HEL. AMIELH DE LA PORTA ME FEYS FAR L'AN M CCC LXV
Inédite. Legros.
Le buste en argent de saint Au rélien , tristement ra-* jeuni en 1814, portait celle inscription. La mort d'un
240 INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (xit« siÊrLi.
Hélie Amielh, laïque, est marquée au premier septembre dans le nécrologe de la frérie de la Courtine. Qu'on le sache bien : tout ce qui s'est fait de beau et de durable dans les temps anciens s'est fait par l'association et par l'association religieuse.
PP. GREGORI DONET AQUESTAS œPPAS UAN M CCC lîîl B VIDAL MA F.
Le pape Grégoire àonna ces coupes Van 1380. B. Vidal m a fait.
Le XIV* siècle vit la chaire de Saint-Pierre occupée par plusieurs papes d'origine limousine* Un des plus rcmar quables, à tous les titres, fut Grégoire XL II garda bon et fidèle souvenir de son pays natal , et l'abbaye de Saint- Martial, berceau de la foi dans le centre de la France, reçut de sa générosité des dons magnifiques destinés à honorer les reliques du saint apôtre de l'Aquitaine. Outre un busle d'argent émaillé pesant sept cents marcs , il donna à celle antique abbaye une coupe d'or destinée à enchâsser le chef vénéré de l'apôtre. L'inscription ra^v portée plus haut s'y lisait; elle soulève une curieuse question d'origine. Tout prouve que cet orfèvre du Midi, 6. Vidal , était originaire de Limoges. Au-dessus de Tin scription se voyaient les armes du souverain pontife : une bande accompagnée de six roses.
Celte inscription est rédigée dans la langue populain' du Midi , en langue romane. On remarquera cette manière d'écrire quatre-vingts; pour les quantités inférieures à cent , elle est assez usitée à celte époque.
{UT* SIÈCLE.) INSCKIFIIlV^S Db UMOUSlfi. 344
HOÇ JACET T LOœ DÏTS • P • DE SUFBOSCO NOTE VEL AUO DICrr' DE (Mo)NTILIO VIR morib' PLEN' CANONIC' LEMOVICAN'
HIC voLurr poni prTarche iûctus' hDri
CUI BN SERVrVÏT FEDELIT ET OBEDIVIT ISTE PÂGRAVIT ROMA JACOBU Q; PICTAVIS HIC KAÎÎNÂ COLUrr JOHÊNIQ ; MARIA ILICO REVS' GRATUS FUIT SIBI LECTUS UBI EGROTAVIT PLURIB' EB-DOMADIS
A FESTO MAGDL©îE USQ; FESTTÎ KATERINE
felix obiit et hora nona vere fbmivit novëbris mense qSïa vicesima die anno milleno cêteno et ocruageno(!)
(e)T QUATUOR ADJUNCIlS REQES ETÎÎA DEFUNCnS (t) VOS QUI TRÂSmS QUOCBENS VÉÎTIS El ITIS CÛ PRECE VOS SmS UT x' SIT IPSI MITIS.
Bocjaeet m loco dommtu P. de 5«p«rio«c».
JVonttM vel alto dictm de (Mo)Altlto ,
Vir morUnu plentu , eanonieui Umovicanus.
Hic voluit poni palriarcha junclus honori ;
.Cui bene servivit fdeliter et obedivit.
Iste peragravil Romatn Jacobutnque Pietavis
Hic Calarinatn eoluit Johermique Mariant.
IHco reverstts gratus fuit sibi lectus
Ubi œyrotavit pluribus hebdomadis
À festo Magdalene usque fettum Catarina.
Félix obivit , hora nona vere flmoit
Novembris mente quarto vieeêima die.
Amto milleno centeno ter oetuageno
242 INSCRIPTIONS DU LIMOUSIN. (xiv stic.u.i
El quatuor adjunctis reqùùs œterna defunelit Vos qui transitis quocietu venitis et ilit Cutn prec$ vo$ silis ut Christut $it sibi mitis.
( y. pi. XXI. ) Inédite. Cathédrale de Limoges.
« L'église et cilé de Limoges avaient été misérablement détruites par les Anglais, dans laquelle ruine les reliques et sanctuaires avaient éié emportés par eux et vendus. Il n'y avait lors aucun ornement dans l'église cathédrale avec lequel on pût célébrer honorablemeni une messe. Il n'y avait que quatre chanoines résidant dans lacitéely vivant très-pauvrement, à savoir : Mathieu de Feletin , Hélie Lamy , Pierre du Superbosco et Pierre de Lubersac ; le doyen et les autres chanoines étant absents et se tenant au loin ; ceux qui résidaient n'avaient pas de quoi payer pension aux vicaires ou serviteurs. •>
( Bùnw-, ni f 664. )
Le même auteur, dans un autre passage, fait observer que ces quatre chanoines se dévouèrent à la garde de l'église cathédrale saccagée , malgré une contagion venue à la suite de la guerre, et qui désolait alors celte partie de la ville de Limoges, où la fureur anglaise avait égorgé dix-huit mille habitants.
Le tombeau de Pierre de Soubrebost , qui donna celte preuve de dévoûment et de courage, est engagé derrière le chœur de la cathédrale de Limoges, dans le mur de clôture, en face de l'ancienne chapelle de Saint-Thoma?. où repose la dépouille mortelle du bienheureux Lamy. évéque de Chartres et patriarche de Jérusalem.
Le tombeau du chanoine est une pierre calcaire haute d'un pied et large de neuf pouces. Au sommet, trois reliefs représentent la lapidation de saint Etienne et la
(XIV SIÈCLE.) INSClUniONS DU LIMOUSIN. 'i45
sainte Vierge tenant l'enfant Jésus qui bénit le défunt. Ce dernier est agenouillé; il est vêtu d'un ample manteau et coiffé de l'aumusse.
Le patriarche, aux honneurs de la sépulture duquel il voulut être réuni , est évidemment le patriarche lamy. Les voyages qu'il fil par dévotion ne s'expliquent pas aussi bien. Que signifient le Jcmbumque Pictavis et le vers suivant? Un renseignement que nous devons à Tobligeance de H. E. Lecointre nous met peut-être sur la voie de la bonne interprétation. A Poitiers^ à 6uxe~ relies près de Poitiers , étaient deux chapelles consacrées à saint Jacques, où l'on se rendait en pèlerinage à certaines époques de l'année. Dans cette dernière , la dévotion à ce saint avait pour motif déterminant une sorte de culte qu'on rendait à une empreinte miraculeuse du pied de cet apôtre, empreinte qu'il aurait laissée sur le rocher, dans un de ses nombreux voyages.
Le re^le est assez intelligible , malgré les mutilations de la pierre. On sourira à certaines formules naïves : à son retour, le lit lui fut agréable; il y demeura malade plusieurs semaines , depuis la fête de sainte Madeleine jusqu'à la fête de sainte Catherine. L'auteur» qui, au débuts paraissait vouloir écrire en vers, renonce à l'usage d'une mesure arbitraire. La rime vient à son aide et lui prête un secours tout aussi malheureux. Quelle que soit la valeur de la forme littéraire, rendons hommage, en passant, à la sépulture d'un homme de bien. — Notre dessin a une inexactitude à la quatorzième ligne. M. l'abbé Arbellot, malgré la mutilation de la pierre, a deviné le moi requies. Sa leçon nous semble bonne. Nous sommes heureux de lui restituer ce mot.
244 INS€Ril»TIONS DU IJAIOISIN. (xiv< siÈcu
+ HIC JACET B. MEMORI-<E REVERENDISS. IN CHRIS- TO PATER ET DOMINUS, DOMINUS GUILLELMUS DE CHANAœ EPISCOPUS TUSCULANUS S. R. E. CARDI- NALIS , ALIAS DOMINUS MIMATENSIS . QUONDAM FI- LIUS DOMINI GUIDONIS DE CHANACO MILITIS ET DO- MINA ISABELLE DE MONTE BERULPHO LEMOVIC DIŒCESI, DECRETORUM DOCTOR OPTIMITS, IN PR.Î- SENTI MONASTERIO MONACHUS EFFECTUS, NUTRI- TUS ET EDUCATUS A PUERITIA , DEINDE POST PLU- RES DIGNITATES PER R. DOMINUM GREGORRM.
PAPAM XI PROMOTUS EXTITIT AD APICEM CARDI- NALATUS MULTA BONA CONTULTT PRESSENTI MO- NASTERIO, IDEOQUE CONVENTUS DIE QUOLIBET DU-\S MISSAS SINE NOTA ET SINGULIS MENSIBUS UNU.M ANNIVERSARIUM PRO EO ET SUIS, IN PERPETUUM CELEBRARE TENETUR. OBIIT IN AVENIONE DIE ^U DECEMB. ANNO. NATIVIT. DOMINI 1384 QUO ANXÛ MENSE AUGUSn EJUS CORPUS PERlNTEGRUM TRANS- LATUM, El SEPULTUM EST HIC, SECUNDUM SUA M DEVOTAM ORDINATIONEM. ORETIS DEUM PRO IPSO ANIMA EJUS REQUIESCAT IN PAGE AMEN.
Guillaume de Chauac ^ cardinal de Hende, était enseveli au côté droit du chœur de Saint-Martial de Limoges, dans un tombeau assez magnifique, disent les auleuo antérieurs à la révolution. La destruction de cette œuvn^ d'art si remarquable est due à la sécularisation dos biens du clergé en 1790. Répétons que l'abbaye de Saint-Martial , ce berceau de la foi en Limousin , cet asile où dormaient tant de grands hommes, ce musée enrichi
(lir sikcLB.) INSCRIlTiONS Dl] LIMOUSIN. 245
par la piété des siècles, fut alors misecn vente et démolie. Que cette destruction ne porte pas malheur à ceux qui l'ont accomplie ! Nadaud , après Bonaventure de Saint- Amable, consacre une notice intéressante au cardinal dont nous venons de transcrire l'épitaphe.
HIC JACET BEATiB MEMORLE REYERENDISSIMUS IN CHRISTO PATER DOMINUS PETRUS DE CROSO , ORIEN- DUS DE CALIMA FORTI LEMOVICENSIS DIŒCESIS DE- CRETORUM DOCrrOR, QUI PRIMO FUIT MONACHUS SANCn MERTIALIS LEMOVICENSIS ORDINIS SANCTI BENEDICn , ET INDE PRiEPOSITUS DE ROSSACO DICTI ORDINIS ET DIŒCESIS, POSTMODUM CELLARIUS EC- CLESI^ TOTELLENSIS, POST PRIOR DE VOLTA ORDI- NIS CLUNIAC-SANCTI FLORI DIŒCESIS . POST EPISCO- PUS SANCTI PAPULI, POSTMODUM ARCHIEPISCOPUS BITURICENSIS ET CAMERARIUS DOMINI PAP^ GRE- GORII XI. ET DEINDE ARCHIEPISCOPUS ARELATEN- SIS , ET FUIT ASSUMPTUS IN TITULUM SANCTORUM NEREI ET ACHILLEI PRESBYTER CARDINALIS LEMO- VICENSIS, QUI HIC SUAM ELEGIT SEPULTURAM.