Edition : Cobet, Paris, 1850, Bibl. Didot
LA RENAISSANCE HELLÉNIQUE
donner ensuite une liste de. leurs ouvrages, sans étudier d'ailleurs sérieusement les questions de chronologie ni rnéni»' d'authenticité, et présenter confusément un aperçu de leurs théories, voilà le rôle qu'il s'est donné. 11 paraît avoir cru que c'était là l'histoire de la pliilosofjhie. Mais, si médiocre que soit son livre, il est indispensable aujourd'hui à l'élude des philosophes anciiMis.
12. La sophistique. — Ses origines. — Aperçu de son histoire au ii« et au iir siècle^ — Revenons maintenant à l'étude propreiiH'nt littéraire (|ui est notre objet. Autant (|ue la philosophie morale et plus assurément que l'histoire, l'élofiuenre manifeste, à |)artir du second siècle, la renaissance du génie hellénique. Mais cette éloquence n'est plus celle des cont<'mporains de Démosthène. N'ayant plus de tribune, elle s'en crée une arlifieielle. Presque étrangère aux affaires publiques, elle se produit surtout dans les écoles, dans les auditoires mondains et dans les tribunaux: d'ailleurs, l'école et les auditoires donnent le ton aux tribunaux. Les représentants de cette éloquence reprennent comme un titre d'honneur le uoui autrefois décrié de sophistes; leur art est la sophistique. C'est dans Thistoire littéraire une seconde sophisti(iue, qui se rattache de loin et sans lien direct à celle des Corgias et des Protagoras.
Elle naît dans les écoles d'Asie Mineure vers la fin du r"- siècle. Par ses origines, elle n'est qu'une continuation et un développement des exercires qui y étaient en usage de tout temps. Seuleuïent, (luand l'Empire est pacifié, au milieu d'une société oisive, dans des cités riches, commerçantes, passablement tumultueuses et jalouses, elle prend rapidement un éclat nouveau. Les écoles sonl^ pleines et bruyantes. Des maîtres habiles s'y font des réputations et