‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 11 sur 264 · éditions · texte numérisé non relu

éditions

Ileyne, Homeri cannina, cum versioue latina et annotalione^ '> vol. in-8», Leipzig, 1802-1822; G. Dindorf, Homeri cannina, avec trad. lat., Bibl. Didot, Paris, 1837 ; A. Pierron, VIliade d'Homère, 2 vol., Paris, Hachette, 1869 ; W. Christ, lliadis carmina, Leipzig, 1884, texte sans notes, prolégomènes importants ; Ameis et

Le sujet en est tiré de la légende de la guerre de Troie. Ce que cette légende renfermait au juste de vérité historique, nous sommes hors d'état de le dire aujourd'hui. En tout cas, il n'est pas douteux qu'il n'ait existé, au temps préhellénique, un État dardanien sur les bords de l'Hellespont, que cet État n'ait été à plusieurs reprises en guerre avec les tribus qui habitaient alors la Grèce, et que sa capitale fortifiée, dont l'Allemand Schliemann a pu, de nos jours, dégager les débris par des fouilles heureuses, n'ait été incendiée et détruite. La légende naquit de ces souvenirs, qu'elle a naturellement grossis et arrangés. Nous avons vu plus haut combien l'émigration éolienne dut la favoriser. C'était vers le x« siècle, la matière qui fournissait le plus de chants aux aèdes éoliens ou ioniens. Vlliade n'en raconte qu'une toute petite partie, un simple épisode, et elle fait à tout instant allusion aux autres parties, qu'elle suppose connues.

Voici, en quelques mots, le contenu du poème. La dixième année de la guerre, une querelle violente éclate entre Agamemnon, roi d'Argos,qui exerce le commandementsupréme,

Henze, Homeri Ilias, Leipzig, 1884-1886, 2 vol. de texte et 8 fasc. d'appendices, édition classique, très bien annotée, avec des appendices où sont résumées les principales discussions critiques; G. Dindorf, Homeri Ilias, a» éd. revue par Hentze, Leipzig, 1886, Bibl. Teubner.

Scolles et lexiques :

Commentaire d'Eustathe, éd. Stallbaum, 4 vol., Leipzig, 1827- 1830 : G. Dindorf, Scholia grœca in lliadem, 4 vol. in-8', Leipzig, 1875-1877, complété par E. Maass, 2 vol. in-8*, t. V et VL — Lexiques spéciaux : Autenrieth, Wôrierbucli zu den homenschen Gedichten, pour le» classes, Leipzig, 1873 ; Ebeling, Lexicon homericum, 2 vol. en 3 parties, Leipzig, 1885.

Grammaires spéciales :

Monro, A grammarof Ihe homeric dialect, Oxford, 1891 ; J. van Leeuwen et M. B. Mendes da Costa, Grammaire de la langue d'Homère, trad. du hollandais par Kœlhof, Mons, 1887 ; Audouin, Dialectes grecs littéraires, Paris, Klincksieck, 1891

L^ILIADE ET L^ODYSSÉE

et le jeune chef thessalien Achille. Agamemnon, dans sa colère, enlève à Achille une captive, Briséis, qui lui avait été adjugée comme récompense de sa valeur. Achille, irrité, déclare qu'il ne combattra plus ; sa mère, la déesse Thétis, suppliée par lui de servir sa vengeance, obtient de Zeus la promesse qu'il fera payer chèrement aux Achéens l'injure infligée au jeune héros. Telle est la situation initiale exposée dans le premier chant ^

Agamemnon essaye alors de se passer d'Achille. Après divers incidents, qui ralentissent l'action, il s'apprête à engager le combat, dans l'espoir de prendre enfin Ilios. Mais, à ce moment même, un arrangement, proposé par Hector sur le champ de bataille, est accepté : le sort de la guerre sera décidé par un duel entre Ménélas et Pdris (que le poète appelle aussi Alexandros). Ce duel a lieu : Paris, vaincu, va périr, quand Aphrodite, sa protectrice, l'enlève pour le transporter dans la ville. Tandis que Ménélas le cherche en vain, un allié desTroyens, Pandaros, lui lance une flèche, en dépit des serments échangés, et il le blesse. Alors seulement, une bataille furieuse s'engage, la l'remière du poème (chant V et suivants). Du côté des Achéens, Diomède s'y couvre de gloire ; il semble qu'une défaite décisive menace les Troyens ; mais il n'en est rien. Hector, rentré dans Troie pour ordonner aux femmes de fléchir Athéné par des prières et des offrandes, reparaît, après une entrevue touchante avec sa femme, Androraaque, et son fils, Astyanax ; il suspend les hostilités, en défiant les héros ennemis ; le défi est relevé : Ajax, désigné par le sort, combat seul à seul contre lui ; la nuit arrive pendant qu'ils luttent et met fin à ce duel, qui n'a eu d'autre résultat que de substituer un combat singulier à une bataille générale. — Un armistice est conclu : les Achéens en profitent pour ensevelir leurs morts et pour

1. La division en24chanU n'est pas jirimitive. Elle ne paraitpas remonler au-delà du critique alexandrin Zénodote (ni« siècle av. J.-C).

L^ILIâDB ET L*ODYSSÉE

entourer leur camp d'un rempart. — Le lendemain, seconde bataille, qui dure toute la journée (chant VllI), désastreuse pour les Achéens ; ils sont refoulés de toute part; les Troyens, vainqueurs, campent, le soir, à peu de distance du rempart, dans la plaine. Ainsi s'achève ce qu'on pourrait appeler la première partie du poème. Après bien des détours et des incertitudes, la promesse de Zeus y est réalisée. Les Achéens ont payé Finjure d'Achille. Ilssententalors leur faute. Agamemnon pleure et s'accuse.

Sans attendre le lever du jour, Ulysse, Ajax et le vieux Phénix sont députés auprès d'Achille pour le lléchir. Ulysse lui adresse une supplication émouvante, mais Achille demeure intraiUible. La démarche des députés a échoué

(chant IX).

Réduits de nouveau à eux-mêmes, les Achéens envoient, pendant la nuit qui s'achève, deux éclaireurs, Ulysse etDiomède, dans le camp des Troyens. Au jour, la lutte recommence. C'est la troisième bataille de Vlliofic et de beaucoup la plus longue. Elle s'étend du\l« chantau XV11% à travers diverses péripéties : après une première défaite des Achéens et la prise de leur rempart, le secours furtif qui leur est prêté par le dieu Poséidon et par la déesse Héré a pour effet la fuite des Troyens ; mais Zeus s'en aperçoit, il s'indigne, chasse Poséidon, rend la victoire aux Troyens, qui se ruent sur les vaisseaux. Les Achéens sont tout près de leur perte, quand Patrocle obtient d'Achille qu'il lui permette de combattre. A la tête des Myrmidons, il repousse les Troyens : le poète nous retrace ses hauts faits et sa mort, le combat furieux livré autour de son corps, enfin la douleur d'Achille, qui, à l'entrée de la nuit, fait fuir les vainqueurs en se montrant auprès du rempart et en poussant un cri. Ce groupe de faits constitue comme une seconde partie du poème.

La troisième et dernière a pour sujet le retour d'Achille aux combats et la vengeance qu'il tire d'Hector, meurtrier

de Patrocle. Revêtu d'armes divines, que le dieu Héphaïstos fabrique pour lui sur la prière de Thétis (chant XVIII), il va combattre, après s'être réconcilié avec Agamemnon, qui lui rend Briséis (chant XIX). Alors les dieux mêmes se défient mutuellement. Parmi les hommes, la bataille recommence. Tout fuit devant Achille; il massacre les Troyens effarés, accumule leurs cadavres dans le lit du Xanthe ; le fleuve s'irrite contre lui, veut le noyer, déborde et le poursuit de ses vagues; mais Héphaïstos prend la défense du héros ; ses flammes forcent le fleuve à demander grâce. Achille arrive aux portes d'Ilios; tout est rentré ; Hector seul, a osé l'attendre devant la porte Skée. A la vue d'Achille, le vaillant Troyen, saisi de terreur, prend la fuite; tous deux font le tour des murs jusqu'à trois fois; enfin, le Troyen, trompé par Athéné, s'arrête pour combattre; il est tué sous les yeux de ses parents; et, du haut des murs, sa femme, Andromaque, voit son cadavre traîné derrière le char du vainqueur. Cotte lutte des deux héros est le sujet du XXII'' chant. Au XXIIP, Achille célèbre par des jeux les funérailles de Patrocle ; au XXI V% le vieux Priam vient, pendant la nuit, réclamer de lui le corps de son fils; Achille, touché, le lui rend; et le poème se termine sur le récit des funérailles du héros troyen.

3. Aspect général du poème. — Unité et disparates. — Sa formation ^ — Lorsqu'on suit avec attention ce long développement, d'un bout à l'autre, il est difficile d'échapper à deux impressions contraires. D'une part, on est frappé

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