‹ Manuel d'histoire des religions [microform] ;Chapitre 95 sur 142 · Thucydide, II, 34 et suiv · texte numérisé non relu

Thucydide, II, 34 et suiv

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§ 112. — Les oracles, les fêtes et les jeux*.

Dès la haute antiquité nous trouvons acclimatées en Grèce à peu près toutes les formes de la mantique. Une infinité de phénomènes servaient de présages; le superstitieux de Théophraste s'effraye de voir une belette ou d'entendre ronger une souris. On notait les rencontres ou les mots entendus : avant la défaite d'^gos-Potamos, la chute d'un aérolithe fut un mauvais présage ; une éclipse de lune poussa Nicias à abandonner la Sicile. Des devins accompagnaient l'expédition des Dix-Mille et les chefs de l'armée leur obéissaient. Ces devins expliquaient les volontés divines fQe{j.t(TTtov (j-avretç). Bien que la mantique servît à couvrir une foule de désordres et que les devins fussent souvent méprisés, on la considéra comme légitime et bienfaisante; on la trouve nommée dans Platon lui-même çtXt'aç Qêwv xal àvôptoTrwv S-qjxtoupydç^, l'instrument de l'alliance des hommes et des dieux. Du reste les anciens philosophes se sont beaucoup préoccupés d'expliquer la mantique.

La mantique n'était pas isolée du reste de la religion, elle était étroitement alliée au culte. C'est Zeus qui envoie les signes, c'est Apollon qui confère l'esprit de clairvoyance; mais d'autres divinités aussi, notamment les dieux chthoniens, exercent des influences mantiques. Le culte officiel comportait des institutions divinatoires. Les prêtres et les magistrats avaient à examiner les entrailles des animaux offerts en sacrifice; à Sparte, les éphores devaient observer les signes célestes, à Athènes les pythaistai étaient chargés d'examiner les éclairs.

Certains instituts de devins sont très anciens, comme l'oracle de Zeus Naios et de Dioné à Dodone, où des fouilles récentes ont mis au jour un grand nombre de tablettes votives, sans que l'on ait encore réussi d'ailleurs à expliquer quels étaient les signes et comment était organisé l'oracle. Apollon avait des oracles célèbres à Milet (l'oracle des Branchides), à Claros près de Colophon, à Abai enPhocide, enfin à Delphes ; Héraklès,à Bura en Achaïe, avait un oracle où l'on avait recours aux sorts. Plus tard les oracles qui donnaient en songe des consultations médicales furent très fréquentés, notamment les sanctuaires d'Asclépios à Épidaure et à Pergame. Citons encore les oracles des héros, comme l'antre de Trophonios, les seuls endroits où il soit difficile de ne pas soupçonner les prêtres d'imposture.

Delphes, ôfX'^aXôç ttjç y^ç, xoiv-/) IdTio, ttjç "Elldooç, le nombril de la terre, le foyer commun de la Grèce, a une importance capitale dans le développement de la civilisation grecque. Ce fut d'abord Gaia qui y donna des oracles, plus tard Thémis ; mais, après avoir tué le serpent Python, Apollon s'empara du sanctuaire. L'inspiration mantique s'emparait de la Pythie

1. Bibliographie. — Citons A. Bouché-Leclerq, Histoire de la divination dans l'antiquité (4 vol., 1879-1882). — A. Mommsen, Feste der Stadt Athens, 1898. — Consulter les rapports sur les recherches archéologiques et les fouilles faites à Dodone, Delphes, Olympie, Épidaure.

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