‹ Manuel d'histoire des religions [microform] ;Chapitre 11 sur 142 · Th. Ribot, La psijchologie des sentimeiits, p · texte numérisé non relu

Th. Ribot, La psijchologie des sentimeiits, p

INTRODUCTION A LA TRADUCTION FRANÇAISE^ xxxi

en nous demandant comment' se comporte l'individu dans certains phénomènes religieux, pris comme ty;pes.

. Nous considérons comme particulièrement caractéristique, dans l'ensemble de la religion, tout ce qui concerne le groupement des individus en associations religieuses, en ordres, en sociétés secrètes, en églises. Ils y sont classés hiérarchiquement, la hiérarchie montant par degrés du simple fidèle aux grades supérieurs du sacerdoce et aux dieux. C'est là un phénomène général, car nous ne connaissons pas de sociétés religieuses qui n'aient un minimum de hiérarchie. Le minimum concevable se réaliserait nécessairement dans une société inorganique, sans dieux, où les individus seraient tous à la fois, au même degré et de la même façon, fidèles et prêtres, par la distinction de leurs deux états alternatifs, profane et sacré; car on. ne peut admettre que leur vie religieuse soit égale et constante. Cette hiérarchie religieuse n'est pas purement honorifique. La part prise à l'accomplissement et aux bénéfices des cérémonies croît à mesure qu'on s'y élève; le prêtre est plus près de l'autel et des faveurs du dieu que le simple fidèle. Chaque degré comporte donc des capacités ou des aptitudes spéciales ; à la hiérarchie des aptitudes correspond une hiérarchie de droits et de pouvoir. — Mais le tableau schématique d'une société religieuse n'est pas aussi simple : outre les degrés hiérarchiques, il compte des classes parallèles, sexes, âges, familles, clans, tribus, etc., ayant théoriquement des aptitudes et des pouvoirs religieux différents, par conséquent, des rites, souvent des cultes spéciaux. En dehors même de ces séries régulières de classes parallèles, les sociétés religieuses admettent des ordres spéciaux, des conditions spéciales, avec des capacités religieuses également bien définies : tel est le naziréat juif. Il va de soi que cette différenciation n'est pas nécessairement toujours réalisée; elle ne l'est même, assez souvent, que fort imparfaitement; mais en somme on peut poser en principe que les individus ont, à chaque moment de leur existence une place marquée et limitée dans la société religieuse dont ils font partie. C'est un premier point, d'ôii il résulte que la religion comporte nécessairement des relations sociales.

La place de l'individu dans la société religieuse peut être indiquée , ipso facto ^^diV la naissance, le sexe, certains états physiologiques accidentels, périodiques ou chroniques, le rang social. Nous disons indiquée, plutôt que déterminée, car généralement, même alors, il faut des cérémonies spécialement religieuses pour donner à l'intéressé

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