‹ Manuel d'épigraphie, suivi du recueil des inscriptions du LimousinChapitre 55 sur 172 · EST HIC VIR GRATUS VERMIBUS ESCA DATDS · texte numérisé non relu

EST HIC VIR GRATUS VERMIBUS ESCA DATDS

HIC APDD USERCAM JÛTRAM TULIT ARDUTTATIS,

A CLUSA PER QUAM CREVIT HONORE SATIS.

HUNC DEDS AD SUPEROS ABBATEM PERFER HELIM

QUI POSr TE MISERANS PILffiCIPIT IRE VIAM.

Cette épitaphe , gravée sur cuivre , se lisait h dëé la porte latérale de l'église d'Obasine, qui donnait dansk cloître; elle rappelait la mémoire d'Hélie, vingtièo? abbé d'Userche, enseveli dans ce lieu. La nature mèliilique de ce nécrologe a provoqué sa ruine. N'écrivonrien sur l'airain; il est moins solide que la pierre paitï qu'il a plus de valeur. On en verra une triste preuve ao chapitre des inscriptions du xvii' siècle.

NOSTRI PATRONI SUNT HIC QUORUM DEUS OSSA SIC VOLUIT PONI SUB EADEM CÔDITA' FOSSA NOSTER AB HOC EMIT' LOC'' ALTERIUS FABBICATUR NUMMIB EOCLESIA REDDAT Sœi VIRGO MARIA QUÏVIS' EXIGUO TUMULO ' QmmvU.

' Condita, Emtur lottti.

XIII* siàGLÇ.) INSCRIPTIONS DD LIMOUSIN. 175

FRATRES DUQDENI SUNT

OONn|nii)0 FAMA VIRTUTEQ * PLENI * rtriulegi

(an)NO DNI * M ce XL PRIMO (pri)DIE NONAS SEPTBflfBRIS OBUr DNS ADORIC^ ' PALMUZ ' InmriciM.

CANONICUS DAYRATEN HmratmMu.

ET HUJUS LOa EMPTOR ANNO DNI M ce XLVU PRIDIE YDUS APRIL OBIIT DNS GUILLEL M^ DE MALMON QONDÂ * ARCHIDIA ' Ouofidom.

eON^ LEMOVICENSIS QUOR AIE Qwmm antiw«.

REQUIESCANT T* PACE AMEN » In.

(F. pi. XIX.) Inédite. Aux Jacobins de Limoges.

Un tailloir de pilastre roman est orné d'une frise élégante de répoque de transition. A l'angle, une tête mord les bouts d'une double guirlande qu'un bras retient à l'extrémité. Des fleurs de lis romanes, toutes de différentes formes , s'y opposent dans les enroulements gracieux d'une tige commune. Qu'un archéologue ait à dater . ce fragment , il assignera sans hésiter le xii* siècle. Et cependant une inscription tracée sur le plat de la pierre est datée de 1247. La contradiction n'est qu'apparente, ou plutôt elle est réelle : c'est un débris du monument roman utilisé pour une tombe gothique. Nous en avons vu un autre exemple non moins curieux. Le jardin de M. Juge a longtemps conservé un zodiaque du xir siècle, portant au revers des débris de sculptures de l'époque romaine. Dans l'exemple présent, le sculpteur n'a pas été tenté seulement par la facilité de la taille d'un calcaire rare à Limoges; un soin plus pieux a inspiré son œuvre. Une église romane fut transportée à plusieurs centaines

ne INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (xm* siècle.)

de toises dans un déplacement de monastère; un de ses débris servit de tombe aux fondateurs généreux qui payèrent la construction nouvelle et le terrain qu'elle occupa. L'histoire de cette pierre a donc deux phases ; en voici le troisième chapitre.

Elle servait de tablette au mur d'un jardin de la rue du pont Saint-Martial ; une partie de la pierre était même engagée dans la clôture des lieux d'aisances. Le propriétaire , M. Partonneaux, a bien voulu la céder à nos sollicitations et à la demande zélée de H. Maurice Ardant. Elle va reprendre une place d'honneur à l'entrée de l'église des Jacobins, aujourd'hui église paroissiale de Sainte-Marie. Ces signes consacrent en effet le souvenir des deux fondateurs de ce monument.

En 1 21 9, les frères prêcheurs s'étaient établis à Limoges au delà du pont Saint-Martial , dans une maison édifiée sous la direction de Jean Bot^ bourgeois de Limoges. Mais ce site éloigné n'allait guère aux travaux de leur ministère. Us songèrent à se rapprocher de la population agglomérée , « et lors les religieux de Saint-Dominique achetèrent un lieu, en la paroisse de Sainl-Michel-de-Pistorie , d'Hélie de Baxagiers et de ses neveux , au prix de six mille sols, dont les lettres sont datées de Tan 1239. El la place est nommée à la croix do Manigne , et Gérald de Frachet était lors prieur du monastère. Et comme il était en peine de payer cette somme , Aimery Palmut , chanoine du Dorât, la paya disant ces paroles aux Frères : ce Notre-Seigneur et la sacrée Vierge Marie soient vos patroM : pour moi , je me tient bien heureux d'être leur serviteur. »

« En 1241, et le second d'avril , Durand, évêque de Limoges , fonda la nouvelle église des frères prêcheurs. Ayant démoli l'ancienne chapelle dans laquelle voulaient

fiiif SIÈCLE.) INSCRiPTlONS DU LIMOtôlK. 47T

demeurer les matrones du château » ce que les bourgeois de la ville et de la cité empêchèrent , on porta les matériaux au bâtiment de la nouvelle église , et on y transféra les corps ensevelis en ladite chapelle. »

Cette translation de matériaux explique l'ornementation semi-romane de la tombe qui nous occupe, et la présence dans une église du milieu du xiii* siècle de chapiteaux de style roman ; mais reprenons le récit de l'annaliste.

« L'an 1241 , Aimery de Palmut^ patron , étant tombé malade , prit l'habit de l'ordre pour en être le frère , et fut assisté de quelques pères dominicains > entre les mains desquels il expira au Dorât. On porta son corps à Limoges, et les Pères du chapitre provincial lui vinrent au-devant avec les frères mineurs. Et il fut mis en dépôt dans l'ancienne maison , où ils demeuraient encore. Il donna vif ou mort la somme de deux cents marcs d'argent.

» Guillaume de Maumont, chanoine et archidiacre de Limoges, oncle de Gérard deFrachet^ second prieur, donna par son testament une somme suffisante pour bâtir deux voûtes au chef de l'église, et il fut enseveli devant le chapitre , l'an 1247 , le douzième d'avril.

» L'an 1253, on changea le corps d' Aimery Palmut auprès de la porte de l'église, du côté du cloître, et au même lieu le corps de Guillaume de Maumont. » {Bonm. deS.'ÀmaUe, m , 544-45. )

Selon le récit d'un contemporain^ ce fut une apparition de la Sainte Vierge qui détermina Aimery Palmutz > chanoine du Dorât , à venir si généreusement en aide aux frères de Saint-Dominique, au moment de leur plus grande détresse*

178 INSCRIPTiOm DU LIMOUSIN. (xiii* siècle, i

Nadaud et Legros voient dans la première et la seconde partie de celle inscription le souvenir de deux sépultures différentes. La première serait consacrée au souvenir des douze religieux {fratres duodeni) qui fondèrent lo couvent des frères prêcheurs de Limoges, et dont les ossements furent transférés avec l'église rapprochée du centre de la ville. Voici les noms de ces religieux et la date de leur mort : Pierre Philippe, 1225; Pierre Galli, diacre; Garcie Navarre, 1230; Paul, 1235; Aimeric d'Astix, 1225; Robert, 1235; Bernarde Lejuge, prêtre et prédicateur, le 2 mai; Gérard Lavergne l'ancien, clerc ci-devant au service du roi, le 24 juillet; Gérard de Vermeil , A août 1 230 ; Jean Nicolas ; Gérard Lavergne le jeune, 1230; Etienne Dieudonné, 1240.

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