‹ Manuel d'épigraphie, suivi du recueil des inscriptions du LimousinChapitre 68 sur 172 · TUS · texte numérisé non relu

TUS

Aa priearé de Saint-Martin , à Brives.

Cette inscription appartenait au xm* siècle. Le pieux et joyeux sacristain qu'elle recommande n'a pas laissé d'autre trace de son souvenir.

HIC srrus est fr. g. de. sïô valeriço

SUBVENIAT MATER CHRISTI PIETATIS AMICO GRATIS, AMANS, HUMIUS, CHRISTI FLORES JUVE-

[NILIS OBTULIT .«TATIS , SUSCEPTUS IN ORDINE GRATIS IN MATUTINO MEDIO . PLACUTT QUOQUE TRINO , AC XJNI DOMINO , TEMPORE SEROTINO.

SIC UBI OOMPLEVrr ANNOS TER IN ORDINE QUINOS ET DECIES TRINOS , MORIENS IN PACE QUIEVIT

Inédite. Nadaud.

Cette épitaphe prétentieuse se lisait aux Jacobins sur la tombe d'un prieur de cette maison.

206 INSCRIFl'IONS DU UMODSiN. (xhi< aitCLF.)

+ CUR MALE VIVIS HOMO t SI SCIRES KXPERIMENTO QUiE MERCES JUSTO. QUiE PJESA PARATUR INIQUO, CORRIGERES ACTUS , LACRYMIS DELENDO REATUS.

DEl' DEUS HELLE CiELESTIA PASCUA YHM

Prieuré de Saint-Martin à Brives.

Les caractères de cette inscripUoni accusaient le xiir siècle. On ne sait rien du personnage si judicieusemenl recommandé aux prières des fidèles.

H* JAÇET PNS GUILLS ' BAUDOINI 'Dominus Guillelmus, Inédite» Cathédrale de Limoges.

Au niveau du pavé de l'église romane que devait remplacer la cathédrale gothique , était placée une tombe longue de six*pieds. Elle a été trouvée dans des fouilles récentes. Un trait y figure un calice à large coupe ^ une patène et un livre. Au-dessous de ces emblèmes résenés aux chanoines qui servaient Dieu par l'offrande du saint sacrifice et par la récitation de Yofàce public , on voit une épée, un bourdon et une pannetière. Le pieux chanoine enseveli dans ce lieu avait donc fait le pèlerinage des saints lieux. Peut-être avait^il servi Dieu dans un ordre militaire consacré à leur défense. Nous avons assisté à l'ouverture de sa tombe. Sous la dalle étaient des terres mêlées d'ossements humains. Le tout recou vrait une sorte de caveau de même grandeur , formé de pierres plates. Le défunt y reposait les pieds à Torient. Dans son crâne des infiltrations calcaires avaient formé

(iir SIÈCLE.) INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. 207

des Stalactites longues d'un poaœ. Aucun débris de vêtements ne s'est troavé parmi ses cendres.

+ me l lACEl I DOMINUS :

BARTHOLOMEYS : DE PLATHEA : PRESBITER QVI : OBIIT : DIE : FES T(iYltatiB) V(irgiDis) M(ariae) ANNO DNI

M CGC

PORTALI DE CANALICIS S. CIRIC^ET S. JULITA MATER EI^ S. MCIAL S. BTHOL-

OMEVS S. AMANDV8.

[K le frontispice. ) Inédite. Église de Cbénerailles.

Ces inscriptions se lisent sur un tombeau de Téglise de Cbénerailles. On nous permettra de transcrire la description que nous en avons donnée dans les Annalet archéologiquet. On y trouvera une preuve de l'utilité des inscriptions en apparence les plus insignifiantes.

Ce tombeau a trois pieds de hauteur sur une largeur d'un pied Qt demi.

L'église de Cbénerailles (Creuse) forme un carré long partagé en quatre travées sans piliers. La porte, ouverte latéralement au nord, est décorée , suivant l'usage de Tarcbitecture limousine y de voussures concentriques en retraite > supportées par de minces colonnettes coiffées de chapiteaux à crochets. Les nervures fines et légères de la voûte s'appuient sur des consoles à fûts grêles et tronqués. Chaque travée est percée d'une longue et étroite fenêtre plein*cintrée. Tous ces caractères

208 INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (xif «*cle )

bien positifs accusent en Limousin la seconde moitié du xiii« siècle. Notons aussi que l'église est sous rinvocatîon de saint Barthélemi ; on va apprécier l'importance de ces renseignements.

Le tombeau est engagé dans la troisième travée du mur méridional, à 2 mètres environ du pavé. Il est taillé dans un seul bloc de calcaire. Un cadre d'architecture embrasse les personnages, hauts en moyenne de quinze à vingt centimètres. Entièrement détachés du fond, ils se distribuent, au nombre de vingt-sept, en trois scènes superposées. Nous suivons l'ordre logique en commençant par le haut relief inférieur.

Un prêtre , revêtu de ses ornements sacerdotaux , est couché sur un lit funéraire que décorent des arcades trilobées. Les mains sont jointes sur la poitrine. Sa tête sereine, mais endormie par la mort, repose sur un riche coussin. L'absoute , qui clôt la cérémonie des funérailles, vient de finir. Un clerc vient d'adresser comme un dernier adieu dans le chant du Bequiescat in pace. L'assistance entière, prêtres et parents , défile pour jeter sur ce corps gardé par la religion Teau qui purifie. Selon l'ordre du Rituel, l'officiant, vêtu de l'amict, de l'aube et de rétole, marche en tête du funèbre cortège. Précédé par le sous-diacre portant la croix et le bénitier, il va tremper dans ce bénitier un aspersoir formé d'une petite gerbe d'épis. L'attitude du (.élébrant est grave; sa douleur est contenue , comme il convient à l'homme qui a mission de prier sur les tombeaux et de consoler les survivants. Plus jeune , mais mûri par l'expérience de la douleur, le diacre qui le suit laisse lire sur ses traits une affliction plus vive. La tête s'incline comme si elle succombait sous le poids de son émotion. Deux JQjunes clercs.

(xir SIÈCLE.) INSCKIPIIONS DU LIMOUSIN. 209

faisant foncUon d*acolyles et portant des chandeliers , les suivent. Ils se détournent pour regarderie mort; mais leur physionomie trahit moins l'attendrissement qu'une naïve curiosité. Enfants encore, ils sont plus étonnés qu'émus à la vue de ce spectacle lugubre. Entre eux , marchent deux femmes, probablement les sœurs du défunt. Vêtues avec la simplicité du deuil , le visage enveloppé par une sorte de guimpe, elles joignent douloureusement les mains et se retournent avec angoisse pour donner un dernier regard à celui que la tombe va désormais leur cacher. Enfm, aux pieds du défunt et comme appuyés l'un sur l'autre, un homme et une femme semblent étrangers à tout ce qui se passe à Tentour ; ils paraissent ne lire que dans leur cœur. L'homme, vêtu d'une robe que recouvre un manteau à capuchon , laisse tomber sa tête sur sa main droite. Sa main gauche^ cachée sous son manteau, semble presser son cœur comme pour en contenir les battements. Les mots nous manquent pour louer convenablement la grâce exquise , la variété d'expressions, la finesse de sentiments qui respirent sur toutes ces petites figures. Les hommes impartiaux reconnaîtront Tart ingénieux avec lequel est composée celte scène si difficile à rendre. Les draperies sont jetées avec une simplicité pleine de vérité, d'élégance et de goût. On notera la forme du bénitier, du goupillon, des vêtements sacerdotaux. Le défunt est couvert d'une longue et souple chasuble ronde , relevée sur les côtés pour livrer passage aux mains. L'étole et le manipule, longs et étroits, et le collet de la chasuble, sont semés de quatrefeuilles ou trèfles lancéolés. Tous ces détails si imperceptibles sont finement exécutés.

Au-dessus de cette scène , un gracieux petit ange dé-

210 INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (ur siècle.)

roule une large banderole sur laquelle on lil , en caractères du xiii' siècle et sculpté en relief :

+ fflC : JACET : DOMINUS :

BARTHOLOMEVS : DE PLATHEA : PRESBITER :

L'inscription se termine» dans la partie inférieure , par ces mots (disposés sur trois lignes, comme la précédente, mais avec des blancs) qui nous font connaître la date du décès du défunt et l'âge du monument :

QVI : OBirr i DIE ! f FES

T. (i) Vo M -, (Virginia Mariœ) ANNO : DNI :

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