‹ Manuel d'histoire des religions [microform] ;Chapitre 44 sur 142 · Dillmann, Handb. d^v altt. TheoL, publié par Kittel · texte numérisé non relu

Dillmann, Handb. d^v altt. TheoL, publié par Kittel

manifeste dans les hommes qui dirigent le peuple et parlent pour lui. Ces hommes furent, en Israël, les prophètes. Dans les documents- que nous possédons, le fond légendaire (il ne s'agit pas ici de mythes à proprement parler, et moins encore de fictions créées de propos délibéré) a servi de matière à la prédication et exprime par suite d'une manière précise la notion de Dieu propre, par exemple, au ix^ et au vm*^ siècle. Au point de vue religieux, leur valeur ne réside pas dans le fond historique qu'on peut en extraire avec plus ou moins de vraisemblance, mais dans l'esprit qui anime les figures, qui leur donne le sang et la vie, et en fait des types où s'exprime le caractère particulier d'Israël avec une vérité et une vigueur incomparables ^

Pourtant il faut maintenir que ces récits nous conservent, sans doute confusément, des souvenirs locaux, souvenirs de familles et de clans ^. Il faut bien l'admettre : ce qui se présente comme histoire des personnages est en grande partie histoire de la tribu ; on a traduit par ces récits des relations géographiques et ethnologiques ; on a reporté à une antiquité très reculée des événements d'une époque postérieure ; les personnages \ sont souvent des héros éponymes; on a assez fréquemment rattaché à un nom, qui varie d'ailleurs suivant les divers cycles, des événements disparates. Mais il ne s'ensuit pas qu'il faille nécessairement dénier toute créance à l'historicité des patriarches, et on n'est nullement tenu de contester tout caractère de souvenir positif aux récits relatifs, par exemple, à l'origine mésopotamienne et à la vie nomade d'Israël à travers la Palestine jusqu'en Egypte^. Du moins, ne suffît-il pas, pour expliquer les récits sur les patriarches, de prétendre, avec Stade, que les sanctuaires empruntés aux Chananéens ont été originellement Israélites. La théorie que nous ado^Dtons a l'avantage de fournir une base à l'étude des origines d'Israël et surtout de sa religion.

Cette affirmation est en contradiction directe avec l'opinion de Stade. Celui-ci conteste qu'il y ait aucune relation entre le Jahvisme et l'ancienne •. organisation religieuse d'Israël. D'après lui, rien n'indique que ce peuple ait eu, avant Moïse, aucun culte (p. 130); mais de nombreux faits empruntés surtout à la constitution de la famille et de la tribu prouveraient que la religion d'Israël avant Moïse était un animisme, dont les principales manifestations sont le culte des ancêtres et le totémisme. (Le totémisme a été mis en lumière particulièrement par Robertson Smith *.)

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