‹ Manuel d'histoire des religionsChapitre 103 sur 160 · II, S · texte numérisé non relu

II, S

et introduit une catégorie spéciale de héros intermédiaires entre les dieux et les hommes.

A côté des demi-dieux les Grecs placent les démons. Mais tandis que ledemi-dieu est une synthèse plastique de Thumain et du divin, il faut au contraire considérer le démon comme un être qui n*est ni homme ni dieu, mais qui se montre aux hommes comme une manifestation divine. Dans la langue épique le mot SoiCijkov signifie sans doute la même chose souvent que le mot Oeck. Mais la véritable signification du mot est déjà tout à fait particulière ici : « ce qui nous surprend tout à coup comme un message d'en haut, ce qui nous favorise, ce qui nous afflige et nous courbe, apparaît à l'imagination surexcitée comme d'essence divine; la notion de Bx((tci>v convient à la définition de cette essence, et il importe peu de savoir si un dieu personnel qu'on pourrait nommer se tient ou non derrière le démon. Les crises d'épilepsie, la démence et la rage prouvent qu'un démon a pris possession de l'homme : le voyant de bas étage ou le prêtre peuvent déduire des symptômes quelle est la divinité qu'il importe de propitier », ou bien — à un degré plus bas — « quel démon s'est installé dans l'homme et doit être exorcisé par des conjurations magiques ». D'autre part, le démon joue le rôle de protecteur personnel ou d'esprit malfaisant attaché à un homme qu'il accompagne pendant la vie, dont il dirige les pensées, les désirs et les inclinations. L'idée qu'un démon est donné à l'homme au moment de sa naissance existe déjà au temps des Orphiques, de Théognis et de Pindare; elle fut fixée alors dans le langage par les mots fOSatfjiojv et tùSa([jLov{a. Les philosophes essayèrent de lui donner un sens psychologique. « La conscience de l'homme est son démon, » dit Heraclite. La conception populaire que n'atteignirent pas ces abstractions survécut et se prolongea dans le christianisme ^

§ 110. — lies mythes.

L'histoire de la religion grecque n'a pas à traiter de ce qu'on appelle Texplication des mythes. Les mythes se sont formés à une époque préhistorique. Nous n'avons à nous occuper ici que de savoir quelle place leur donnaient les Grecs dans la religion. Il est curieux qu'ils aient considéré Homère et Hésiode, qui, nous l'avons déjà vu, traitaient si librement les mythes, comme les vrais représentants et les témoins pour ainsi dire officiels de l'âge mythique.

Les mythes devaient principalement à leurs attaches avec le culte leur importance dans la vie religieuse. Beaucoup sortaient tout simplement du culte, c'étaient des mythes étiologiques destinés à illustrer certains lieux de culte ou souvent à expliquer certains rites; l'association du mythe et du rite remonte parfois si haut que nous ne saurions plus dire quel était le plus ancien. Donc les récits comme le rapt de Korè, l'Upiç

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