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Ovide, Fastes, II, 267 et suiv

- LES ROMAINS 6d3

ferant arva. Pour l'obtenir ils célébraient le culte de Dea Dia, indigitation de la déesse Ojps, dans son bois sacré situé sur la via Campana, à cinq milles de Rome. Là avait lieu le sacrifice de la fête annuelle du mois de mai, qui durait trois jours; mais on en célébrait d'autres, quand il y avait lieu d'accomplir des piacula in luco. Dans Rome même, les Arvales remplissaient certaines de leurs fonctions rituelles. Plus tard ils participèrent spécialement au culte des empereurs.

§ 125. — Le calendrier et les fêtes *.

Jusqu'à l'époque où Jules César réforma le système de calcul du temps, le calendrier romain resta extrêmement confus et arbitraire. Aussi les calendriers que nous possédons datent-ils seulement de l'empire.

La division du temps avait un caractère essentiellement religieux. Un membre inférieur du collège des pontifes avait à observer la première apparition de la lune et à la signaler au rex sacrorum, qui alors convoquait le peuple au Capitole [calare] et fixait les nones au cinquième ou au septième jour suivant. Aux calendes, on offrait un sacrifice à Junon ; aux ides, on sacrifiait à Jupiter ; les nones n'étaient pas consacrées à une divinité particulière. De la volonté des pontifes dépendaient non seulement la fixation des fêtes religieuses, mais aussi la désignation des jours propres ou impropres aux actes judiciaires {dies fasti) ou aux assemblées du peuple {dies comitiales). C'est à une date relativement récente (304 av. J. C.) que l'édile Cn. Flavius rendit publiques les dates des fastes, de façon que chacun pût les lire sur le Forum. César enleva le calendrier à l'arbitraire des pontifes ; jusqu'à lui, il n'y avait pas eu de règle précise pour l'intercalatiôn; on s'en remettait aux prêtres pour introduire suivant les besoins des mois intercalaires dans l'année [menses intercalares).

Sur les calendriers les jours portaient différents signes. F désignait les jours fastes [fasti, quibus verba certa légitima sine piaculo prsetoribus licet farï) ; C, les comitiaux [comitiales] ; N, les néfastes [nefasti, per quos dies nefas fari prsetorem ; do, dico, addico) ; EN, endotercisi ou intercisi, per quos mane et vesperi est nefas, medio tempore inter hostiam csesam et exta porrecta fas. Les jours néfastes n'étaient pas du tout des jours de malheur, mais seulement des jours où pour quelque raison ne devait avoir lieu aucun acte de justice. Même les jours de réjouissance dans les fêtes des grands dieux en formaient justement une partie ; c'est à eux peut-être que s'applique le signe NP, dont on n'a pas donné jusqu'à présent d'explication définitive. D'autre part il y avait des jours [dies atri, religiosi, funesti) que l'on évitait de choisir pour toute entreprise publique ou privée, pour les voyages, les mariages, etc. ; par exemple, les jours consécutifs aux calendes, aux nones et aux ides, les trois jours de mundus patet (24 août,

1- Consulter Fexcellent livre de W. Warde Fowler, The Roman Festival of the period of the Republic, 1899.

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o octobre, 8 novembre); et justement une grande partie de ces jours-là étaient fastes ou tout au moins comitiaux.

Un petit nombre de noms de mois se rapportent à des divinités : mai [Maius), qui sans doute tenait son nom de la déesse du printemps Maia; janvier [Januarius], qui se rattachait à Janus, le dieu des commencements, et mars [Martius], qui se rapportait à Mars, dieu du printemps. Il y a dans ce calendrier deux commencements différents de l'année : mars était à l'origine le premier mois, plus tard ce fut janvier. Février, au point de vue religieux, terminait l'année; son nom même le désignait comme « à la fois le mois de purification, d'expiation et des morts ».

Si maintenant nous examinons dans les calendriers les indications relatives aux fêtes, nous remarquons tout de suite qu'un grand nombre n'y sont pas mentionnées. Telles sont, par exemple, celle des Ambarvalia et la fête annuelle de la Dea Dla, célébrées l'une et l'autre en mai, mais à dates variables. Naturellement le calendrier ne pouvait compter que les fêtes fixes [feriœ stativœ), à l'exclusion-des fêtes mobiles célébrées sans doute chaque fois à peu près à la même époque, mais qu'on pouvait avancer ou différer [feriœ imperativœ, conceptivœ, indictivœ). Parmi celles-ci nous citerons particulièrement les fe^Hœ Latinse. Ces fêtes devaient être ordonnées par les nouveaux consuls à leur entrée en fonctions [concipere Latiar), et ils n'avaient pas le droit de se rendre dans la province avant qu'elles eussent eu lieu. On se réunissait sur le mons Albanus; on y sacrifiait à JiqjUer Latiaris un taureau blanc, dont on partageait les morceaux entre les villes de l'union latine ; on priait pour Rome et pour le Latium. Suivaient un banquet sacrificiel et des jeux populaires, entre autres celui des oscilla. C'était une fête de l'union latine ; pour la fête les magistrats quittaient Rome, la remettant à la garde d'un prœfectus Urbis feriarum Latinarum. Dans la ville même on faisait un sacrifice à Jupiter Latia7ns, et des courses avaient lieu au Capitole.

On appelait feriœ les jours où il y avait des sacrifices suivis de banquets et où le travail était arrêté. L'extension du terme n'était du reste pas exactement fixée; certains jours où l'on procédait à des actes du culte n'étaient pas des feriss. De plus, en dehors des feriss publicœ marquées sur le calendrier, il y avait des fêtes de famille et de gens, célébrées comme des feriœ. Mommsen * a pu dresser un tableau des fêtes publiques fixes de l'époque la plus ancienne, avant qu'aucun emprunt religieux eût été fait à la Grèce, avant même l'apparition des dieux capitolins. Cette liste permet de se faire une idée de ce qu'était alors la religion. Les dieux principaux étaient Jupiter, auquel les ides étaient consacrés et en l'honneur duquel se célébraient aussi les fêtes de la vendange; avec lui, Mars et son compagnon habituel Quirinus. Jupiter « méchant )) { Vediovis) avait, le 21 mai, une fête sacrificielle [agonia). Les fêtes du dieu Mars étaient au premier plan, celles du mois de mars [Equiria, courses de chevaux; Mamuralia, tête des boucliers ; Quinquatrus, danse des armes ; Tubilustrium, consécra-

i. Rom. Gesch.,ï,p. 161 et suiv.

tion des trompettes), en octobre l'A j^mi/wSifm^în, Quirinus avait sa fête le 17 février. Venaient ensuite les fêtes du labour et de la vendange, puis quelques fêtes de pasteurs : en avril, sacrifice à Tellus {Fordicidia) le 15, le 19 à Cérès [Cerialia), le 21 à Paies, la déesse des troupeaux [Parilia], le 23 à Jupiter protecteur des vignes [Vinolia; on ouvrait les tonneaux de l'année précédente), le 25 à fîobigus, la rouille, qui menaçait les jeunes pousses des moissons [Robigalià). Au moment de l'engrangement des récoltes, on fêtait Consus {Consualia, 21 août) et Ops {Opiconsiva, 25 août) ; en décembre, on rendait grâces aux mêmes divinités pour la protection des greniers [Consualia, 15 décembre; O^oalia, i9 décembre). Le 17 du même mois arrivaient les nouvelles semailles [Saturnalia). Pour le vin, en dehors de la tête d'avril dont nous avons déjà parlé [Vinalia], on en célébrait encore deux autres : une le 19 août ( Vinalia) et une autre le 11 octobre [Meditrinalia; on attribuait au moût nouveau une vertu curative). A la fin de l'année, les pasteurs célébraient Faunus [Lupercalia, 17 février) et les laboureurs Terminus [Terminalia, 23 février). La fête des bois, en l'honneur des sylvains, tombait en été {Lucaria, 19 et 21 juillet), en automne celle des fontaines [Fontinalia^iS octobre), et le jour le plus court de l'année on célébrait le soleil nouveau [Divalia, Angeronalia, 21 décembre). Les marins même avaient aussi leurs fêtes : le 23 juillet les Neptunalia, le 17 août les Portunalia, le 27 août les Volturnalia, qui étaient aussi en l'honneur du dieu Tibre. Les métiers et les arts étaient peu représentés dans la religion; ils l'étaient par Vulcain, honoré non seulement par les Volcanalia du 23 août, mais au second lubilustrium, le 23 mai. La déesse Carmentis, avec les Carmentalia (11 et 15 janvier),, a d'après Mommsen un rôle analogue : elle aurait été à l'origine la déesse des formules magiques et du chant, plus tard elle fut préposée aux enfantements. Bien plus importantes étaient les fêtes de la famille : les Vestalia (9 juin), les Matralia (11 juin), Liberalia (fête de la bénédiction de l'enfant, 17 mars), Feralia (21 février), Lemuria (9, 11, 13 mai). L'importance des anciennes fêtes civiques [Regifugium, 24 février; Poplifugia^ 5 juillet; Septimontium, 11 décembre) n'est pas moins évidente. Le 9 janvier on offrait à Janus comme dieu des commencements une fête sacrificielle {agonia). En. ajoutant à toutes ces fêtes les Furrinalia (25 juillet), qui avaient presque disparu, et les Larentalia (23 décembre), nous avons le système le plus ancien de ferise publicss fixes qu'il soit possible de reconstituer.

Le calendrier marquait encore les dies natales, les jours de fondation et de dédication des temples, les jours de naissance de certaines personnes, comme les empereurs et les femmes de la famille impériale. Les fêtes presque sans exception ou datent des origines, ou sont d'institution toute récente; elles viennent des rois ou des empereurs.

Les jeux {ludi) font exception. Ils datent presque tous de l'époque de.la république, sauf les ludi romani, les plus anciens d'entre eux. On les célébrait à l'automne, quand l'armée revenait victorieuse de la guerre. A l'origine, ils duraient un seul jour, mais on les prolongea de plus en plus.

si bien qu'au cpmmencement de l'empire ils duraient 16 jours, du 4 au 19 septembre. Les ludi Romani conservaient le caractère d'une fête triomphale, ou le cortège solennel [pompa] ^ de la jeunesse romaine suivie de ceux qui prenaient part aux jeux, des objets consacrés, des images des dieux portées sur des civières et de leurs attributs {exuviœ) traînés sur des chars par les puer'i patrimi et matrimi, tenait une place essentielle. De tous les jeux, la course de chars était sans doute le plus ancien. Le ludus Trojœ, course de jeunes garçons, n'est signalé pour la première fois que sous Sylla; cependant il fait bien vraisemblablement partie des programmes les plus anciens.

À côté des jeux romains furent institués, d'abord sans doute les ludi plebeii, qui avaient lieu danstle circus Flaminius. Eux aussi ne duraient qu'un jour à l'origine, mais ils finirent par en durer quatorze ; ils comprenaient alors des courses à pied et des jeux spéniques; il n'est pas expressément fait mention de procession. De même que Vepulum Jovis des ides de septembre coïncidait avec les ludi Romani, de même Vejndum Jovis des ides de novembre était le moment principal des ludi plebeii^.

Les ludi cp.riales ou Cerialia (19 avril) datent peut-être de la même époque. Ils consistaient également en jeux dans le Cirque, mais on n'y voit mentionnés des jeux scéniques qu'à une époque. récente. Ils comprenaient de vieux rites populaires : par exemple, on y chassait des renards à la queue desquels on avait attaché des tisons. Les Cerialia se célébraient suivant le rite grec sous la surveillance des décemvirs, et on les rapportait au mythe grec de Déméter-Koré; mais que cela ne nous tromj)e pas sur le caractère de Cérès, qui est une ancienne divinité romaine, déesse des champs et patronne des plébéiens.

Les ludi ApoUinares furent célébrés pour la première fois, en l'honneur d'Apollon et dans le circus Maximus, au milieu des dangers de la seconde guerre punique (en 212 av. J.-G.) et sur l'indication des oracles marciens. Ils tombaient en juillet, et plus tard ils prirent plusieurs jours. Les ludi Megalenses, postérieurs de peu d'années (204 av. J.-C), avaient une origine semblable; ils se célébraient en avril, en l'honneur de In. Mater Magna de Pessinonte ^. Dans les ludi Megalenses, comme dans les ApoUinares , les représentations scéniques tenaient la première place, mais on y joignait des spectacles de cirque.

Les ludi florales étaient un peu plus anciens que ceux d'Apollon et de la Mater Magna. On les célébrait en mai; c'était une fête joyeuse, bruyante et populaire. — Il y avait encore un grand nombre d'autres jeux, d'importance moindre, les uns privés (comme les ludi funèbres), d'autres d'institution récente (comme les ludi victoriœ Cœsaris, et les ludi Augustales).^e^ ludi pub lici avaient été eux aussi primitivement des fêtes de circonstance occasionnées par des vœux [ludi votivi), puis étaient devenus des jeux fixes, annuels et admis dans le calendrier.

1. Denys d'Halicarnasse (VIT, 72) en donne la description d'après Fabius Victor.

2. Voir la description de ces jeux dans Ovide, Fastes, IV, 393 et suiv.

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