Rom. Gesch.f I, p. 461 et sulv
tion des trompettes), en octobre VArmilustritim, Quirinus avait sa fête le 17 février. Venaient ensuite les fêtes du labour et de la vendange, puis quelques fêtes de pasteurs : en avril, sacrifice à Tellus (Fordicidia) le 15, le 19 à Cérès (Cerialia), le 21 à Paies, la déesse des troupeaux (Parilia)^ le 23 à Jupiter protecteur des vignes (Vimdia; on ouvrait les tonneaux de Tannée précédente), le 25 à Robigus, la rouille, qui menaçait les jeunes pousses des moissons (Robigalia). Au moment de Tengrangement des récoltes, on fêtait Cousus (Consualia, 21 août) et Ops {Opiconsiva, 25 août) ; en décembre, on rendait grâces aux mêmes divinités pour la protection des greniers (Consualia, 15 décembre; Opalia, 19 décembre). Le 17 du même mois arrivaient les nouvelles semailles (Saturnalia). Pour le vin, en dehors de la fête d avril dont nous avons déjà parlé (Vinalia), on en célébrait encore deux autres : une le 19 août {Vinalia) et une autre le 11 octobre (Meditrinalia\ on attribuait au moût nouveau une vertu curative). A la fin de Tannée, les pasteurs célébraient Faunus (Lupercalia, 17 février) et les laboureurs Terminus [Terminalia, 23 février). La fête des bois, en l'honneur des sylvains, tombait en été (Lucaria^ 19 et 21 juillet), en automne celle des fontaines (Foniinalia, 13 octobre), et le jour le plus court de Tannée on célébrait le soleil nouveau (Divalia, Angeronalia, 21 décembre). Les marins même avaient aussi leurs fêtes : le 23 juillet les Neptunalia, le 17 août les Portunalia, le 27 août les Volturnalia, qui étaient aussi en Thonneur du dieu Tibre. Les métiers et les arts étaient peu représentés dans la religion; ils Tétaient par Vulcain, honoré non seulement par les Volcanalia du 23 août, mais au second Tubilustrium, le 23 mai. La déesse Carmentis, avec les Carmentalia (11 et 15 jan\ier), a d'après Mommsen un rôle analogue : elle aurait été à Torigine la déesse des formules magiques et du chant, plus tard elle fut préposée aux enfantements. Bien plus importantes étaient les fêtes de la famille : les Vestalia (9 juin), les Malralia (11 juin). Liberalia (fête de la bénédiction de Tenfant, 17 mars), Feralia (21 février), LemuHa (9, 11, 13 mai). L'importance des anciennes fêtes civiques (Regifugium, 24 février; Poplifugia^ 5 juillet; Septimontium^ 11 décembre) n'est pas moins évidente. Le 9 janvier on offrait à Janus comme dieu des commencements une fête sacrificielle (agonia). En ajoutant à toutes ces fêtes les Furrinalia (25 juillet), qui avaient presque disparu, et les Larentalia (23 décembre), nous avons le système le plus ancien de feriœ publicœ fixes qu'il soit possible de reconstituer.
Le calendrier marquait encore les dies natales, les jours de fondation et de dédication des temples, les jours de naissance de certaines personnes, comme les empereurs et les femmes de la famille impériale. Les fêtes presque sans exception ou datent des origines, ou sont d'institution toute récente; elles viennent des rois ou des empereurs.
Les jeux {ludi) font exception. Ils datent presque tous de Tépoque de la république, sauf les ludi romani, les plus anciens d'entre eux. On les célébrait à Tautomne, quand l'armée revenait victorieuse de la guerre. A Torigine, ils duraient un seul jour, mais on les prolongea de plus en plus.
si bien qu'au commencement de l'empire ils duraient 16 jours, du 4 au 19 septembre. Les ludi Romani conservaient le caractère d'une fête triomphale, où le cortège solennel (pompa) * de la jeunesse romaine suivie de ceux qui prenaient part aux jeux, des objets consacrés, des images des dieux portées sur des civières et de leurs attributs {exuviœ) traînés sur des chars par les pueri patrimiel malrimi, tenait une place essentielle. De tous les jeux, la course de chars était sans doute le plus ancien. Le ludus Trojx, course de jeunes garçons, n'est signalé pour la première fois que sous Sylla; cependant il fait bien vraisemblablement partie des programmes les plus anciens.
A côté des jeux romains furent institués, d'abord sans doute les ludi plebeii, qui avaient lieu dans le circus Flaminius, Eux aussi ne duraient qu'un jour à l'origine, mais ils finirent par en durer quatorze; ils comprenaient alors des courses à pied et des jeux scéniques; il n'est pas expressément fait mention de procession. De même que Vepulum Jovis des ides de septembre coïncidait avec les ludi Romani, de môme Vepulum Jovis des ides de novembre était le moment principal des ludi plebeii '.
Les ludi ceriales ou Cerialia (19 avril) datent peut-être de la même époque. Ils consistaient également en jeux dans le Cirque, mais on n'y voit mentionnés des jeux scéniques qu'à une époque récente. Ils comprenaient de vieux rites populaires : par exemple, on y chassait des renards à la queue desquels on avait attaché des tisons. Les Cerialia se célébraient suivant le rite grec sous la surveillance des décemvirs, et on les rapportait au mythe grec de DéméterKoré ; mais que cela ne nous trompe pas sur le caractère de Cérès, qui est une ancienne divinité romaine, déesse des champs et patronne des plébéiens.
Les ludi ApoUinares furent célébrés pour la première fois, en l'honneur d'Apollon et dans le circus Maximus, au milieu des dangers de la seconde guerre punique (en 212 av. J.-C.) et sur l'indication des oracles marciens. Ils tombaient en juillet, et plus tard ils prirent plusieurs jours. Les ludi Mcgalenses, postérieurs de peu d'années (204 av. J.-C), avaient une origine semblable; ils se célébraient en avril, en l'honneur de la Maler Magna de Pcssinonte '. Dans les ludi Megalenses, comme dans les ApoUinares, les représentations scéniques tenaient la première place, mais on y joignait des spectacles de cirque.
Les ludi florales étaient un peu plus anciens que ceux d'Apollon et de la Mater Magna, On les célébrait en mai; c'était une fête joyeuse, bruyante et populaire. — Il y avait encore un grand nombre d'autres jeux, d'importance moindre, les uns privés (comme les ludi funèbres), d'autres d'institution récente (comme les ludi victorix Cœsaris, et les ludi Augustales), Les ludi publici avaient été eux aussi primitivement des fêtes de circonstance occasionnées par des vœux (ludi vodvi), puis étaient devenus des jeux fixes, annuels et admis dans le calendrier.
1. Denys d'Haï icarnasse (Vil, 72) en donne la description d'après Fabius Victor.
2. Voir la description de ces jeux dans Ovide, Fastes, IV, 393 et suiv.