Cf. Stengel, Cultusallerth., p
des torches n'y manquaient ; l'esprit des spectateurs était assez excité et leur attention assez tendue pour les rendre suffisainment impressionnables. On représentait, probablement au moment de la descente dans l'Hadès, les terreurs réservées aux criminels et aux non-initiés dans l'empire des morts, de façon à frapper à coup sûr les imaginations des spectateurs. On peut supposer que les naystères dans leur âge d'or ont exercé une influence réelle sur l'éducation religieuse des mystes. Il va de soi que cette influence diminuait en même temps que croissait le nombre des initiés. Bien que les mystères aient encore été fort respectés à la fin de l'antiquité, qu'un Marc-Aurèle se soit fait initier et que le chrétien Valentinien, au moment où il interdisait tous les autres sacrifices nocturnes, n'ait fait d'exception que pour ceux d'Eleusis, il est pourtant assez clair que l'in&titution avait perdu sa véritable puissance, et que les esprits indépendants restaient, comme autrefois Socrate, à l'écart des foules populaires d'Eleusis.
Très tard, sans doute à l'époque d'Alexandre, des idées nouvelles pénétrèrent les mystères d'Eleusis, leur donnèrent un sens plus profond, et en partie un caractère différent. C'étaient en somme les idées de l'orphisme, et il y eut peut-être alors à proprement parler une doctrine secrète. L'alliance de l'orphisme avec le culte de Dionysos apparaît dans les mystères : Zagreus, qui représente la pensée orphique dans les pièces d'Eleusis, est une figure semblable à celle de Bacchos et se trouve identifié avec lui.
Parmi les lieux d'initiation les plus fréquentés il faut compter l'île de Samothrace; les marins surtout prenaient part aux mystères des Kabires. Ces Kabires restent toujours dans l'ombre; les figures ithyphalliques qui représentent deux d'entre eux nous portent à croire que nous avons encore affaire ici à des dieux de la fécondité. Dans les mystères leurs noms étaient tenus secrets; cependant nous connaissons par hasard ceux des trois Kabires Aœieros, Axiokersos, Axiokersa et du quatrième Kadmilos^ . Dans le temple [Anaktoron) le prêtre {JCoes) procédait aux purifications et aux consécrations après une confession préliminaire.
Uorphisme n'est probablement pas d'origine hellénique ; ce qui s'y mêle de bacchique et d'orgiaque, ainsi que le nom d'Orphée, fait songer à une origine thrace. Mais les orphiques ne tombent point dans la licence du culte de Dionysos; leurs communautés sont à comparer aux sociétés religieuses libres (Ipavoi, O-'acoi, etc.). De même que dans ces dernières, le principe de l'union était purement religieux; ce n'étaient pas, comme la plupart des associations grecques, des associations de famille ou de classe; le besoin individuel d'une religiosité plus intérieure, d'une doctrine plus profonde et d'une vie plus pure était ici le mobile directeur. Un autre trait caracté-