l’antiquaire italien, ceux qui me sont propres, me permettent de maintenir mes premiers jugements et de poser en principe : que les éria nomina du vieux système romain accusent une haute antiquité *; que le nom double, peu usité du v°° au x° siè-
siliques, sa provenance ne parait pas permettre de la faire remonter au delà de 340. Si, d’un autre côté, ce marbre présente les noms de ceux qui l'ont fait graver, ce point interdit, d’après les enseignements de la statistique, de le faire descendre sensiblement plus bas que l’année 408.
1 1. C. G.,t. 1, p. 133, note. — 2? T. 1, p. 403. — 3 Jnscr. christ, rom, t. 1, p. CXIT, CXINT. — # Cf. ci-dessus, p. 19,
5 Cf. De Rossi, t. I, p. cx11. Nos marbres datés donnent, en 347 (n° 596): VAL.SEVERA, PAC . PATROCLVS; en 371 (n° 369) : PONTIVS ASCLEPIO- DOTVS ; en #47 (n° 35) : DECORA MERCVRINA. Le nom double ne s’y montre,plus à compter de cette époque. Les marbres-sans date qui le présentent (nos 64, 222, 223, 230, 252, 275, 320, 511, 519, etc.) offrent en mème temps les caractères qui accusent un âge reculé. Il est entendu
‘cle !, indique la seconde époque? ; que le nom simple, qui est de tous les temps, règne exclusivement dans le troisième et le quatrième âge; que les vocables germaniques n'apparaissent point sur nos marbres avant l’année 455 *; que l’antiquité des inscriptions d’un lieu donné est en raison inverse du nombre de ces derniers noms #.
Dans mon essai de classement chronologique des
que je réserve les noms doubles dans la composition desquels, par un usage qui s’est perpétué, Flavius figure comme prénom. (Cf. Du Cange, De infimi œvi numism. CG. XLIV; Cannegieter, De mutata nominum ratione, p. 8; L. Renier, Inscript. de l’Alg., n° 4066; De Rossi, Loc, cut.: mon tome IF, n° 405, etc.)
1 Voir tome IE, p. 450, ma Dissertation n° 609.
2 Je parle ici seulement au point de vue épigraphique. Si les noms doubles ou multiples ne se rencontrent point sur nos marbres après le ve siècle, il faut, en effet, se garder de croire qu'ils aient alors cessé d’être usités en Gaule. Au vie siècle, je trouve, dans notre histoire littéraire, des personnages nommés Magnus Felix Ennodius, Alcimus Ecdicius Avitus, Rusticus Helpidius, Securus Melior Felix, Georgius Florentinus Gregorius; au viie siècle, Audoenus Dado, L’appellation unique mentionnée sur les tombes gauloises de la même époque n’est donc peutêtre parfois qu'un nom diacritique, c’est-à-dire celui par lequel le mort était généralement désigné. (Voir à ce sujet Borghesi, Lapide Gruteriana, OEuvres, t. III, p. 503.)
3 No 610, inscription de Montady, Première Narbonnaise, On remarquera que le vocable teutonique gravé sur cette épitaphe se rencontre précisément dans la première province où les barbares se soient établis. Voici les dates auxquelles je trouve ensuite sur nos marbres des noms germaniques : 483; 486; 487; 488; après 490; 491; 500, 527, 591 ou 690 ; 501? 506; 510; 523? 527; 529 (ou 4867); 537; 538 ou 600; 541; 547; après 549; vers 560; vers 573; 582; 600 ; 606; 628 à 629; 643 ou 690; 676; vers 680. (Nos 448, 388 À, 379, 314 À, 556 À, 474 B, 388, 565, 374, 381, 31, 61, 390, 370, 373, 567, 616, 394, 467, 384, 209, 241, 611, 474, 397, 397 À, 586 A, 91, 199.)
k Voir mon tome IF, p. 358, et dans les Mémoires de la Société des Antiqg. de France, t. XX VII, ma Nofe sur le rapport de la forme des noms propres avec la nationalité, à l'époque mérovingienne.
inscriptions sans date, je ne saurais négliger les quelques éléments que peut donner la paléographie. Par la singulière variété de leurs caractères, nos marbres se prêtent en effet à des observations profitables, si l’on se garde de conclusions trop absolues.
Si j'écarte l'E (F), que j'ai mentionné pius haut, les lettres de forme exceptionnelle ne remontent point au delà des premières années du v° siècle.
D’après les marbres datés, les B, les E, les F, les P, les 4, les R, dont la haste dépasse les membres transversaux, comme dans l'inscription de Saint-Ferjeux?, se montrent en 485 ou 508, 502, 520, 547, 563, 600, 646 et 676235.
Le E carré paraît en 506, 534 ou 609, 568, 573? 602, 643 ou 690 #,
Je trouve en 487, 492, 527, 562, 571, 573 ? 600, 606, 646? le D tournant au A 5. La forme du A réel substituée à celle de la lettre latine se rencontre en 586 ou 587, 593 (ou 473??), 600, 646 ? 689;
1 P,35. Cette lettre se rencontre sur sept marbres, dont six (1. C, G., nos 50, 58, 412, 438, 575, 676) présentent d’ailleurs, par leur texte ou leurs symboles, des marques sérieuses d’antiquité, (Cf. ci-dessus, p. 22 et suiv.) La septième (n° 458 A) est un fragment trop petit pour se prêter à une appréciation raisonnée. Je trouve à Rome le même caractère sur une inscription chrétienne datée de 439 ou 472. (De Rossi, Znscr. christ. rom., t. 1, n° 847.)
2 I, C. G., no 680, — 3 Nos 434, 70, 633, 467, 466, 474, 4176, 91. (Cf., t. II, p. 574.) —# Nos 634, 556 CG, 616 Bg211, 397, 586 A. —5 Nos 474 B, 623,613 À, 461,432 B, 211, 474, 397, 416. —6 Nos 597, 620 A, 474, 476, 621,
L’é lunaire, en 527, 545 ou 605, 666 ou 667, 676 1;
L’h, en 405, 495, 534 ou 609, 545 ou 605, 531 à 561 ou 504 à 628? ;
L’L (L), en 501 et 6105;
L'M, en 527, 545 ou 603, 568, 676, 6894:
L’'N à barre diagonale n'atteignant pas l’extrémité des hastes, en 472, 492, 506, 515, 528, 559 et au delà * ;
L’O, plus petit que les lettres qui l’entourent, en 405, 448, 501, 510, 517, 600;
I? A après et vers 587, en 628 ou 629, 643 ou 690, 6897;
Le @ (Q) en 487, 494, 64678
L'U ou M en 534 ou 609, 568, 676, 689%:
L'U en 449, 501, 545 ou 605 !0,
Je n’ai marché, jusqu'à cette heure, qu’en me fondant sur les données fournies par des marbres datés. Il me faut oser davantage et tenter maintenant un nouveau pas sans recourir directement à cet appui.
J'ai dit plus haut qu’une mention fort rare sur Îles marbres des païens, celle du jour de la mort, devint fréquente dans les épitaphes des fidèles 11, Pour faire voir qu’elle ne fut point admise dans les formulaires
1 I. C. G., nos 613 À, 556 D, 450, 91. — 2 Nos 591, 538, 556 C, 556 D, 564 A.—3 Nos 67 et 61. —# Nos 613 À, 556 D, 616 B, 91, 621. —5 Nos 391, 623, 631, 492, 431, 405 A. — 6 Nos 591, 448, 67, 61, 36,
474. — 7 Nos 707, 397 À, 586 À, 621. — 8 Nos 181 À, 503, 416. — 9 Nos 556 C, 616 B, 91, 621. — 10 Nos 667, 381, 556 D. — 11 P, 13.
des premiers temps, je manque des précieux secours qu'auraient pu m'apporter des inscriptions à marques chronologiques. Mais si l’on admet que le style, les emblèmes de l’épigraphie aient pu varier avec les âges, il est un autre moyen d'appréciation. La série de nos marbres non datés où ne figure point le jour du décès est en même temps celle qui présente toutes les marques de l’ancienneté : indication de ceux qui ont fait faire la tombe 1, absence complète de l’indiction et presque absolue des mots BONAE MEMORIAE, qui caractérisent les monuments de basse époque?, noms empruntés à ceux des empereurs du 1° siècle #, emploi des débuts simples HIC IAGET, HIC IACET IN PACE#, HIC PAYSATŸ, HIC QYIESCIT, HIC QVIESCIT IN PACE, HIC REQVIESCIT, HIG REQVIESCIT IN PACE”, usage de l’acclamation vIvAT IN
1 J, C. G., n°5 64, 202, 320, 326, 344, 346, 347, 348, 399, 414, 460 À, 504, 506, 517, 518, 519, 520, 522, 525, 531, 533, 548 A, 551 B, 591, 621 C; plus 65 inscriptions de Trèves. (Cf. ci-dessus, p. 11, 21, 22.)
2 Cette formule, qui selit cent vingt-trois fois en Gaule, ne se rencontre que sept fois sur les marbres où le jour de la mort fait défaut. (I. C. G., nos 45, 59, 71, 468, 535, 568, 602.) Quatre de ces monuments ne nous sont connus que par des copies anciennes, dont trois au moins semblent incomplètes (nos 59, 568 et 602); les originaux portaient peut-être donc la mention qui nous occupe.
3 J, C. G., nos 295, 296, 297, 298. (Voir mon tome Ier, p. 403, et Dé Rossi, Zuscr. christ. rom., t. 1, p. CxII1.) — * Nos 16, 18, 48, 222, 230, 230 À, 235, 236, 237, 239, 240, 247, 249, 259, 255, 263, 271, 281, 291, 355, 420, 422 À, 440. — 5 Nos 265, 273, 546. — 6 Nos 224, 251, 243, 254, 256, 264, 274, 279, 282, 290, 292, 294, 296, 301, 321, 338, 346, 348. — T Nos 38, 203, 362, 399, 401, 408, 414, 416, 418, 419, 424, 427, 439, 441, 466.
(22 MANUEL pEo !, noms? et formules # antiques, symboles primitifs de l’Ancre, du Poisson#, monogrammes du Seigneur *. Les localités où se trouvent nos plus vieux monuments chrétiens sont de même celles qui possèdent le plus de marbres où la date de la mort fasse défaut : Trèves, dont les quatre-vingt-dix-huit épitaphes ne donnent que six mentions de l’espèce 6, Vaison”, Arles, Marseille”, Aubagne !, Sainte-Croix-du-Mont !!, Bainson et Sivaux !?,
Un très-petit nombre d’exceptions m’empêche de chercher, dans le point.que je signale, un criterium absolu ; mais le nombre considérahle des preuves qui en