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(potestas) du pontifex maximus, qui les recevait dans le collège (capU) en prononçant une certaine formule et en leur donnant le nom d\Amaia. On prenait pour cette fonction des enfants de bonne famille, plébéienne à la rigueur, âgées de 6 à 10 ans. Elles restaient vestales trente ans : dix ans comme apprenties, dix ans pour accomplir les fonctions du culte, dix ans comme maîtresses. Ensuite, si elles le voulaient, elles pouvaient être déchargées de leurs fonctions (exaugurari) et se marier; mais beaucoup d'entre elles préféraient rester dans Vatrium Vestse. L'office des vestales était avant tout d'entretenir le feu dans le temple de Vesta (custodire ignem foci publici sempitemum). De plus elles veillaient sur les palladia de Rome, elles préparaient les mets sacrificiels pour le culte public (mola salsa) et dispensaient les choses lustrales. Elles étaient très considérées et jouissaient de grands honneurs; dans la rue, le consul lui-même leur cédait la place; elles occupaient aussi le premier rang dans les jeux et étaient ensevelies sur le Forum. Le condamné qui par hasard rencontrait une vestale était gracié. Mais leurs fautes étaient punies de châtiments rigoureux. Si le feu sacré s'éteignait, la vestale négligente recevait le fouet;quant à la vestale qui manquait à la chasteté, on Ten terrait vivante. On connaît le prodige de Tan 145 av. J.-C, par lequel la vestale Tuccia se lava du soupçon de ce crime en portant de Teau dans un crible*.
Les pontifes mis à part, nul prêtre n'avait plus d'influence que les augures. Les deux qualités pouvaient d'ailleurs être réunies dans la môme personne, et jointes ensemble à une magistrature. Le collège des augures populi Romani Quiriiium avait pour fonction de prendre les ausptcia publica, qu'il faut bien distinguer des auspices que demandaient les particuliers dans quelque intérêt personnel. Il comprenait à l'origine 3 membres; plus tard il y en eut jusqu'à 16. Nous savons peu de chose sur la constitution intérieure de ce collège. Si les pontifes avaient pour lieu de réunion la regia, les augures avaient leurs assemblées dans Vauguraculum in arce; de même que les pontifes, ils avaient leurs archives. Leur importance dans la vie publique était grande, car des présages défavorables arrêtaient une entreprise quelconque, et la simple objection des augures annulait même toute décision qu'ils déclaraient entachée d'un mauvais présage (vitium). Les augures adressaient leurs prières (precatio) surtout, mais non pas exclusivement, à Jupiter, de qui provenaient les signes sacrés ; aussi les appçlait-on interprètes Jovis optimi inaximi. C'était le magistrat qui consultait les auspices (spectio); l'augure répondait par la nuntiatio, ou, dans le cas où les signes étaient défavorables, par Vobnuntiatio, Les signes répondaient à la question (impetrita) ou se présentaient sans être attendus {oblaiiva) ; tout bruit était un obstacle, aussi commençait on par commander le silence. La science augurale distinguait cinq espèces principales d'auspices: 1** les signes ex (ivibus, tirés du vol des oiseaux (alites), ou de leur chant (oscines), ou de
1. On trouvera les cas de condamnation des vierges vestales dans Preuner, Hestia- Vesta, p. 431 et suiv.
leur simple apparition; 2« les signes ex cœlo, en particulier la foudre; 3^ les signes ex tripudio, tirés de la manière dont les poules mangeaient : ce genre d'auspices était le plus usuel à Tépoque historique; 4° les signes ex çuadrupedis, ou auapicia pedeslria^ généralement défavorables; 5** les signes ex diins, toujours défavorables, et qu'on ne demandait jamais : c'étaient des apparitions ou des bruits accidentels. L'observation et l'interprétation de ces signes formaient une partie des fonctions augurâtes; l'autre partie, non moins importante, comprenait l'inauguration des lieux et des personnes, dont nous avons déjà traité.
Il faut bien distinguer des augures les haruspices*, et si nous les citons immédiatement après les augures c'est seulement à cause de l'analogie de leurs fonctions. A l'inverse des augures, les haruspices furent toujours regardés comme des étrangers, et leur art comme de nature plus ou moins superstitieuse. C'étaient les devins originaires de l'Étrurie, cette genelrix et mater supersiitionis. Il y avait toujours des haruspices établis à Rome, et même, dans les cas extraordinaires, le Sénat en faisait venir d'Étrurie. Leur art divinatoire se distinguait par différents caractères de la science augurale : la science des éclairs était très développée chez eux, ils pratiquaient l'inspection des viscères (extispicium); sans doute ils avaient aussi d'autres règles pour l'interprétation des signes. La consultation de devins irréguliers était nécessaire, la discipline augurale ne s'exerçant que dans des circonstances prévues et strictement nécessaires.
Certains dieux d'origine étrangère recevaient des hommages publics et officiels. Le culte de ces dieux était placé sous la direction d'un collège spécial, qui était par rapport aux dii peregrini et au ritus Grœcus ce que les pontifes étaient par rapport aux dii patrii et au ritus Romanus, Ce collège était formé des duumviri, plus tard decemviri^ et dans les derniers temps quindecimviri sacrls faciundis (XVviris, /*.). Les cultes auxquels ils présidaient avaient d'étroites relations avec les livres sibyllins; le principal dieu auquel ils s'adressaient était Apollon '. Les décemvirs avaient, quand le sénat le demandait, à consulter les oracles sibyllins (adiré, inspiceve libres), et à les interpréter, c'est-à-dire à les appliquer au cas particulier donné. Ils devaient aussi juger de l'authenticité des oracles nouveaux. Ils avaient encore la direction et la surveillance des cultes étrangers, dont ils accomplissaient eux-mêmes une partie des cérémonies ; ainsi les ludi Apollinares et les ludi sœculares. Quand ces cultes avaient leurs prêtres particuliers, comme dans le culte de la Mater Magna, les X {XV) viri exerçaient sur eux une surveillance, et c'est sans doute pour cette raison que ces prêtres portaient le nom de sacerdotes quindecimvirales.
Les pontifes, les augures, les décemvirs ou quindécemvirs, et enfin les épulons, qui avaient la charge d'organiser Vepulum Jovis au Capitole, constituaient les quatre collèges principaux (summa, amplissima collegia), ceux
1, Texte essentiel sur les haruspices, Gicéron, De Divin. ^ II, 12-32.
2. Xviros s. /*., carminum Sibyllœ ac fatorum populi hujus interprètes, antistiies eosdem Apollinaris sacri aenmoniarumque aliarum ptebeios videmîis, Livius, X, 8. L*étude de H. Diels, intitulée Sibyllinische Blatter, 1890, est excellente.
auxquels étaient confiés les cultes d'État les plus importants, et qui par suite exerçaient sur la vie publique la plus grande influence. Plus tard les sodales Augustales, qui présidaient au culte des empereurs, furent placés sur le même rang.
Il existait en outre toute une série d'autres sacerdoces spéciaux, sans influence, mais fort antiques. D'abord un collège qui représentait le droit international, les obligations religieuses de la guerre et de la paix, celui des Fefiales, antique institution italienne. Leurs fonctions se bornaient aux déclarations de guerre et aux alliances. Leur chef avait le titre de paler patratus; ils emportaient avec eux de l'herbe sacrée du Capitole [sagmina ou verbenœ), le sceptre et le lapis silex du temple de Jupiter Feretrîus. C'est sur cette pierre qu'ils prêtaient serment, et c'est à elle qu'ils immolaient le porc, victime du sacrîficfe d'alliance (fœdus ferire). Avant une déclaration de guerre, le paler patratus avait à demander satisfaction (clarigalio, res repetere)\ si elle n'était pas accordée, il lançait trente- trois jours après une lance sanglante par-dessus la frontière en pays ennemi. Dans les guerres étrangères des époques récentes il devint difficile d'observer ces usages. On représentait fictivement le pays ennemi près de la columna bellica, devant le temple de Bellone, et c'est là qu'on accomplissait la cérémonie. Nous ne comprenons plus parfaitement les rites du jus fetiale, dont nous ne connaissons d'ailleurs pas exactement toutes les formules *.
Les Saliens formaient à Rome deux groupes, comprenant chacun douze membres de race patricienne, les Salli palatini, prêtres de Mars, et les Salii agonales, prêtres de Quirinus. Leurs rites consistaient en des danses et des chants; c'est pourquoi leurs chefs respectifs étaient un prœsul et un vates. Dans leurs hymnes [axamenta) ils célébraient plusieurs divinités et terminaient par Mamurius, l'habile forgeron, qui, sur le modèle du bouclier tombé du ciel pendant le règne de Numa, en avait fait onze autres parfaitement semblables. La principale charge des Saliens consistait à prendre et à ramener les boucliers sacrés (ancilia movere et condere), ce qu'ils faisaient en mars et en octobre, où ils procédaient également à toute une série de cérémonies tendant en partie à la lustration des armes *. Leur costume présentait un mélange spécial de caractères militaires et sacerdotaux.
Les Lupergues, prêtres de Faunus, lors de la fête expiatoire des Lupercales (dans laquelle le flamen dialis sacrifiait lui-même), parcouraient le Palatin à demi-nus dans une course folle, et battaient avec des lanières les femmes stériles qu'ils rencontraient, dans le but de les rendre fécondes '.
Nous mentionnons enfin la confrérie des Arvales. Tandis que dans le culte de Faunus, aux Lupercales, on avait en vue la fécondité animale, le culte des frères Arvales avait pour but la prospérité agricole : ut fruges
\. Tite Live, î, 24, 32; IX, 10; Aulu-Gelle, I. 21; XVI, 4.
2. Leurs difTérentes fêtes du mois de mars sont décrites en détail dans 0?ide, rastesy 111, 259 et Suiv., 523 et suiv., 809 et suiv.