Blbllogrraphle
Les fragments des sophistes ont été publiés par Mullach (Bibl. Didot), Fragm. philosophorum grxcorum, t. IL — Ue excellente édition d'Antiphon a été donnée par Blass, ml Teubner, 1881 ; on y trouvera aussi les déclamations altribin es à Gorgias. Trad. franc, de Cucuel, Paris, 1887.- CL O. Navarre. la RhéloHque avant Aristote, Paris, 1900.
Athènes, située, pour ainsi dire, à mi-chemin du dorisme et de l'ionisme, héritière d'une tradition déjà longue, avait eu le privilège, dès ses débuts littéraires, de se montrer tout d'abord armée de raison. Mais Athènes, à cette date, n'écrivait pas encore en prose. C'est l'élégie, puis le drame qui avaient offert à ses qualités raisonnables les premières occasions de se déployer. Elle ne s'occupait pas de philosophie. Elle n'avait pas non plus d'historiens. Un peu plus tard, ses hommes d'État furent sans doute fort éloquents, mais ils n'écrivaient pas encore leurs discours. De l'éloquence de Thémistocle, il ne resta qu'un grand souvenir. Périclès lui-même, contemporain plus âgé des premiers écrivains attiques en prose, ne rédigea aucun de ces discours qui avaient excité l'admiration de tous, amis et adversaires. Les poètes comiques nous ont dit en mille façons la force de cette éloquence qui faisait retentir la tribune des éclats de la foudre et qui, après la lutte, laissait dans l'esprit des auditeurs son aiguillon, un aiguillon de pensée |»rofonde et pénétrante. Thucydide nous en montre admirablement la philosophie politique. De beaux mots isolés, conservés parPlutarque et par d'autres, laissent deviner la ^Tâce poétique ou pittoresque qui servait parfois de parure à cette pensée vigoureuse. Parlant des guerriers morts dans les combats de l'année 431, il disait : « La cité a perdu sa jeunesse, l'année a perdu son printemps * ! » Une autre fois, il disait des soldats morts devant Samos, qu'ils étaient comme les dieux, invisibles, mais dont la présence se manifeste par les honneurs qu'on leur rend et les bienfaits qu'on reçoit d'eux 2. On l'appelait V Olympien, et Platon vante encore sa haute raison, à la fois sublime et efficace '. Il est probable que l'éloquence parlée venait d'atteindre avec Périclès à la perfection. Mais il mourut sans avoir