‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 124 sur 264 · Démélrius, /)« rZt'/oc · texte numérisé non relu

Démélrius, /)« rZt'/oc

LA PROSE IONIENNE CLASSIQUE

peu romanesques, dans tout ce qui n'exige pas» pour «'ire tout à fait supérieur, une maturité de pensée et une vi^'u«!ur d'intelligence encore étrangères à son art. Sa bataille de Salamine est moins vigoureusement composée que celle d'Eschyle. Sa bataille de Marathon est mieux liée que celle de Salamine, moins coupée de hors-d 'œuvre ; il est cependani facile d'imaginer tout ce qu'un Polybe ou un Thucydid. y eussent ajouté de précision technique et ce qu'ils en euss.ni ôté de miraculeux. En revanche, l'énumération des troupes de Xerxès,avec leura costumes bizarres et l'étrange vaii.(.. de leur armement, est un morceau qu'Hérodote seul pouvait écrire ♦. Il faut en dire autant d'une foule d'anecdot<s, descriptions de pays ou de monuments, peintures de mo-ms, récits de prodiges, où sa curiosité, toujours en éveil, mdonne librement carrière, avec une grâce d'imaginaliun, une netteté de vue et de style qui font de son livre un enchantement.

. L'histoire d'Hérodote ouvre la période des chefs-d'œuvi. en prose. Mais surtout elle marque la lin d'un Age: ell«* e>i I le couronnement de tous les essais des logographes; elle 'est le plus beau fruit de la civilisation ionienne linissante, au moment où l'atticisme, plus vigoureux, plus aclif, s'apprête déjà à tout dominer. L'antiq^iité n'offrira plus un second exemple de cette histoire encore tout engai^ée, pour ainsi dire, dans l'épopée, de cette histoire populaire et vivante, avec ce mélange extraordinaire de curioslf. scientifique, d'imagin'ation romanesque, de bonhomie, d. finesse avisée, de piété candide; elle n'entendra plus cette parole où la gravité de l'élégie s'unit d'une manière si originale à la plus exquise naïveté, dans une simplicité parfaitement naturelle.

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