Od., XIX, 2, 52 XVI, 260 et passim
Homère fait allusion à plusieurs mythes de Phébus-Apollori, sa naissance à Délos, l'amour de Marpessa, le meurtre d'Otos et d'Éphialtès *. Pour Homère, Apollon est Xujcyiyevi^ç, le Lycien, et SatvQeu; dans le chant I de l'Iliade où parait Ghrysès, le prêtre d'Apollon. On y voit le dieu tirer de l'arc et envoyer avec ses flèches les maladies et la mort. Mais en général il est AucpiAoç, le favori de Zeus, qui ne se révolte jamais contre lui et qui publie ses arrêts. A cause de cela, il est -aussi le dieu de la divination. Homère le connaît déjà comme dieu pythique. Apollon envoie les sig-nes et accorde le don de les interpréter : il ne fait pas tout cela pourtant de son propre chef, mais comme prophète de Zeus. Ce qu'il y a de plus caractéristique c'est qu'Apollon est, avec Zeus, la seule divinité qui soit entièrement supérieure aux hommes. — La sœur d'Apollon, Artémis, se sert aussi de l'arc et des flèches et se trouve être ainsi une déesse de la mort; elle est cependant bien moins importante que son frère. — Nous ne parlerons pas ici de la foule des divinités inférieures, esprits des eaux, serviteurs des habitants de l'Olympe (Hébé, Ganymède), groupes de dieux (Heures, Muses, Charités), dieux de la mort (Kères), etc.
Sans énumérer un à un les cultes mentionnés dans Homère nous allons essayer maintenant de définir le caractère de la religion telle que la présentent en général Vlliade et VOdyssée. Nous connaissons déjà les dieux. Ulysse a une adoration particulière pour les Nymphes et dans son serment atteste son foyer, îcttit], en même temps que Zeus ^ Il y a peu de traces d'un culte des morts : dans le chant XI de VOdyssée, on offre aux défunts un sacrifice sanglant et des libations ; le poète insiste fortement sur les devoirs funéraires ; Patrocle et Elpénor se lamentent tant qu'ils restent sans sépulture; on honore Patrocle par des jeux funèbres. Il est à remarquer que les Troyens ont certains dieux en commun avec les Grecs. Zeus réside aussi sur l'Ida, Apollon et Athéné ont aussi leurs temples à Dion.
La seule idole dont Homère parle expressément est une image assise d' Athéné qui se trouve à Troie ^; sur les autres àyaXjxxTo., il nous laisse dans l'obscurité. Il y avait déjà des temples (vaoç, une fois même [xsyaXov aSuTov), mais encore plus de lieux sacrés et de bois sacrés (tIjxsvoç, aXo-oç), en dehors desquels on élevait aussi des autels en plein air. Le culte n'était donc pas plus lié à des lieux qu'il n'était attribué à des personnes déterminées. Le père de famille sacrifiait lui-même à son Zeus IpjcsTo?, le prince faisait de même, comme Nestor ou le grand roi Agamemnon, avant de livrer bataille. Il y avait sans doute des prêtres (kpsiç), qu'on appelait aussi diseurs de prières (dp-fiTTîpeç) et devins {[j-àvrecî), mais ils ne formaient pas une caste avec des règles établies et n'exerçaient non plus aucun droit exclusif. Ils. étaient mariés ; Ghrysès vint au camp pour réclamer sa fille, et la prêtresse d' Athéné Théano avait un époux.