‹ Manuel d'épigraphie, suivi du recueil des inscriptions du LimousinChapitre 78 sur 172 · XX» V · texte numérisé non relu

XX» V

laédite. A Mortemar.

Une transcription opérée en temps utile nous permet de restituer cette inscription tout entière.

HIC JACET REVERBNDI8SIMUS IN GHRISTO PATER ET DOMINUS DOBnnUS PETRUS, PKfiFULGIDUS SCIENTIA , MORIBUS ET SANCTITATE DECORATUS^ QUI FUIT EPISCOPUS AUTISSIO- DORENSIS ET VIVARIENSIS, AG SAGROSANGTiE ROMAND EC- CLESLB PRESBITER CARDINAUS ORDINATUS; QUI DE MOR- TUOMARI SUAM ORIGINEM TRAXIT , ET IN PRiESENTI U)CO

228 INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. («?• siècle.)

UBI FUIT THATUS, EST SEPULTUS- IN QUO LOGO TRES ORDI- NES FUNDAVIT SCILICET CARTUSIENSES , AUGUSTINENSES ET CARMELITAS, ET UNUM HOSPITALE AD RECIPIENDOS PAUPE- RES, ET GERTUM NUMERUM PUERORUM INSTRUI ORDINAVIT ; ET OBIIT IN DIE VENERIS SANCTA XVIIJ MENSIS APRILIS , HORA NON A, ANNO DOMINI MCGC** XXXV°.

Les auteurs ne sont pas d'accord sur le nom de famille du célèbre personnage dont celle épilaphe garde le souvenir. Selon le P. Bonavenlure de Sl-Amable, il était de l'illustre famille de Rochechouarl-Mortemar. S'il faut s'en rapporter à l'abbé Lebeuf , qui puise ses renseignements dans un auteur presque contemporain, il était d'une famille médiocre; son véritable nom était Pierre Gouîn , qu'il latinisa en celui de Gcdtuini ou Govani» Son père était un simple habitant du village de Mortemar , et ce fut par le nom du lieu de sa naissance qu'il se fit connaître plus communément. Lebeuf ajoute que sa mère était de la même province , mais d'une origine plus illustre que le père , puisqu'elle était issue de la noble famille de Baignac , entre Bellac et Saint-Bonnet. Ce dernier fait semble ne pas confirmer ce que dit cet auteur de l'obscurité de sa condition. (Cs. Bonav., m, 585 et 622; et Lebeuf, HisL desévêq. d'Àuxerre^ i, 501, édiU Quantin.)

Si le nom du cardinal Pierre est douteux , ses bienfaits sont incontestables ; la fondation de trois grands menastères, l'établissement d'un hôpital et d'un collège où douze écoliers pauvres devaient être gratuitement élevés et nourris^ sont autant de titres durables à la reconnaissance de la postérité. Le bourg de Mortemar malheureusement n'a pas eu assez d'importance pour faire preuve de reconnaissance. L'ancienne église paroissiale, dédiée à

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saint Hilaire, et qu'on conjecture avoir apparlenu à la chartreuse, est en ruines; la porte principale est seule encore debout. Le grand couvent des Carmes abrite une brigade de gendarmerie ; faute d'entretien et d'emploi , il lombeen ruines; l'église des Augustins est devenue l'église paroissiale; une petite partie du couvent est transformée en presbytère. Quant à la tombe élégante et relevée de terre du bienfaiteur de ces lieux, elle a péri avec l'église qui l'abritait. La disposition de cet édifice était fort curieuse. Cette église, nommée le Moûtier, reliait les deux églises des Augustins et des Carmes, bâties parallèlement Tune à côté de l'autre. Le Moûtier, où était enseveli le cardinal, allait d'un, sanctuaire à l'autre. Vivant, Pierre de Hortemar pouvait ainsi assister en même temps aux prières des deux communautés qu'il avait fondées. Après sa mort , les voix des religieux des deux ordres se réunissaient sur sa tombe.

L'épitaphe que nous rapportons , inscrite sur une pierre calcaire , était brisée et servait de dalle dans le grenier d'une maison du bourg. Tous les fragments n'ont pu être retrouvés. Nous devons ce qui a été sauvé à M. de Béon. H a bien voulu l'accorder à notre demande. En 1820, tombeau etépitaphe, tout était en place; une transcription faite alors s'est trouvée d'une entière exactitude et nous permet dé restituer les lacunes en toute assurance. Cette épitaphe prouve , contre le doute émis par Lebeuf, que le cardinal était bien fondateur des maisons religieuses qu'on lui attribue. D'autres témoignages non moins positifs et très-nombreux rendent cette assertion incontestable. Nous regrettons que, pour se donner gain de cause , Lebeuf ait mutilé cette inscrip-

250 INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (xiv siÈriE.;

lion. Nou$ recommandons celte rectiûcalion historique a ses savants éditeurs, MM. Cballe elQuanlin.

Mortemar , situé au pied des montagnes, occupe une plaine marécageuse qui doit son nom à cette circonstAuce { Mortuum mare); Hortemer, dans une foule de titres.

Les caractères , beaux et réguliers , appartiennent exceptionnellement au gothique carré-

me JACET AYMERICUS DE MOTHA CUONDAM PRIOR ARTIGIE, CUJUS ANIMA REQUIESCAT EN PAGE. AMEX. OBIIT m ID. DECEMB. ANNO DNI MCCC XLVH.

Inédite. A f Artige.

Ces simples mots , gravés sur une tombe dans la chapelle de la Vierge, aujourd'hui de Saint-Laurent, au monastère de l' Artige , indiquent la sépulture du quatorzième prieur. Il tint un chapitre général et prolongea la durée de cet ordre rigoureux que la commende devait faire périr.

HUJUS CANONICI SEDIS, PIETATIS AMICI TE DIRE iEDRONAY MISERERE PRECOR NICHOLAY DE PODIS DICn FULCONIS, JAM NECE VICTI.

PRUDENS , DISCRETUS , HUMILIS, FUIT IPSE QUIETUS, ILLUSTRI NATUS DE SANGUINE, VIR MODERATUS, PLURIBUS ORNATUS TITULIS, BENE MORIGERATUS.

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