LAMBERTUS ME FECIT
Inédite. Legros.
Dans la sacristie de l'église Me la Souterraine se conservait une table de marbre longue d'environ 1 pied et large de 8 pouces. Par-dessus était une croix d'argent, et autour était gravée sur le métal l'inscription rapportée plus haut.
C'était évidenmient un autel portatif. On croyait , à la Souterraine > qu'il avait été à l'usage de saint Martial
(Ui* SIÈCLE.) INSGRIPTCONS DU LIMOUSIN. 455
L^abbé Legros se donne beaucoup de mal pour prouver que cette atlribulion n'élait pas fondée. Les vers sont empruntés à des auteurs du xi* siècle ou du xii% Marbode ou Hildebert du Mans ; Lambertus est un nom teutonique de beaucoup postérieur à l'époque gallo-romaine; enfin, Tusage des autels portatifs est beaucoup moins ancien.
Celte raison dernière nous paraît un peu hasardée. Quant aux deux autres, elles prouveraient tout au plus que la monture de l'autel était relativement moderne. — Nous n'en inscrivons pas moins ce fait curieux, en réunissant le nom de Lambert à celui de nos vieux orfèvres romans. On sait que leurs œuvres, si remarquables et si admirées aujourd'hui , sont presque toujours dépourvues de signatures.
+ XVII KL' IVLII DE OOMPSIT ACVARNVS
' ICalendas.
HABC IN HONORE SACRiE CELE. . . . AE DEÇUS O METUENDE D(ea)S.
Inédite. Église de Chamboraiit.
Ces deux fragments d'inscription sont gravés sur une pierre calcaire brisée qui a dû servir d'autel. Le premier fragment est tracé sur le plat de la pierre, et le second sur la tranche. Les caractères appartiennent tous à l'aiphabet romain, à Texception des C, qui sont carrés. Les lettres sont enlacées ou renfermées les unes dans les autres. Tous ces caractères assignent bien l'époque romane à ce fragment; mais cette classification le [colloque en de trop larges limites. S'il fallait restreindre cette
434 INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (xii* siècle.
dale, nous dirions que ce fragment est antérieur an xii' siècle. L'emproi des AE , la forme des vers , le style delà date^ aussi bien que la tournure des caractères, concourent à reculer sa date. Cet ACVARNVS, dont nous trouvons ici le nom pour la première fois, y figure-t-il à litre de sculpteur ou de consécrateur? Nous rignorons. Le Limousin, dont nous étudions d'assez près les Annales, ne nous fournit aucun nom semblable. Ce fragment reposait sous le mattre-autel de l'église actuelle. Des fouilles opérées en ce lieu feraient peut-être retrouver le reste.
HIC JAcaîrr dominus gulpherius de turribus n
DE NEXONIO . ET DOMINUS GUIDO ET GULFERIUS FI- LU EJUS ET GENUS SUUM , QUI ELEGERUNT AD OPIS SUI ET SUORUM SEPULTURAM. ANIMiE EORUM FER MISERICORDIAM DEI REQUIESCANT IN FACE
« Baldric , abbé de Burgueil , dit ce qui suit de Gouffier de Las Tours au siège de la ville de Marra. Les Turcs et les Sarrasins étant en défense , et avec de grands cris s'encou rageant les uns les autres , personne n'osaii monter... La force des Sarrasins semblant infatigable. Gouffié de Las Tours , homme d'un haut lignage et d'un courage merveilleux , natif du Limosin , s'avança hardiment et monta jusqu'au haut des murailles » et quel ques-uns après lui, toutefois peu, parce que Véchello se mit en pièces; ils débusquèrent les infidèles.,.., et cette ville opulente de Marra fut prise l'onzième décembre, sur le soir. Aux chapelles basses du Chalard, qui sont sous terre, est un tombeau en vase; la pierre de dessus fort
(xif giÈcLB.) INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. 459
blanche , telle qu'au païs n'y en a de semblable , de sept pieds de long et quatre de large; épaisse de dix pouces , entourée de tours , de roses et de fleurs de lis : au-des^ sus un homme armé , gravé , ayant un écu et dedans trois tours et fleurs de lis, à ses pieds un lion; à côté une femme , à ses pieds un serpent de la grandeur du lion à peu près, et il y a écrit autour (Tépitaphe rap portée plus haut). » ( Bonao. de S. Àmab., m , 429. )
Selon nos chroniqueurs limousins, le lion et le serpent figurés sur cetoml)eau rappelaient un exploit merveilleux de Gouffier. Un jour, dans une de ses excursions au pays d*outre-mer^ il fut attiré par les rugissements d'un lion qu'enlaçait un serpent monstrueux. Son épée délivra le lion , et cet animal reconnaissant s'attacha à ses pas comme un chien. Il lui était grandement utile à la chasse et à la guerrow Au retour , les matelots effrayés n'ayant pas voulu le recevoir, il suivit le vaisseau à la nage, jusqu'à ce que, ses forces l'abandonnant^ il pérît dans les flots. (Cf. la chronique de Geoffroi du Yigeois, ap. Labbe, ii, 293.)
Le contexte et les armoiries figurées sur cette tombe prouvent qu'elle était de beaucoup postérieure à la mort du guerrier dont elle recouvrait les cendres.