‹ Manuel d'histoire des religions [microform] ;Chapitre 92 sur 142 · Apollon., Argonautica, IV · texte numérisé non relu

Apollon., Argonautica, IV

546 HISTOIRE DES RELiaiONS

importantes on sacrifiait des hécatombes, où les victimes n'étaient pas toujours exactement au nombre de cent. Les sacrifiants privés, ou les magistrats quand il s'agissait de sacrifices d'État, préparaient la cérémonie; lès prêtres recevaient les oblations, les consacraient, immolaient les animaux et récitaient les prières d'usage. La part des dieux était brûlée avec des fumigations d'encens ; le sacrifiant et ceux qui avaient pris part à la cérémonie faisaient un festin de ce qui restait. Dans les grandes fêtes il y avait des repas populaires.

Le sacrifice était naturellement assujetti à une infinité de règles. Les animaux immolés devaient être beaux et sans défauts, ouBèv xoXopàv 7rpo(7oépo[jt.sv Tcpoç TolçQs.ohq, àXXà xÉXetaxal oXa *; par exception on mentionne à Sparte le sacrifice de victimes estropiées (dvaV/ipa). Le feu devait être pur : on ne pouvait y employer n'importe quel bois. Les Spartiates emportaient en campagne du feu pris au foyer national; les colonies allumaient leur feu sacré au foyer de la cité mère. Le prêtre ne devait pas être souillé par un contact impur; il portait en sacrifiant des vêtements blancs et en entrant dans le sanctuaire il se lavait les mains dans l'eau salée bénite {lipwli). Les assistants étaient au préalable arrosés d'eau et touchés avec un charbon pris au feu de l'autel. A ces prescriptions rituelles s'en ajoutaient quelquefois de morales : Asclépios, à Epidaure, exigeait des intentions irréprochables; un oracle de Delphes^ impose la même obligation. Au moment de l'immolation, on réclamait le silence (sùcp-/i[7.ta) et l'on faisait de la musique; de préférence on employait la flûte. Les sacrifices étaient accompagnés de chants et de danses; le culte des Euménides à Athènes faisait exception ; on les appelait pour cette raison les iiauyJociLi. Les cérémonies sacrificielles avaient en général un caractère très solennel. La littérature nous parle de pompeuses processions (icpocroSoi), avec des chœurs qui chantaient les poèmes sacrés, des défilés de prêtres et de magistrats, processions que nous voyons aussi représentées sur les vases et les bas-reliefs.

La prière était en connexion avec le sacrifice. C'était une formule qui accompagnait l'offrande et présentait à la divinité le vœu du sacrificateur. Le prêtre récitait la formule, et les fidèles la répétaient. Ces prières mises à part, il y avait d'innombrables occasions de prier. Le matin, et au moment du repas, on invoquait Hélios en versant des libations ; à Athènes, avant l'assemblée du peuple, on prononçait une prière dont, par hasard, nous connaissons la formule^. Il est à noter que pour les Grecs, la prière n'a pas été uniquement une chose rituelle, mais qu'ils l'ont enrichie d'idées et de sentiments religieux. Peu de peuples nous ont laissé, dans la prière, autant de manifestations de piétç intérieure que les Grecs. Les Spartiates priaient les dieux de leur faire don de ce qui était bon et beau ; Pythagore et Socrate enseignaient qu'il fallait leur demander le bien; Platon décrit la piété se manifestant dans la prière ^. Outre la supplication

Page 1