‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 38 sur 264 · Qnintilien. X · texte numérisé non relu

Qnintilien. X

Archiloque était né à Paros, dans la première moitié du vil** siècle. Les principales circonstances de sa vie étaient rappelées dans ses iambes, où les érudits de l'antiquité les on! recueillies'. Ce fut une existence agitée, orageuse, et probablement assez courte. Huiné, il va chercher fortune à Thasos, où il se fait de nombreux ennemis. Soldat merceii.iire, il se vante dans des veis célèbres d'axoirjeté son l.ouelier en c<>mballanl enntre (\i'<, barbares de la Tlirace. L'épisode le plus connu de sa \ ie est son amour |>oiir Xéol>ulé, fille de Lycambès ; reponssé par le père, l'amoureux éconduit se vengea par des iambes qui réduisirent ses ennemis au désespoir; la légende ajoutait que Lycambès et sa tille finirent par se pendre. Il mourut enfin dans un combat entre les gens de Paros et ceux de Naxos.

Au milieu de ces aventures de toute sorte, il semait la poésie à pleine main. Il avait composé des i.mibes, des élé- •iies et même des hymnes. On comjuend qu'il ait abordé tous les genres et n'ait été le prisonnier d'aucun. Archiloque est avant tout une riche nature, douée des qualités les plus diverses. Prompt à la vengeance, cruel souvent dans ses railleries, il sait aussi s'attendrir sur les maux des autres; il est capable d'amour, d'enthousiasme, de mélancolie, même de raison. Tantôt il s'irrite de ses misères, et tantôt il en rit ; il y a chez lui un fond de gaîté et presque de ::.imincrie, qui peice à chaque instant. Dans tout ce qu'il éciit, malgré la diveisité des circonstances et du ton, il |»orte une grAce spirituelle, une aisance légère qui est son ' liarme propre et .sa marque.

De ses hymnes, nous ne savons que fort peu de chose. Nous voyons cependant, par un de ses fragments, qu'il avait ' omposé un hymne à Déméter, et que cet hymne était écrit dans le rythme iambique, ce qui tendrait à confirmer I liypothèse indiquée plus haut sur l'origine de ce rythme.

' Voir surtout I-:ilen. Hitf. var.. X. 13.

l'élégie et l'lxmbe

Un autre fragment se compose de deux vers, iambiqu<aussi, d'un hymne à Héraclès. Cet hymne était resté célèbiv et s'exécutait souvent encore à Olympie, deux siècles phi^ tard, en l'honneur des vainqueurs qui n'avaient pas eu 1»' temps de commander une ode nouvelle à un poète lyrique '. 11 s'exécutait sans accompagnement; un refrain imilatif. TTJvsXXa, remplarait la cithare. La fantaisie d'Archiloquc, ingénieuse et hardie, avait probablement emprunté (. refrain à quelque chant populaire et en avait du méin*coup assuré la fortune.

Les élégies d'Anhiloque, chantées sans doute dans dov festins, étaient adressées à des amis qui y sont nommés. II y parlait de ses affaires, tristes ou gaies, avec sérieux on avec grâce, toujours avec une élégance exquise. Son vti v et sa phrase sont dune prestesse charmante, avec j< ne sais quoi de vif et d'imprévu. Sur la mort d'un be.iii frère, il trouve des accents d'une gravité émue. Sur !• devoir du soldat, il parle comme Gallinos et Tyrtée, av»'< plus d'élégance. Mais il est surtout Ini-méme quand il chanila vie du mercenaire :

A la pointe de la lance, les bonnes galettes bien pétries ; à l.i pointe de la lance, le bon vin d'Isniaros ; pour le boire, je ui'ai»puie sur ma lance ;

ou quand il badine sur sa grande mésaventure, la perte d son bouclier :

Quelque Snïen, maintenant, se pare de mon bouclier, bel: arme, abandonn«>e par moi près d'un buisson, hélas! Après toii: j'ai fui l'heure fatale de la mort : adieu, l'ancien bouclier; j't achèterai un neuf qui le vaudra bien.

Je conclurais volontiers de ces vers, en dépit de la légend • qu'Archiloque était brave; un lAche, au lieu de faire av« cette désinvolture les honneurs de sa fuite, Taurait dis^'

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