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Rappelons ces vers sur saint Paul au tombeau de Virgile

Ad Maronie mamoteum Ductus fudit super eum Pi» rorem lacrimm.

* Quem te, inquit, reddidistem.

Si te vivum inveniisemy Poetarum maxime I »

L'adoration proprement dite (itpo(yxuvYi<Tiç) à la manière orientale fat exigée pour la première fois par Dioclétien.

Généralement les empereurs jouissaient dès leur vie d'honneurs plus qu'humains. Ils prenaient le nom d^Auguste et on parlait de leur numen, de leur majestas, même de leur œtemitas. Les piédestaux des statues d'empereurs et d'impératrices sont ornés des attributs de différents dieux, d'Apollon, d'Hercule, de Gérés, de Junon. Mais il faut distinguer de ces divers honneurs le culte proprement dit des empereurs, qui commençait après la mort de chaque souverain par sa consécration solennelle. Gertains d'entre eux, comme Galigula, qui avaient prétendu aux honneurs divins pendant leur vie, n'obtinrent pas l'apothéose après leur mort. Le dessein formé par Galigula d'élever sa statue dans le temple de Jérusalem obligea la communauté juive d'Alexandrie à lui envoyer une ambassade dont Philon raconte les aventures dans sa Legatio ad Caium. Glaude fut après Auguste le premier empereur que l'on déifia, non sans plaisanter sur son apothéose. Il y eut des impératrices, comme Livie, qui furent admises à la déification ; jusqu'à la fin du m^ siècle il y eut en tout environ 37 empereurs et impératrices consacrés comme divi et divœ. Un cas singulier est celui d'Antinous, le favori phrygien d'Hadrien. Antinous avait sacrifié sa vie pour prolonger celle de son maître ; par reconnaissance, Hadrien l'éleva au ciel, et fit établir en sa faveur un culte qui se répandit immensément dans tout l'empire. De nombreuses statues représentent Antinous avec les attributs de Dionysos.

Nous avons signalé précédemment les sacerdoces qui s'occupaient du culte des empereurs à Rome, dans les municipes et dans les provinces. Il faut encore signaler l'institution orientale du néokorat. Plusieurs villes d'Asie, et tout spécialement Éphèse, demandèrent à Rome l'honneur de devenir les centres spéciaux du culte d'un empereur, pour lequel elles élevèrent des temples splendides et instituèrent des jeux.

On sait que la répugnance manifestée par les Juifs, et par eux seuls, à s'associer au culte des empereurs détermina leur condition exceptionnelle dans l'empire. On sait aussi que ce même culte devint plus tard la pierre de touche du christianisme, les chrétiens se trouvant obligés de choisir entre leur foi et leur loyalisme. Mais l'usage d'adorer les empereurs s'était si profondément enraciné, que même l'introduction du christianisme ne le fit pas immédiatement disparaître. Constantin, Gonstance et Valentinien reçurent encore après leur mort le titre de divi^ à vrai dire avec les restrictions qu'imposait la foi chrétienne.

L'empire fut l'âge d'or des cultes. Des temples nombreux et magnifiques furent élevés, ou ornés, en partie aux frais de particuliers. Le culte des images était particulièrement florissant alors, et naturellement l'image était identifiée au numen. Dans le voisinage du temple s'établissaient des artistes ou des ouvriers qui vivaient et s'enrichissaient du commerce des images divines, comme à Éphèse le Démétrius dont parlent les Actes (xix, 23 et suiv.). Dans les jeux, dont le nombre s'accrut encore, le luxe allait toujours croissant. Quoique les offrandes et les rites s'adressassent

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pour la plupart aux empereurs ou à des dieux dont le culte était surtout une affaire de mode, comme Asclépios, Sërapis, Isis, etc., cependant les anciens rites, les cultes locaux, ceux des dieux olympiens, comm Jupiter, des dieux champêtres et populaires, s'étaient maintenus à côté des innovations. De nombreuses inscriptions, et, en ce qui concerne la Grèce, les écrits de Plutarque et de Pausanias prouvent que les usages les plus anciens et les plus grossiers subsistaient encore dans une certaine mesure. Une partie des cultes primitifs se relevèrent par des additions mod^nes. Par exemple les frères Arvales, tout en veillant au culte de la Dea Dk, prenaient une part spéciale à celui des empereurs. D'une façon générale voici quelle était la situation religieuse : dans les ports et partout où florissaient le commerce, la civilisation et le luxe, comme par exemple à Pompéi, on adorait de préférence les dieux étrangers, nouvellement inlro duits; dans Tintérieur, au contraire, on cultivait les anciens usages avec obstination.

Le commerce et les relations internationales eurent alors, au point de vue religieux, de graves conséquences. Ce fut d'abord l'institution d'un nouveau culte, celui d'Annona, divinité formée sur le modèle des anciens numina; on lui demandait qu'elle favorisât l'importation des céréales, surtout de celles de l'Afrique, d'où Rome tirait à cette époque ses provisions de blé. Mais un fait beaucoup plus important est la vaste diffusion à laquelle arrivèrent certains cultes et la confusion des dieux qui s'ensuivit. Ce phénomène avait commencé de bonne heure à Rome. Nou« avons déjà fait remarquer l'identification des divinités grecques avec celles de lltalie. Mais, à l'époque où nous sommes, quelques grandes divinités nouvelles arrivèrent de l'Orient, et, d'autre part, l'identification des dieux s'étendit à toutes les provinces de l'empire. Ainsi Tacite donnait aux dieux des Germains, h part une seule exception, des noms romains, et Plutarque assimilait les divinités égyptiennes avec les dieux gréco-romains. La confusion avait lieu dans la vie bien plus encore que dans la littérature. Elle était particulièrement favorisée par le rapprochement, dans les camps romains, de soldats originaires de toutes les provinces, qui apportaient avec eux leurs croyances et leurs superstitions. De nombreuses inscriptions, pierres votives, etc., attestent que les camps romains furent des centres actifs de syncrétisme religieux.

Les causes de l'accueil si favorable que trouvèrent à Rome les cultes étrangers, surtout ceux d'Orient, ont été très bien décrites par Boissier, Friedlander, etc. Ce sont en grande partie celles qui, longtemps auparavant, avaient déjà déterminé l'entrée de dieux étrangers dans le Panthéon romain. C'est d'une part l'insuffisance de la religion romaine, d'autre part sa capacité d'assimilation. Il est facile de comprendre que la religion romaine laissait beaucoup de besoins inassouvis. Dans un temps où la vie individuelle prenait une importance croissante, le sentiment allait chercher dans les cultes étrangers ce que la religion nationale ne lui fournissait pas. Ces dieux se rapprochaient de l'homme; leurs prêtres dispensaient le surnaturel, les purifications, les consécrations mystérieuses; ils

pourvoyaient aux besoins des âmes, et rassasiaient l'imagination ou la sensualité religieuse. On cherchait à surexciter le sentiment par Textase, ou bien on trouvait le repos de Tâme en des pratiques ascétiques. Les femmes étaient spécialement adonnées à ces cultes étrangers, et ce n'était pas toujours en tout honneur, car les prêtres étrangers faisaient parfois de vilains métiers : en l'an 19 après J.-C, Tibère punit sévèrement un crime commis à Rome dans le temple d'Isis; le prêtre avait livré une femme respectable et bien connue à un chevalier qui avait pris le costume du dieu Anubis. La même année, il fit déporter en Sardaigne quatre mille affranchis entachés de superstition égyptienne et judaïque. Ce n'était pas la première fois que l'on se révoltait à Rome contre les cultes égyptiens, qui, vers la fin de la république, avaient pénétré jusque sur le Capitole. D'un^ façon générale Tibère sévit énergiquement contre les crimes religieux. Il restreignit le droit d'asile des temples de l'Asie Mineure, qui assurait Timpunité à un trop grand nombre de criminels. Mais il n'eut pas la force d'arrêter le courant. Les cultes étrangers savaient s'associer à la religion romaine, leurs prêtres ne prenaient pas à son égard une attitude hostile, ils lui témoignaient, au contraire, tout le respect nécessaire, en sorte qu'on n'avait pas de raison pour les traiter en rivaux. Les Romains avaient toujours eu pour politique d'annexer les dieux en même temps que les nations vaincues. Jamais leur religion ne fut exclusive ou intolérante. Tout culte étranger avait à Rome sa place prête d'avance; ce n'est que s'il se trouvait dangereux pour l'État ou pour Tordre social, que l'on était amené à le combattre.

Ceux des cultes étrangers qui conquirent à Rome une grande importance venaient tous de l'Orient. Ce furent des cultes égyptiens, et en même temps le judaïsme, plus tard le christianisme, la religion persane de Mithra et différents cultes syriens. Le syncrétisme fut extrême au ni* siècle. C'est à cette époque que notamment Mithra et les dieux syriens prirent toute leur importance. Bien qu'ils se fussent montrés déjà auparavant (Mithra est mentionné sur un monument funéraire du temps de Tibère), nous les étudierons seulement avec l'ensemble de la religion de cette dernière période. Le judaïsme^ et le christianisme mis à part, il nous reste à parler ici seulement des cultes égyptiens, qui, quoique introduits de bonne heure à Rome et restés très tard en honneur, n'ont joui de leur plus grande popularité dans le monde romain que pendant les deux premiers siècles de l'ère chrétienne.

L'importance des cultes égyptiens nous est révélée à la fois par la littérature et par les monuments*. Presque tous les auteurs les mentionnent fréquemment. Juvénal en décrit divers traits. Lucien, dans le mélange

1. Voir Ë. Schûrer, GeschicfUe des JUdischen Volkes im Zeitaller Jesu Ckristi^ 3* éd., 2 vol., 1899.

2. Parmi les nombreux ouvrages relatifs aux cultes égyptiens, nous nommerons seulement celui de 6. Lafaye, Histoire du etUte des divinités d^Alexandrie, Sérapis^ Isisy Bctrpocrate et Anubis hors de l'Egypte^ depuis les origines jusqu'à la naissance de Cécole néo-platonicienne (1884}«

multicolore de divinités dont il se raille, prend particulièrement pour sujet de risées les dieux égyptiens à têtes d'animaux. Plutarque a étudié de la manière la plus pénétrante le mythe dlsis et d'Osiris, et les rites égyptiens sont décrits dans Apulée (Métamorph., XI). Lafaye a étudié en détail leurs sanctuaires, Tlsium de Pompéi et les temples somptueux d'Isis et de Sérapis à Rome. Ces cultes n^avaient pas seulement pour siège les ports de la Méditerranée, ils s'étaient répandus dans toutes les provinces de l'empire : en Espagne et en Gaule, en Germanie et dans la province Norique, en Grèce et en Asie Mineure, les inscriptions nous attestent leur large diffusion.

Les mêmes hommes, qui au u'' siècle se montraient sévères à l'égard de la superstition asiatique, comme Plutarque et l'empereur Hadrien, reconnaissaient pleinement le culte égyptien d'Isis. Plus tard même un certain nombre d'empereurs le pratiquèrent avec zèle; nous le savons pour Commode, Caracalla, d'autres encore. Les dieux d'origine égyptienne qui prirent dans la religion de cette époque une place si éminente étaient Isis, Sérapis, Harpocrate (Horus), Anubis, mais surtout les deux premiers. Beaucoup de leurs attributs et de leurs mythes venaient de l'ancienne Egypte, mais leur caractère s'était entièrement transformé. Sérapis prenait la place d'Osiris. Isis et lui étaient l'un et l'autre conçus d*une manière panthéiste * ; Sérapis était le soleil ou le dieu des dieux; Isis, la « grande mère » que l'on identifiait avec toutes sortes de déesses. Ils gouvernaient tout l'univers, terre, ciel et mer, ou plutôt l'univers entier était formé de leur corps. Ils rendaient des oracles et on leur célébrait des mystères. On brodait sur leurs mythes des interprétations allégoriques, comme le prouve le traité de Plutarque déjà cité. La grande diffusion de leur culte s'explique justement par leur caractère d'universalité. Des spéculations profondes, à tendance panthéiste, sur la nature divine, pouvaient se rattacher à la conception dlsis, en même temps que les superstitions les plus variées. Ce culte enchaînait les sens par sa grande pompe et ses somptueuses cérémonies publiques ; en même temps il donnait satisfaction au sentiment individuel en promettant à chacun les biens spirituels qu'il réclamait. Sérapis était après Asclépios le grand guérisseur; Isis avait à tous les égards la fonction de déesse des femmes ; elle bénissait le mariage et l'éducation des enfants; souvent elle exigeait Tascétisme, et d'autre part elle excitait la sensualité.

Les grandes cérémonies du culte d'Isis ont été décrites par Apulée. La première était celle de l'initiation, à laquelle le fidèle n'arrivait qu'après beaucoup de purifications, de jeûnes et d'épreuves pénibles. S'il les subissait convenablement, le prêtre l'admettait publiquement dans la communauté de la déesse, au moyen de cérémonies symboliques et de fêtes coûteuses. Dès lors l'initié devenait un être trois fois béni, pour lequel commençait une vie nouvelle. Apulée ne décrit pas seulement les rites de

i. Cela résulte, en ce qui concerne Sérapis, des panégyriques du rhéteur Aristide, et de Macrobe, Satwm,, I, 20; en ce qui concerne Isis, d*un hymne grec trouvé daos l'île d'Andros.

l'initiation, il cherche aussi à analyser l'état des mystes. Les deux grandes fêtes annuelles dlsis se célébraient Tune au printemps, l'autre à l'automne. Celle du printemps, qui avait lieu le 5 mars, et ouvrait la saison de la navigation, consistait dans la procession du navigium Isidis; Isis était la déesse protectrice des marins. L'autre fête commençait le 12 novembre et durait plusieurs jours ; c'était la fête de la mort d'Osiris et de sa résurrection; le deuil y régnait pendant la recherche du dieu, et la joie reprenait à sa découverte. On rendait en outre à la déesse un culte quotidien dans son temple, et on l'adorait encore à la maison comme une sorte de génie domestique. Les différents objets qui servaient dans le culte d'Isis, le sistre ou castagnette, l'eau sacrée du Nil pour les aspersions, enfin les vêtements de lin, et les interdictions spéciales relatives à la nourriture, ont donné lieu aux interprétations les plus diverses. En somme nous voyons que le culte d'Isis, combinant des pensées nouvelles avec d'anciens rites empruntés aux cultes mystiques de l'Asie Mineure, de rÉgypte et de la Grèce, répondait parfaitement à l'esprit de la période impériale.

Il n'y a guère dans toute l'histoire d'époque qui paraisse plus avide de miracles que celle des empereurs romains. Quoique les anciennes prescriptions de la loi des Douze Tables contre la magie ne fussent pas encore tout à fait oubliées (Apulée eut à se justifier du soupçon de magie), toutes sortes de charlatanismes et d'arts secrets fleurissaient en Orient comme à Rome. Des faiseurs de miracles, comme Apollonius de Tyane, arrivaient dès le I" siècle de l'ère chrétienne à la gloire et à la considération. Une multitude de charlatans trouvaient à Rome dans la crédulité du public une source de riches profits.

De même que la magie, la divination était répandue sous les formes les plus variées, nouvelles ou anciennes. Les vieux auspices romains subsistaient, mais ils avaient perdu un peu de leur prestige, en tout cas, ils ne suffisaient pas aux besoins de la vie privée. Les sortes^ autre mode de la vieille divination italique, étaient plus en honneur. L'oracle de Delphes, qui s'était tu un certain temps entre Néron et Trajan, recommença à rendre des réponses ; mais le temps de sa grande prospérité était passé, et Plutarque en déplore la décadence. D'autres oracles et d'autres formes de divination étaient en crédit. En première ligne l'astrologie *. Des devins d'origine orientale, qu'on désignait à Rome sous le nom général de Chaldéens, faisaient des calculs sur les constellations et spéculaient sur les circonstances des naissances. C'est en vain que des hommes éclairés luttèrent contre cette sorte de savants (maihematici). A l'époque d'Auguste, Manilius composait déjà un poème astronomique et astrologique, où apparaît une ferme foi dans la vérité de ces calculs. Un homme aussi incrédule que Pline l'Ancien n'osait lui-même pas nier que les rêves continssent des présages. L'interprétation symbolique des choses vues en rêve devint une véritable science, dont Artémidore, à l'époque des Antonins, donna le pre-

1. Voir l'excellent livre de Bouché-Leclercq, L'astrologie grecque, 1899.

mier an traité systématique dans son Oneirocritiquey rédigée en grec. Des oracles très fréquentés, ceux d'Asclépios, de Sérapis, de Mopsus, etc., s'exprimaient par le moyen des rêves; on les consultait en donnant dans le sanctuaire (incubatio). Nous trouvons une image exacte et frappante des insanités religieuses de cette époque dans le récit de Lucien sur Alexandre d'Abonotdchos, un charlatan qui se fit un grand nombre d*adeptes en fondant sous le symbole du serpent et sous le nom du dieu guérisseur Asclépios un oracle de cette sorte. Ce charlatan sut aveugler un homme comme Rutilianus, Romain très considéré du temps de Marc-Aurèle.

Les dieux de la guérison étaient en même temps les dieux de la mort : tel Sérapis (Osiris). On demandait à leur culte un sauf-conduit pour l'audelà et une espérance pour la vie à venir. Dans la symbolique des rêves d'Artémidore, les idées de salut et de mort se confondent. Tandis que les Platoniciens affirmaient énergiquement leur croyance en l'immortalité, d'autres penseurs, comme le médecin Galien, Quintilien et Tacite, laissaient dans le doute l'immatérialité de l'âme et sa persistance après la mort; Pline l'Ancien niait l'une et Tautre d'une façon énergique*. En général la masse croyait vivement à la survivance après la mort, et beaucoup des représentations mythologiques qui figurent sur les sarcophages symbolisent le destin de l'homme dans la vie future. Cependant il est aussi beaucoup d'inscriptions tombales qui expriment une conception matérialiste de la vie. On y lit des formules comme securitati^ somno œlemo ; on y trouve des plaisanteries et des obscénités, l'assurance que l'existence finit bien à la mort, le conseil de jouir du vin et de l'amour, parce qu^après la mort il n'y a plus rien. A ces expressions d'incrédulité s'opposent, en nombre bien plus grand, les formules de piété et les symboles religieux. A vrai dire, les sentiments qu elles expriment ont dû souvent être conventionnels, ainsi que le prouve le D. M. [dxis manibus) qui se retrouve même sur des tombes chrétiennes; et pour cette raison les inscriptions incrédules sont plus significatives que les pieuses. Il en est d'ailleurs beaucoup qui n'appartiennent à aucune de ces deux catégories, et qui expriment seulement l'amour des proches et la douleur de la séparation.

Un produit particulier de l'époque impériale étaient les collegia funerati' cia, associations autorisées dès le i*' siècle par une décision du sénat. Ces collegia comprenaient surtout de petites gens, esclaves, affranchis, etc. ; moyennant une contribution régulière, ils assuraient à leurs membres une sépulture commune, dans des columbaria, ou tout au moins une sépulture à la mode ordinaire. Les membres de ces caisses d'enterrement avaient des réunions régulières et des repas communs aux fêtes. Quelquefois ils formaient, sous le nom de cultores dei, une communauté pour le culte de quelque divinité particulière : telle était la confrérie des serviteurs (le Diane et d'Antinous, qui se fonda sous Hadrien. Nous ne connaissons en détail ni leurs institutions ni les idées qui régnaient dans ces milieux. Elles ont dû être très diverses.

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