‹ Manuel d'histoire des religions [microform] ;Chapitre 71 sur 142 · Ed. Meyer, Gesch. des Alterthums, II · texte numérisé non relu

Ed. Meyer, Gesch. des Alterthums, II

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Homère. Il est absolument certain que les Grecs rendaient un culte à des pierres et à des rochers sacrés. Il est remarquable de voir combien ce culte a laissé de traces ; Pausanias en a rencontré un nombre surprenant dans les coins reculés de la Grèce, à une époque relativement très moderne. Il nous parle souvent de vieilles pierres; Xtôoc àpyot, que lui et les auteurs d'après lesquels il écrivait prenaient sans doute pour des idoles, des images de divinités, mais que nous devons considérer comme les restes d'un culte fétichiste des pierres: par exemple, les 30 pierres sacrées de Paros, la pierre de Tégée, etc. ^ Deux pierres non taillées se dressaient sur l'Aréopage d'Athènes; dans les procès le plaignant et l'accusé se plaçaient auprès d'elles; on les appelait AtOoç uêpscoç et Atôoç àvatSetaç *. Les Hermès sont des pierres sacrées qui commencent à se transformer en images. Même aux temps historiques nous trouvons des exemples de litholâtrie pure, dans l'un des Caractères de Théophraste. Outre les pierres on adorait comme fétiches les ^oxva, blocs de bois grossièrement travaillés, qui passaient pour être tombés du ciel. Pour les vieilles images protectrices des cités, les palladiums, il est également difficile de distinguer entre le fétiche et l'idole. Nous trouvons aussi des bâtons ou des planches qui sont l'objet d'un culte, comme le prétendu sceptre d'Agamemnon à Chéronée et une certaine image de Héra à Argos.

Quand nous parlons du culte des arbres^ chez les Grecs, nous ne pensons pas aux divinités qui présidaient à l'éclosion des fruits et à la récolte, ou aux usages religieux observés pendant les fêtes qui avaient trait à la croissance des céréales, à la culture de la vigne, aux soins des arbres fruitiers; nous pensons tout aussi peu à cette déification de la végétation que l'influence étrangère introduisit en Grèce avec le culte d'Adonis. Nous ne voulons désigner par là que l'adoration très ancienne des plantes et des arbres sacrés. Nous y rattachons la conception des Nymphes des arbres. Dryades, Hamadryades, Mélies, qui habitaient les chênes, les cyprès, les frênes sacrés et d'autres arbres encore et qui mouraient en même temps que leur arbre * : de là cette répugnance à abattre ces arbres, dont Pausanias donne plusieurs exemples. Les arbres qui ont une place dans les mythes et le rituel ont été certainement sacrés par euxmêmes à l'origine : ainsi le palmier de Délos auquel Latone se cramponna au moment de la naissance d'Apollon et d'Artémis, le laurier de la vallée de Tempe où l'on prenait les couronnes destinées aux vainqueurs des jeux Pythiques, l'arbre sacré de Rhodes, que l'on associa plus tard à Hélène. Parmi les grands dieux, Artémis et Dionysos en particulier ont hérité des vieux arbres sacrés; on les appelait SsvopiTtç; on suspendait aux arbres des idoles d'Artémis, on plaçait des masques barbus

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