Platon, Leges, X, 887 et suiv
(eux.-*!) et l'action de grâce (sTcaivoç), les Grecs connaissaient l'acte d'adoration proprement dit. Les hymnes et les chœurs tragiques qui louent les dieux, représentent leur essence et leur figure, ou s'abîment dans la contemplation de leur splendeur, sont des formes de la prière.
Le serment (opxoç) et la malédiction (àpa) se prononçaient aussi en invoquant les dieux, et, par là, il faut les regarder comme des prières. Les Grecs en prononçaient souvent. A Athènes, dans la prière qu'on prononçait avaiit l'assemblée du peuple, on lançait une malédiction sur quiconque livrerait l'État aux Mèdes ou s'emparerait de la tyrannie. Le prêtre de Zeus, à Athènes, menaçait de sa malédiction tous ceux qui refuseraient de montrer sa route à l'homme égaré, de donner du feu au suppliant, qui souilleraient l'eau ou laisseraient les morts sans sépulture. On vouait en général les maudits aux Erinyes, mais aussi à d'autres divinités. On mettait des tablettes de plomb dans les tombeaux pour recommander ses ennemis à la vengeance des êtres souterrains. Le serment renfermait toujours une malédiction contre le parjure; en général, on y invoquait Zeus ô'pjcio;, mais, également à Athènes, Déméter et Perséphone ([xà tw ôsoj). Un orateur définit le serment « une garantie qu'offrent à l'État les magistrats, les juges et les particuliers en attirant sur eux en cas de parjure les châtiments divins « *.
Passons maintenant du culte public aux cultes privés. Entre les deux se trouvait le culte des phratries qui était célébré aux frais de l'État; au mois de Pyanepsion ces groupes fêtaient pendant trois jours les Apaturies; on offrait des sacrifices, on festoyait en commun et les pères introduisaient leurs enfants légitimes dans leur phratrie ^. Le culte des différentes communautés (Ipavot, ôtacjot^) ressemblait à celui des tribus. Mais le culte privé proprement dit est celui de la famille *. Il y avait dans la maison des Hermès et des autels, dans la rue un Hermès ô'Stoç; à la porte un Apollon àyutsuç ; dans l'entrée, comme protection contre les voleurs, un Hermès c-TpocpaToç; dans la cour l'autel principal consacré à Zeus IpxeToç; de plus des autels pour les 6 sol xr^tjtot, Zeus, Hermès, Agathodaimon, tu^,-/) àyaô-ji, Ploutos, et pour les ôeoi Trarpûoi, surtout Apollon. A la différence des Romains, les Grecs considéraient donc les grands dieux eux-mêmes coinme les génies protecteurs de la maison. Mais la déesse principale de la maison était Hestia : le foyer domestique était un asile, beaucoup de cérémonies se célébraient autour de lui et le Grec invoquait son Hestia à tout propos. En dehors de ces divinités, les familles d'artisans invoquaient souvent Héphaistos ou Héraklès, les familles aristocratiques rendaient un culte aux dieux ou aux héros auxquels remontait leur origine. La religion