‹ Manuel d'histoire des religionsChapitre 25 sur 160 · INTRODUCTION A LA TRADUCTION FRANÇAISE XLI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A LA TRADUCTION FRANÇAISE XLI

condition juridique ou politique. Dans le deuxième cas la définition est formelle et limitative; dans le premier, elle est positive et substantielle; car, comme nous l'avons vu, il s'agit d'&mes. Pour prendre un exemple, la relation de propriété qui peut exister au point de vue juridique entre un cultivateur et son champ, se transforme, au point de vue religieux, en relation d'identité. Cette identité relative tient à la présence dans Thomme et dans la terre d'une âme commune ou, si Ton veut, d'une qualité commune ; ils sont rangés dans une même classe, enfermés dans un même cercle, et, par le fait, ils sont, dans une certaine mesure, identiques. La religion est créatrice d'âmes et nous serons toujours tentés en somme de considérer comme religieux tout ce qui affecte le plus profondément l'âme et la personne. Mais nous avons besoin de formules plus précises.

H. Durkheim, dans son article sur La définition des phénomènes religietcx^y définit la religion par l'union intime de croyances obligatoires à des pratiques obligatoires. Il n'y a pas de pratique qui ne suppose au moins la croyance aux notions de pouvoir, de moyen, d'esprit actif ou passif et autres, qui y sont impliquées. Généralement le rite suppose l'adhésion à tout un credo savant et systématisé. Souvent même, l'homme justifie sa pratique par sa croyance : il prie et sacrifie parce qu'il croit en son Dieu. L'obligation dont cette croyance est l'objet est effectivement sanctionnée soit par des peines qu'édicté la loi religieuse ou civile, soit par le blâme de l'opinion intolérante, dont la pression s'exerce habituellement, en matière de dissidence religieuse, avec une rigueur dont elle n'est pas capable en d'autres cas. A vrai dire, le droit et la morale impliquent aussi des croyances, c'est-à-dire des notions obligatoirement admises : on ne discute pas toujours impunément les idées d'autorité et de propriété ; au besoin l'opinion venge même les principes de l'économie politique traditionnelle. Cependant la floraison des croyances, dans le droit ou dans l'économie politique, est loin d'être aussi belle qu'en religion; c'est la pratique qui y domine.

La grande place que tiennent les croyances dans la religion justifie partiellement les définitions que nous avons écartées de prime abord ; elles avaient le mérite de bien la constater; si nous les écartons encore, c'est que, dans l'étude qui nous occupe, le fait même de la croyance est plus intéressant que ses objets.

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