‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 83 sur 264 · Strabon, I, p · texte numérisé non relu

Strabon, I, p

DÉBUTS DE LA PHILOSOPHIE ET DE l'hISIOIIŒ 231

tain progrès dans l'esprit critique, surtout chez ceux d'entre eux qui, non contents de raconter des chroniques fabuleuses, sont en même temps des géographes, comme Hécatéede Milet; ceux-là ont voyagé ; ils ont appris à comparer et à rélléchir ; ils ont recueilli des notions positives. 8. Principaux écrivains de ce groupe. - Vne trentaine de noms de logographes sont arrivés jusqu a nous. Mais bien peu nous sont connus par des fragments assez, intéressants pour mériter une mentiondans une histoire de la littérature. Le plus ancien dont le souvenir se soit conservé est Cadmos de Milet, à peu près contemporain de Phérécyde de Syros. On lui attribuait un livre sur la Fondation de Milet, mais les anciens eux-mêmes ne nous donnent à son sujet que de très vagues informations.

Acusilaos, de la petite ville d'Argos, en Béotie, était un peu plus jeune que Cadmos : il a dû vivre dans la seconde moitié du vr siècle. On avait sous son nom un ouvrage inlilulé (icnéalouies, en plusieurs livres. Acusilaos était un inyllu)gia|)he, collecteur de légendes locales; il avait fourni, des légendes à Pindare. Ses (iênraloyies commençaient au diaos; elles continuaient par (iéa et l'Amour, comme dans Hésiode; elles passaient ensuite à Phoronée, le premier homme, et aux anciennes races humaines qui vivaient mille ans; ellesarrivaienl enfin aux races héroïques. Parfois, certaines légendes formaient de petits romans, comme celle d'Orithvie enlevée par Borée. Tout cela, évidemment, est bien loin de l'histoire proprement dite.

Mentionnons ici le Carien Scylax, né à Caryanda, qui n'est pas à proprement parler un logographe, mais «lUi a contribué aux progrès de la science géographique. Amiral au service de Darius, il fut chargé par lui de relever le littoral de l'océan Indien. Aristote lisait encore son Périple, dont les observations portaient à la fois sur la géographie physique et sur les mœurs des peuples qu'il avait visités '.

l. Aristote, Polit., VII, c. 14.

Cet ouvrage fut perdu d'assez bonne Iieure. Vers le milieu du iv*^ siècle, un nouveau Périple, mis également soii^ .|. nom, fit tomber dans l'oubli l'ouvrage authenti(|U» , m ,,^ arriéré.

Le grand nom de cette période est celui d'Ilécaté»' d. Milet, à la fois historien et géographe. Hécalée na<juil v. i s 540. Il appartenait à une famille illustre. La prenii» i, partie de sa vie fut remplie p;ir de grands voyages • n Europe, en Asi«\ en Egypte. Vers l'année 500, lorsqu»- N- Ioniens pré[»arai<'nt leur révolte contre la Perse, fort ,i son expérience de voyageur, qui lui avait montré réleiilu. et la puissance de l'empire persr, il conseilla à ses coiiriloyens de rester tranciuilles'. Il ne fut pas écouté. Aj»!»les premiers échecs des révoltés, il essaya de les délenuiner à occuper l'île de Léros pour en faire le «MMitred»' Iciii résistance-. 11 n'eut pas plus de succès que la première ftti>. et le désastre de Ladé fut la conséquence de ce refus .1'- Ioniens d'obéir à ses conseils. Après la défaite délinili\' . il obtint du satrape Artapherne un adoucissement des <diiditions im(>osées d'abord parle vainqueur 3. Suidas rap[toil. qu'il vécut jusqu'après les guerres médiques. Toute sa conduite avait été celle d'un ferme et judicieux esprit, ex«'ni|'f d'illusion et de défaillance. — Il avait composé deux giaii 1ouvrages, des Généalor/ies et une Description de la Tcnr.

Les ^i(/«t'«/o(;<e.s racontaient, à partir de Dcucalion, llii-toire des grandes familles mythiques auxquelles le.< (ir.vrattachaient leur plus lointain passé : on y voyait ligiii- 1 Hellen et ses fils, Héraclès et les IIéra<'lides ; puis les héi. étrangers, Kgyptos, Cadmos, Danaos, etc. Nous somin- donc en pleine fable : Hécatée suivait la tradition de - prédécesseurs. Il avait pourtant l'idée qu'une certaine «i itique était nécessaire. Son ouvrage commençait par -^

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