ALLELUIA
(r. pi. YIII.) Inédites. Église Saint-Pierre, aa Dorât.
Ces deux inscriptions décorent deux portes de l'ancienne collégiale du Dorât. La première suit le contour des deux arcades qui subdivisent la porte occidentale* Les claveaux des deux cintres , au nombre de vingt-neuf,
450 INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (m» siicLf.
ont reçu chacun une ou deux lettres. Cette inscription rappelle d'une manière assez ingénieuse que la collégiale était sous Tinvocation de saint Pierre. Au-dessus de cette inscription, on en lit une autre qui a fait beaucoup plus de bruit ^ malgré sa brièveté : c'est la date 501 , inscrite en chiffres arabes dans un cartouche. Au xvii* siècle, les chanoines du Dorai, pour s^exempter de quelques droits seigneuriaux , prétendirent ne relever que du roi , par suite d'un privilège accordé par leur fondaleur* Cette inscription aurait-elle eu pour but de faire croire que l'église actuelle datait de celte époque ; ou n'y faut-il voir que le jeu d'un ciseau érudit qui voulait consacrer, pour renseignement du public, une vieille et vague tradition? Dans tous les cas, l'exécution fut malheureuse. On sait que l'emploi des chiffres arabes ne date que de la seconde moitié du xii^ siècle ; ce serait , selon quelques auteurs ; l'époque de la construction de cette partie de l'édifice. La forme moderne des chiffres ne nous permet pas de croire qu'ils soient contemporains de cette construction; ce serait le plus ancien exemple de leur emploi régulier.
La seconde inscription est gravée, à l'extérieur de réglise, sur le linteau triangulaire d'une porte latérale débouchant dans la chapelle, aujourd'hui détruite, de Notre-Dame-de-Lorette ou des Jarris. Les quatre mois : reXflux, leXfpax, sont inscrits sur une croix en con\ergéant tous vers le centre ( V. le dessin ) ; de telle sorte que rx inscrit au centre les termine à la fois.
MM. Robert nous apprennent (Mss. de la biblioth. de Poitiers ) que cette inscription se terminait ainsi : Ànno Damini 1013 incoata fuit ecclesia sancti Pétri scatoriensi$ qud atUea cremata fuerat per tnagnalenses.
Ànno 1 075 quinto idus octobris vacante $ede Lemofmensi ,
(xu* SIÈCLE.) INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. 431
Philippo rege Francorum régnante comecratum fuit majus aitare in honorem beatorum aposlolorum Pétri et Pauli a rêverendo pâtre Lexwiensi episeopo.
La collégiale du Dorât , après avoir été brûlée par les habitants de Magnac, fut reconstruite de 1013 à 1075.
On ne peut douter de la sincérité des érudits auxquels nous devons ce renseignement; cependant cette inscription présente plusieurs difficultés :
1"" Les dates sont en chiffres arabes pour une époque antérieure à leur emploi ;
2"" Selon plusieurs antiquaires» l'église du Dorât tout entière ne date que du xii* siècle.
Mais ces difficultés ne sont pas insolubles. If If. Robert n'ont voulu donner que le sens de l'inscription et non un fac-iimile rigoureusement orthographié. Nous en avons la preuve dans Tinscription elle-même. Ces deux savants lisent sur le linteau : Domum istam tu protège^ Domine y et cngeli tui custodes ejus. La pierre montre : Cwtodiant muroi ejus. En second lieu , malgré l'homogénéité de style de cet édifice , est-il possible qu'une aussi vaste construction avec crypte et collatéraux , quatre petites tours et deux grandes^ ait été achevée en un quart de siècle? Un examen attentif y fait reconnaître des reprises nombreuses, et on peut» sur l'appareil, compter tous les temps d'arrêt. Nous avons découvert une inscription que nous rapportons plus loin, et qui semble marquer une de ces haltes des architectes. Vers 1071 , le tombeau de saint Angilbert fut reconnu par saint Gervin aux quatre mots gravés sur le pavé : rexj leXf lux, pax. Nous ne donnons que comme un fait curieux cette concordance de dates et d'inscriptions {Àct. SS., t. I, Mart., p. 287). La question de la date de l'édifice reste donc entière , et nous en ferons l'objet d'un travail particulier.
452 INSCKIPTIONS DU LIMOUSIN. (xir siècle )
(69) HIC REQUIES.
Inédite. A Saint-Pierre du Dorât.
Celle inscripUon est inscrile, à fleur de terre, sur la paroi extérieure du mur nord du transsept méridional de l'église Saint- Pierre; elle est gravée sur une grande dalle, à égale distance des bords qui lui forment une marge régulière et de grande dimension. Cette disposition prouve qu'elle est entière et qu'elle forme un sens complet. Estce Tindication d'une sépulture? Le mur, en celle partie, porte les traces d'un temps d'arrêt; on peut donc y voir un souvenir de la suspension des travaux, et nous adopterions volontiers cette dernière opinion. Au reste, la forme des caractères accuse bien l'époque romane. — L'abbé Nadaud lisait ici : Hicnaquies^ qu'il traduit: Hic no$tra quie$. Au Dorât, on interprétait de son temps, c'est à-dire vers 1 770 , Hic jacent comités.
Incertaines. — Antérienres an gothique.
ARA CRUCIS TUMILIQUE CALIX LAPIDISQUE PATENA
(7wmu{t.) SINDONIS OFFICIUM CANDIDA BISSUS HABETO