‹ Manuel d'histoire des religions [microform] ;Chapitre 1 sur 142 · A LA TRADUCTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

A LA TRADUCTION FRANÇAISE

Nous avons en France, à l'Ecole des Hautes Etudes, une Ecole dite des'cc sciences religieuses». Mais nos étudiants n'ont pas encore un manuel de l'histoire des religions. Les éditeurs de ce livre se sont préoccupés de donner, en français, tant aux spécialistes qu'aux autres, l'instrument de travail qui leur manquait.

Nous , avons mieux aimé traduire un ouvrage éprouvé par le succès que d'en faire un iiouYeau qui pouvait être médiocre. Nous pensons qu'il ii'est pas bon de multiplier les manuels.' Mieux vaut porter ailleurs son effort, quand on est en mal de livre. Mieux vaut même s'entendre sur une vieille erreur au point de départ des. études que de se faire illusion sur des demi-vérités. C'est l'intérêt véritable de la science, c'est du moins aujourd'hui celui de la science des religions, qu'on Funifie autant que faire se peut. Bon nombre de problèmes creux, auxquels on s'attarde, sont nés du choc de définitions également mal établies.. Dans une science où, pour une large part, les exemples tiennent encore lieu de définitions, où d'ailleurs le- nombre des faits authentiquenient et complètement connus est encore limité, il est peut-être nujsible de changer trop souvent les paradigmes.

La deuxième édition du manuel de M. Chantepie de la Saussaye date déjà de 1897. Mais c'est précisément un de ces livres qu'il est inutile de refaire tant que les études qu'ils codifient n'ont pas fait assez de progrès pour qu'on puisse les renouveler complètement. Or, bien qu'un certain nombre d'ouvrages aient paru, avant 1897 et depuis, qui montrent que la science des religions cherche sa voie

yï. INTRODUCTION A LA TRADUCTION -FRANÇAISE

" dans des directions nouvelles, c'est à peine si elle s'est assuré encore quelques nouveaux points de vue, d'où elle n'embrasse même pas tout l'ensemble de son domaine; elle a seulement acquis l'espoir d'explorations prochaines et fructueuses.

Nous aurions même volontiers repris à la première édition une longue introduction où l'auteur énumérait et classait les phénomènes religieux; M. Ghantepie de la Saussaye a retranché cette phénoménologie. 11 a jugé que cette partie de l'étude, étant celle dont les progrès avaient été le plus sensibles, appelait désormais des développements disproportionnés avec l'étendue de son ouvrage. Nous la regrettons et nous pensons que, telle quelle, ou sans remaniements profonds, elle eût encore été utile. Elle eût tout au moins imposé au livre, à défaut d'une classification rigoureuse et unique des faits, une terminologie uniforme. En tout cas, les définitions, données dans l'introduction, eussent valu pour le reste. Les traducteurs savent par expérience combien il est difficile de réaliser, même en y mettant beaucoup de temps et de soins, une pareille uniformité, et nos lecteurs verront sans doute à quel point elle est désirable. On ne peut pas demander aux historiens spécialistes, qui contribuent à l'histoire des religions, qu'ils arrivent d'eux-mêmes (car ils n'y sont pas nécessairement préparés par leurs études antérieures) à bien définir ou à bien analyser, ce qui est en soi-même un objet d'étude, ni même à bien rubriquer les faits religieux. Si, faute d'entente sur un vocabulaire technique, ils prétendent suivre l'usage vulgaire, nous pouvons être sûrs qu'ils parleront chacun une langue différente. Quelque remarquable qu'ait été le travail d'unification dans l'œuvre de M. Ghantepie de la Saussaye, on craindra toujours qu'il ait laissé subsister des flottements contre lesquels nous garantissait son ancienne introduction; les définitions soigneusement établies dès le début permettaient de trouver dans les différentes parties du livre des faits rigoureusement comparables.

Ge simple regret nous met à l'aise pour vanter les mérites de notre manuel. En tant qu'histoire, rédigée par des spécialistes des histoires locales et de l'histoire des religions, il donne une idée fort exacte de l'état actuel de celle-ci; nous n'avions qu'à en allonger un peu les bibliographies pour le mettre en état de paraître aujourd'hui chez nous. Le tableau qu'il présente de la vie religieuse de l'humanité en dehors du christianisme, — que l'on continue à ne pas confondre avec les autres religions, — est d'autant plus fidèle que M. Ghan-

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