Bibliogrraphie
Les fragments des poètes élégiaques et iambiques ont • publiés notamment par Bergk, l*oetap lyrirt grapci, t. Il (Leip/ 4* éd., 1878), et par Hilier, Anthotogia tyricn (Teubner, IS!» Cf. aussi, Buchholz, Anthologie nus den Lyriken ilerGnech t. 1, (Leipzig, 1886). — A mentionner l'édition spéciale de Tli ' gnis donnée par Welcker, Theognidis megarensis relii^i > Francfort-sur-le-Mein. 1826), avec prolégomènes et notes.
Traduction française des principaux élégiaques, dans les Vor moralistes de la tirèce, Paris, (îarnier.
.entourées de réserves. Il en résulte aussi que nous risquons |iarl'ois d'en recevoir une im[)ression inexacte. Comme les |.o»'mes élégiaques, en particulier, abondaient en réflexions morales aisées à détacher (Yvfôfia-.j, on appelle quelquefois 1rs auteurs de ces morceaux « poètes (/noiniques », c'est-à-dire auteurs de «sentences morales». Si l'on prenait cette .'xpression au pied de la lettre, on pourrait être tenté de \oir chez ces poètes très vivants des moralistes de profession, des pédagogues en vers à la façon d'un Dufaur de ' Pibrac, qui écrivit au xvi« siècle des quatrains moraux. Ilien ne serait plus inexact pour la plupart d'entre eux. Les
• léffiaques, comme les maîtres de l'iambe, sont des poètes très personnels, dont la morale même reflète ordinairement 1rs préoccupations de leur vie. La plupart ont une physionomie originale, où l'empreinte de la race et du temps se < ond)inent de la manière la plus intéressante avec des traits (|ui ne sont qu'à eux. Heureusement, les débris de leurs o'uvres, quelque mutilés qu'ils soient, nous conservent «Micore l'essentiel de leur image intellectuelle et morale, et il n'est pas impossible de la faire revivre en partie.
2. Callinos. — Le plus ancien des poètes élégiaques était ptMit-être Callinos d'Éphèse, que Strabon fait vivre avant Archiloque, c'est-à-dire au début du vii^ siècle*. Nous ne -.ivons d'ailleurs presque rien de lui, sinon qu'il vit l'Asie Mineure menacée ou envahie par les Cimmériens, et qu'il
• otnposa, entre autres i>oèmes, des élégies où il exhortait >'*s concitoyens à sortir de leur torpeur :
Jusquesà quand dormirez-vous? Quand prendrez-vous, ô jeunes hoimues, un cœur vaillant? f^ans honte, devant l'étranger vous vous livrez à la mollesse; vous vous croyez en paix, quand la îzueiTe couvre le pays -.
L'élégie ainsi comprise ressemble d'avance à une harangue
' strahon, XIV. p. B'iT.
:. Mûbne. Floril.. Ll, 19.
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de DcMiiosth^ne : c'est lu harangue d'un temps où la piun'existe pas encore. I.a suite du frai^ment, non moins ^'ncis;i«|ue, est un éloquent appel au courage :
Que chacun, d'une main mourante, lance un dérider trait ! Il glorieux et noble, pour un homme, de défendre eontre renneim son pays, ses enlauts, la femme qu'il a épousée vierge. La nicrt viendr.i «juand la Parque laur.» Iil«*e ; mai< que rliaeun ilaboi.!. r<'-pée haute, Ir »(pur fier sous l'ahri du liouelier. marrhe en ;i\ i d«"*s que s'engnire la lutte...
Quehiurs savants se sont demandé si eos vers, atlrilni ^ à Callinos, n'étaient pas réellement de Tyrtée, dont ils r;i| pellent tout à fait la manière. Mais c'est là une simple liy|iMthèse. 11 est [)lus vraiseniblalde de croire (|ue Tyrtée s'<'-t inspiré de Callinos : on s'explique ainsi que l'élégie gui i rière, née à T.pht'se, en pays ionien, ait gardé méni<' i Sparte l'usage du dialecte ionien.
3. Ârchiloque. — Presque en même temps t|ue ('allin"-. Archiloque a composé aussi des élé'gies. Mais sa gloire, qui fut très grande, lui vint .surtout de ses poèmes iambiqu- >. Il est à la fols le premier en date et le plus illustre d poètes iambi(jues. C'est à lui qu'on attribuait riionneui d'avoir inventé l'iambe ; ce qui veut dire simplement qn i! avait été le premier à composer des chefs-d'cruvre liHraires en s«' servant de ce mètre. On le mettait à eô'»' d'Homère. ^Juinlilien a dit «le lui ' : « Son style est d"uii< vigueur admirable; sa phrase est robuste, brève, vibranl : il est tout sang et tout nerfs; par son génie, il n'avait p<i: être pas de supérieurs; s'il en a, c'est la faute des suj' ^ (|u'il a traités. » Il y a peu de pei;tes plus regrettables, da:.le grand naufrage de l'antiquité, que celle des poèm > d'Archiloque. Nous ne pos.sédons plus de lui que de coui fragments. Et cependant son originalité était si vive qu"< ' brille encore dans quelques-uns de ses vers, qui sont ' purs joyaux.