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sans doute que le symbole de la décision déjà prise. Il en est autrement du destin qui est représenté tantôt comme le sort en tant qu'il est subi, tantôt comme la puissance distributive elle-même. Homère emploie en général pour le désigner les mots aTcra. et [j.oTpa qu'il ne personnifie pas : il ne parle que deux fois des Moirai ou Klothes (les Fileuses) ^ On a souvent étudié les innombrables passages où il est question dans Homère de fxoTpa et de aToa et l'on est arrivé aux résultats les plus différents. Le destin semble tantôt être étroitement lié à Zeus et aux dieux, il se nomme alors Aïoç aida, [jLoTpa 6 s wv, il semble que le sort soit complètement identique à la volonté de Zeus, à l'avis des dieux, au ÔétrœaTov, tantôt, il y a entre les deux choses un désaccord indéniable. On a cru que Zeus était au-dessus de la Moira, mais plus d'un passage prouve le contraire et montre Zeus obligé d'obéir à la fatalité. En général les dieux ont soin de respecter les limites tracées par la Moira'-. Il serait possible, in abstracto, de franchir ces limites; on désigne cette possibilité par l'expression ôirépfxopov. Ainsi Zeus aurait pu changer le sort de son fils Sarpédon ^, mais cela eût été si périlleux qu'il n'osa pas le faire. Il ne faut pas chercher ici de doctrine définitive. D'un côté le destin passe pour inévitable et fatal. D'autre part la supposition qu'il pourrait arriver quelque chose de contraire à la destinée donne du charme et de l'intérêt au récit. Nous lisons souvent que telle ou telle chose contraire à la fatalité se serait produite si une divinité n'était pas intervenue au dernier moment; il semble même quelquefois que le 6:r£pîy.opov soit atteint en réalité*; mais il est dangereux de tirer une doctrine d'expressions poétiques. On a du reste souvent exagéré la valeur religieuse de la doctrine du destin chez Homère, par exemple quand on a découvert une idée monothéiste dans là conception de la Moira. On aurait pu remarquer que la Moira ne s'entend point d'une fin générale de l'univers, mais de la fin spéciale des choses particulières, notamment dans le cas de la mort. Homère n'a donc certainement ni inventé ni développé l'idée de la Moira pour satisfaire à des besoins religieux. Partout la croyance populaire connaît des esprits qui gouvernent le sort des individus ; Homère a sans doute emprunté cette conception à la croyance populaire. Contrairement à celle des dieux, la puissance delà destinée est impersonnelle, aveugle, impartiale. Mais je ne suis pas certain qu'elle représente en quelque sorte un rythme bienfaisant, tranquillisant au milieu d'un concert d'instruments déréglés ^. C'est la MoTpa SucrwvujAoç, ôAov], xpaxar/f, dont on ne peut attendre ni sécurité ni secours. Tout au plus y a-t-il une sorte d' adoucissement dans l'idée que le jour de la mort est fixé pour tous les hommes^.
Quand l'homme se sentait dépendre de puissances supérieures, il ne se