Psalt. Hier., p. 156 et suiv
militent en faveur de cette opinion (que Dillmann * rejette comme arbitraire et dénuée de toute preuve) sont les suivantes : 1° les relations existant d'après Juges lie, 4ii, entre les Kénites et le beau-père de Moïse désigné ailleurs comme Madianite; 2° le fait que, pour Israël, Jahvé habite sur le Sinaï; c'est donc là qu'il faut chercher le siège originel de son culte; 3° l'importance du rôle joué par les Kénites comme adeptes d'un Jahvisme rigoureux, à l'époque oii ils ont été admis en Israël-. Mais si Israël a emprunté le culte de Jahvé, il l'a transformé profondément. Ce que Jahvé a été en Israël, il ne l'a certainement été nulle part ailleurs.
§ 46. — La relig-ion primitive d'Israël.
Nous ne savons que peu de chose des idées religieuses qui précédèrent en Israël la croyance à Jahvé. La conception qu'on peut en avoir dépend du jugement que l'on porte sur les récits relatifs aux patriarches. Bien qu'on soit généralement d'accord pour admettre qu'ils n'ont aucun caractère historique, il existe de graves divergences dans la façon de les comprendre et de les apprécier. L'interprétation mythologique, poussée à ses dernières conséquences surtout par Goldziher^, n'a plus guère de partisans. D'autre part, Kuenen et d'autres regardent ces récits comme des légendes généalogiques, où se reflète l'histoire des tribus; pour ces savants, les personnages nommés sont en très grande partie des héros éponymes ; ils refusent de reconnaître dans leur histoire aucun souvenir véritable de l'âge patriarcal. Mais c'est avec raison, semble-t-il, que Dillmann '^ et d'autres se placent dans cette question à un point de vue opposé. Leur opinion est, il est vrai, solidaire de leur théorie du Code sacerdotal (A) qu'ils considèrent comme la partie la plus ancienne du Pentateuque. Il faut faire ici sa part à la critique isagogique. Si, à l'encontre de Dillmann, l'on rejette le Code sacerdotal jusqu'après l'exil, les brefs renseignements qu'il prétend nous donner sur la période des patriarches ne sauraient être considérés que comme un remaniement, conforme à une théorie en partie très transparente, "Se données séculaires.
Pour apprécier la valeur des autres récits, il nous faut partir de deux considérations : il n'y a pas de peuple qui connaisse l'histoire de sa propre origine; d'autre part, tous les peuples, en arrivant à la lumière de l'histoire, y apportent un trésor de traditions, de souvenirs, de récits, que l'on rattache à des noms propres et à des localités, et que chaque génération répète à sa manière. Il est impossible de faire le départ entre ce qui est historique et ce qui ne l'est pas. Les monuments ainsi élaborés reflètent, diversement suivant les époques, la vie nationale, telle qu'elle se